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30.11.06 - Stages d’IUFM en ZEP : un témoignage

30 novembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Quoi de neuf ? », le 30.11.06 : Débuter en ZEP

Dans le cadre de sa formation à l’IUFM de Versailles au centre d’Antony Val-de-Bièvre, Laïla Hafid effectue un stage filé dans une école de Colombes. Les premiers contacts avec les élèves, les parents et les collègues sont encourageants.

Comment as-tu réagi quand tu as su que l’école où tu effectues un stage filé était en Zep ?

Sans a priori. Plutôt ravie de pouvoir être en responsabilité dans une école où je pourrais vivre une expérience professionnelle enrichissante en raison de son contexte. Il s’agit d’une école élémentaire implantée dans un quartier économiquement défavorisé de Colombes.

Comment s’est passée ta prise de fonction ? Quel a été l’accueil des enseignants ? Des élèves ? Des familles ?

Pour ma prise de fonction, j’ai été plongée dans une réunion de pré-rentrée assez impressionnante par le nombre de participants. Mais très vite, l’équipe des enseignants s’est montrée très accueillante, en particulier le titulaire avec qui je partage la classe.
De plus, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de deux jours de double commande* dans la classe ce qui a facilité ma première journée en responsabilité. Les enfants m’ont accueillie comme la deuxième maîtresse de la classe. J’ai rencontré les parents à la réunion d’information de rentrée. J’ai été présentée par le directeur comme une enseignante nouvellement nommée dans l’école. Les parents ont été très accueillants.

Penses-tu que ton travail serait différent dans une autre école ?

Le travail dans cette école nécessite d’être très à l’écoute des enfants et des éventuelles difficultés qu’ils peuvent rencontrer. Je pense que travailler en Zep impose, peut-être plus qu’ailleurs, de travailler en équipe et de s’investir dans des projets d’école et de classe qui permettent de construire une culture commune.

T’estimes-tu suffisamment préparée par l’IUFM pour enseigner en Zep ?

Il est encore difficile de répondre à cette question dans la mesure où ma formation initiale ne fait que commencer. Le plus difficile, je trouve, est de gérer l’hétérogénéité de la classe. En effet, comment gérer à la fois l’élève qui a intégré l’école comme un véritable lieu d’apprentissage et l’enfant trop préoccupé par ses difficultés extérieures à l’école (difficultés sociales, familiales, etc.) et qui ne peut s’investir dans les activités scolaires ? Cette hétérogénéité est peut-être plus importante dans ces secteurs et il me semble qu’il faut très vite apprendre à connaître les élèves pour leur offrir des situations adaptées tout en gardant les exigences communes pour tous. En somme, il s’agit d’apprendre à différencier tout en visant les mêmes objectifs de compétences pour tous les élèves et définies par les programmes. Comment y parvenir ? Là est aussi l’enjeu de la formation.

Justement, que faudrait-il améliorer dans cette formation pour préparer les professeurs à enseigner en Zep ?

L’IUFM ne nous présente pas suffisamment la spécificité des Zep. Nous ne savons pas réellement à quoi correspond ce sigle sur le terrain. Il faudrait faire intervenir des enseignants qui nous présenteraient les projets pédagogiques réalisés dans certaines de leurs écoles. Par rapport au stage filé en Zep, et de façon plus générale, démarrer l’année scolaire par une double commande plus longue permettrait de mieux observer et de mieux échanger avec le titulaire de la classe. Cela permettrait aussi d’envisager une pédagogie commune et une gestion de classe cohérente, véritables repères pour les élèves. Plus de visites et davantage de conseils aideraient aussi le stagiaire dans sa pratique.

Après ta titularisation, demanderas-tu à enseigner en Zep ? Pourquoi ?

Je demanderai certainement à enseigner en ZEP. Même si je ne suis qu’au début de ma formation, je trouve cette expérience d’enseignement très enrichissante.

Propos recueillis par Laurent Alexandre

* Période où le stagiaire est dans la classe en même temps que le titulaire pour préparer le remplacement de l’enseignant qui part en stage ou en congé.

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