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07.06.07 - La suite du dossier sur l’éducation prioritaire dans « Fenêtres sur cours »

7 juin 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Fenêtres sur cours » n°299 du 4 juin 2007 : L’éducation prioritaire se fait RAR

 Et les critères ?

Depuis plusieurs années, l’école maternelle La source de Saint-Denis (93) demande son classement en ZEP. Malgré des conditions objectivement réunies, ses demandes restent lettre morte.

Lors de la rentrée 2005, 7115 écoles et 1010 collèges et lycées relevaient de l’éducation prioritaire (ZEP ou REP). La réforme initiée en février 2006 a conduit à classer « ambition réussite » 249 collèges parmi ceux-ci, ainsi que les 1600 écoles y étant rattachées. Les autres étant classés EP2 ou EP3 (éducation prioritaire 2 ou 3).

Cette « relance » de l’éducation prioritaire, où les moyens supplémentaires ont été obtenus par redéploiement, fait apparaître un saupoudrage de moyens sur certains établissements. Sur les 112 collèges en éducation prioritaire que compte l’académie de Créteil, seuls 21 bénéficient de ce dispositif dont 16 des 64 collèges de Seine-Saint-Denis.

L’école maternelle La source à Saint-Denis (93), située en centre-ville, fait partie d’un réseau éducation prioritaire (REP) classé EP2. Depuis plusieurs années, cette école demande son classement en ZEP. Malgré sa situation au centre de la ville, elle scolarise de nombreux enfants habitant des immeubles délabrés et insalubres jugés par la préfecture en « situation de péril imminent ».

Le taux de chômage des parents est très élevé, le turn-over des élèves en cours d’année représente près d’une classe sur les six que compte l’école et pour ne rien arranger, l’inspecteur de la circonscription a changé chaque année depuis 2000. Frédérique Védié, directrice de l’école, estime que « tous les éléments objectifs sont réunis pour obtenir ce classement ZEP » qui permettrait de diminuer les effectifs par classe et d’accroître la prise en charge des élèves par le Rased.

Mais chaque demande de l’école, soutenue par les collectivités locales, est restée lettre morte. Pourtant « les difficultés de l’extérieur prennent le pas sur l’école, qui n’arrive plus à accomplir sa mission dans des conditions correctes, et ignorer les difficultés, c’est laisser des élèves sur le côté » juge Frédérique. Pour autant, l’équipe enseignante, soudée et stable, ne compte pas baisser les bras et la solidarité entre les familles des élèves est grande.

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 La baisse des effectifs, gage d’efficacité ?

Une condition nécessaire...

Dans une étude de la DEP, Thomas Picketty, économiste, évalue les effets bénéfiques de la réduction des effectifs. Actuellement selon ce dernier « la légère politique de ciblage des moyens en ZEP » - la taille moyenne des classes étant de 21,9 en ZEP contre 24,2 hors ZEP- permet de réduire de près de 10% l’écart de réussite. En pratiquant un ciblage fort par une réduction des effectifs à 17 par classe en élémentaire, l’écart de réussite pourrait être réduit de 40%.

...mais peut-être pas suffisante !

Pour l’OZP (observatoire des zones prioritaires), la baisse du nombre d’élèves ne peut produire à elle seule les effets escomptés. Dans son manifeste, paru en décembre dernier, parmi « les 10 propositions pour retrouver le sens de l’éducation prioritaire », l’une d’entre elles insiste sur la nécessité « de généraliser les pratiques pédagogiques qui ont réussi dans certaines ZEP et développer une véritable innovation pédagogique » pour prendre en compte les besoins de tous les élèves.

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 Approche individuelle ou territoriale ?

En sortant de la logique de zone qui a guidé l’éducation prioritaire depuis sa création en 1981, « la relance ambition réussite » de Gilles de Robien privilégie une approche individuelle sur l’élève. Peut-on pour autant faire l’impasse sur le territoire qui s’est au fil du temps de plus en plus « ségrégué » ? Nicolas Renard, le président de l’OZP indique ainsi qu’ « il ne faut donc pas opposer une logique d’aides aux individus à une logique d’aides aux territoires. Il faut faire coexister les deux. L’enseignant ne peut résoudre le problème seul, l’école non plus ». Un travail tout en cohérence.

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Dossier réalisé par Lydie Buguet, Philippe Hermant, Arnaud Malaisé, Pierre Magnetto, Sébastien Sihr.

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Nous continuerons demain, vendredi 8 juin, la publication de cet important dossier.

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