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L’enseignement catholique, les Cla et l’éducation prioritaire (Le Café, ToutEduc). Un communiqué du Cnal

24 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 29.09.21
Réforme de l’Education prioritaire : l’enseignement privé en a rêvé, le ministère l’a fait
Communiqué de presse du CNAL

Depuis 1960, la politique de financement public de l’enseignement privé est installée dans notre pays, sans qu’à aucun moment les pouvoirs publics n’aient envisagé d’évaluer le coût global de cette politique publique, ainsi que le bénéficie qu’en tire la nation. Rappeler ces questions est nécessaire, à l’orée d’échéances politiques majeures pour notre pays, car le traitement des inégalités scolaires, qui caractérisent notre système éducatif, est à nouveau perçu comme une condition de notre avenir démocratique.

Depuis longtemps, toutes les enquêtes nationales et internationales montrent que les difficultés scolaires persistantes des élèves issus des catégories sociales les plus fragiles est une constante française. Alors que la mixité scolaire est un puissant levier de réussite scolaire et de cohésion sociale, les pouvoirs publics ferment les yeux sur les risques contenus dans la séparation de la jeunesse, dont l’enseignement privé catholique est le premier opérateur.

Alors que l’intérêt général devrait pousser le gouvernement à faire le choix du rassemblement de la jeunesse de notre pays, la logique clientéliste a une fois encore pris le dessus à l’occasion de la réforme de l’Education prioritaire. En effet, des établissements privés sont intégrés à l’expérimentation des CLA (contrats locaux d’accompagnement) dans les trois académies (Aix-Marseille, Lille, Nantes) où l’expérimentation est menée. A ce titre, ils recevront des moyens spécifiques, qui étaient jusqu’à présent réservés à l’enseignement public. Ici, le lobbyisme des réseaux d’écoles religieuses conduit à une brèche qui va alourdir le financement public des établissements privés.

Les défenseurs de cette mesure soulignent qu’il existe des établissements privés accueillant des élèves issus de milieux précaires : c’est vrai. Pour autant, c’est dans l’enseignement public que se trouvent les écoles orphelines qui attendent leur classement en éducation prioritaire : des situations connues dans chaque territoire, et dont le traitement tarde toujours à venir. C’est dans l’enseignement public qu’ont été identifiés la centaine de collèges à ségrégation maximale, qui concentrent les difficultés et alimentent le repli communautaire. C’est aussi dans l’enseignement public qu’on retrouve la grande majorité des boursiers, dont l’allocation maximale est, rappelons-le, de 460€ par an en collège.

Ainsi, la célérité du ministère à voler au secours d’établissements privés dans le cadre des CLA, contraste avec son inaction à contrecarrer les effets délétères de l’effet d’aspiration des élèves issus de familles favorisées, par des écoles et collèges privés sous-contrat, dans chaque petite, moyenne et grande ville. Chaque parent, enseignant ou simple citoyen peut observer à l’œil nu ce phénomène qui effiloche le lien social, et pénalise la scolarité de tous les autres.

Les organisations du CNAL observent le décalage entre le discours du ministère de l’Education nationale concernant la défense de la laïcité, avec la réalité des faits.

Paris, le 28 septembre 2021

Extrait de cnal.info du 27.09.21

 

L’enseignement catholique entre dans l’éducation prioritaire
JM Blanquer l’avait promis. Il l’a fait. Six établissements catholiques sous contrat avec l’Etat bénéficient de la nouvelle éducation prioritaire a annoncé le 23 septembre le secrétaire général de l’enseignement catholique, Philippe Delorme. Cette avancée était attendue depuis la rentrée 2020 et elle ouvre un champ nouveau à l’enseignement catholique en même temps qu’elle renforce sa légitimité. L’enseignement catholique tient portant à marquer sa singularité en ce qui concerne la laïcité. Il ouvre d’autres chantiers : les aides sociales pour ses élèves, leur orientation dans Parcoursup par exemple.

Une entrée dans l’éducation prioritaire grâce à l’expérimentation Elimas

En septembre 2020, Philippe Delorme, secrétaire général de l’enseignement catholique, avait fait sensation en annonçant que JM Blanquer avait donné son accord à l’entrée de l’enseignement catholique dans l’éducation prioritaire. Le ministre n’avait pas confirmé cette déclaration. Mais il l’a fait.

Six établissements catholiques sous contrat avec l’Etat, deux collèges marseillais, trois autres du Mans, de Nantes et de Roubaix et un lycée professionnel de Roubaix, font maintenant partie de l’éducation prioritaire. Ils y sont entrés grâce à la réforme portée par N Elimas par le biais des contrats locaux d’accompagnement (CLA). La particularité de ces contrats c’est de s’adresser à des établissements qui ne répondent pas aux critères sociaux économiques des Rep et Rep+.

Les établissements sont sous contrat pour des expérimentation pédagogiques portant sur l’expression orale, la maitrise des émotions, le langage ou l’ouverture culturelle. "Les critères retenus sont les mêmes que ceux des établissements publics", nous a dit P Delorme.

"Nous nous félicitons de l’évolution de l’éducation prioritaire qui prend en compte dorénavant des contextes locaux d’établissements et pas seulement ceux des territoires fragilisés", dit P Delorme. "Ces contrats allouent des moyens supplémentaires à des établissements".

Sur l’année 2022, N Elimas a affirmé, après plusieurs tergiversations, que les crédits des CLA seraient en plus de ceux de l’éducation prioritaire. Mais ces expérimentations servent l’objectif de sa réforme qui est la suppression des Rep et leur remplacement par les CLA. Cela entrainerait le transfert de fonds nécessaires aux établissements qui concentrent les enfants les plus pauvres vers des établissements n’ayant ni le même niveau de pauvreté ni souvent de handicap scolaire. " On voit bien que cette logique qui invoque la diversité des territoires en disant qu’il faut prendre en compte la ruralité est une façon de dissoudre la question sociale", explique JY Rochex dans cet article.

Les maitres du privé auront une formation propre à la laïcité

Philippe Delorme intervient sur un autre point politique : la laïcité. L’Eglise catholique avait critiqué la loi séparatisme, notamment la Conférence des évêques de France, en pointant la multiplication des contrôles et des contraintes. Ils craignaient des atteintes à la liberté de culte, d’association et d’enseignement. Depuis la loi est passée et l’Education nationale lance une grande campagne de formation et d’affichage sur la laïcité. L’enseignement catholique ne sera pas en reste mais entend défendre sa conception de la laïcité. "La laïcité n’est pas l’absence de religions mais ce qui permet leur coexistence harmonieuse", explique P Delorme. "Nous souhaitons vivre pleinement la laïcité mais en ayant quelque chose de différent à proposer". Aussi l’enseignement catholique refuse les formations de l’éducation nationale "car on ne vit pas la laïcité de la même façon". L’enseignement catholique développera ses propres formations. Elle sera proposée "à tous nos personnels éducatifs".

L’enseignement catholique veut les mêmes aides pour ses cantines

Autre point d’achoppement : les aides aux élèves des établissements catholiques en ce qui concerne la restauration. Le SGEC déplore que la plupart des collectivités locales ne subventionnent pas les repas des élèves comme elles le font dans le public. C’est le cas aussi de l’ETat qui ne les fait pas bénéficier de la "cantine à un euro" dans les zones rurales. Selon le SGEC cela nuit au développement des établissements catholiques car les familles se détournent vers les établissements publics où elles peuvent bénéficier de ces aides.

La politique d’ouverture sociale de Parcoursup critiquée

Le dernier point de friction c’est Parcoursup."Il n’est pas normal que le stress des lycéens vis à vis du bac ait été balayé par celui que génère Parcoursup", dit P Delorme. "Les élèves méritants se trouvent parfois pénalisés". Ce qui génère cette colère c’est le rejet par des IEP d’excellents élèves du privé. "Quand les IEP changent en cours de route leurs critères cela génère des déceptions". La part des élèves venant du privé dans les IEP est passée de 36 à 31%. Comme le dit P Delorme, "le recrutement des IEP a permis l’accueil de jeunes de lycées défavorisés et cela a conduit à ce que des jeunes de zones plus favorisés soient moins pris"... Le SGEC demande que Parcoursup prenne davantage en compte les avis des conseils de classe.

Des effectifs qui se maintiennent

L’enseignement catholique se porte bien. Il perd 367 élèves sur 2 045 223, autrement dit rien. Cette légère baisse se fait en primaire où on compte 7102 élèves de moins "pour des raisons démographiques", explique P Delorme. Dans le second degré il y a 5899 élèves de plus malgré la chute des effectifs en BTS et prépas (-2600). L’enseignement agricole connait une nette progression avec 836 élèves de plus (+2%). Plus que jamais l’enseignement catholique affirme son poids et ses exigences.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 24.09.21

 

Enseignement catholique : l’éducation prioritaire, la laïcité, la réforme du lycée parmi les sujets de la rentrée, avant l’annonce d’un nouveau "texte d’orientation"

"Nous continuons à soutenir la réforme du lycée (d’enseignement général, ndlr), mais elle risque d’être dévoyée si l’enseignement supérieur ne joue pas le jeu." Philippe Delorme n’a pas caché ses inquiétudes à l’occasion de la conférence de presse de rentrée du Secrétariat général de l’enseignement catholique. Elles ne concernent pas les effectifs. Ceux-ci sont globalement stables et leurs évolutions correspondent à la démographie : baisse dans le 1er degré (- 0,85 %), hausse dans le second degré (0,49 % et 2 % pour l’enseignement agricole), au total - 367 élèves auxquels s’ajoutent 2 000 élèves de moins en BTS et 600 en CPGE, éventuellement compensés par une hausse de 10 % du nombre des apprentis (qui atteint 32 000), sous réserve de confirmation une fois les contrats avec les entreprises signés.

Le secrétaire général se félicite "de l’évolution de l’éducation prioritaire" puisque l’enseignement catholique y est "enfin" associé et participe à l’expérimentation des CLA (contrats locaux d’accompagnement) avec deux collèges dans les 15ème et 3ème arrondissements marseillais, un collège au Mans, un autre à Nantes, un collège et un lycée à Roubaix qui se voient allouer des moyens supplémentaires. Il ajoute que le SGEC poursuit ses actions "de mixité sociale et scolaire" dans les "établissements à moyens éducatifs renforcés" et en redéployant des emplois, une centaine cette année, près de 1 500 depuis 2008, pour des établissements "qui mènent des projets en faveur de l’accueil de tous".

Au-delà, il constate que la crise sanitaire a mis en évidence la nécessité "d’évolutions structurelles" et de répondre à la question "Quelle école catholique pour demain ?". Il refuse "les caricatures et les stéréotypes" et déplore que des députés aient pu parler d’une école de "l’entre-soi", "catho-catho", "élitiste", réservée "aux riches", et annonce un travail prospectif qui devrait aboutir à un "texte d’orientation" à la fin mars de l’année prochaine. Il s’agit de "transformer l’Ecole catholique" et son modèle économique.

A ce sujet, le secrétaire général qui "ne revendique pas de moyens supplémentaires" pour les écoles, en demande pour les familles, qu’il s’agisse des enfants en situation de handicap privés d’AESH sur le temps de la pause méridienne, ou, plus largement, de l’absence d’aide des collectivités à la restauration scolaire. Dans les lycées publics d’Ile-de-France, un repas dont le prix de revient est de 9€, est facturé aux familles entre 0,50 et 4 €, tandis que les familles du privé, où le prix de revient est de 6,50 €, ne reçoivent l’aide que de rares collectivités et "presque jamais à parité" avec le public. Philippe Delorme y voit un frein à la scolarisation dans le privé pour les familles les plus modestes.

Il insiste d’ailleurs sur la dimension interculturelle et interreligieuse de l’enseignement catholique, déjà promue par son prédécesseur Pascal Balmand et défend une laïcité qui "ne met pas Dieu à la porte". La rencontre de l’autre et l’accueil de la différence sont vues comme "une richesse". Renvoyer les questions que se posent les jeunes à la sphère privée favorise, pense-t-il, le repli sur soi et donc le communautarisme. "C’est la raison pour laquelle l’Ecole catholique défend vigoureusement le principe de laïcité, tout comme celui de la neutralité de l’Etat", laquelle n’implique pas "celle de la société" ni des écoles privées. "C’est pourquoi nous allons approfondir la formation de nos personnels éducatifs", ajoute-t-il.

Et si, par ailleurs, il défend la réforme du lycée et qu’il estime que Parcoursup, c’est "beaucoup mieux qu’APB", le secrétaire général de l’enseignement catholique n’en estime pas moins nécessaire la "réflexion urgente et cruciale (qui) est en cours" sur l’évaluation et les modalités de notation (...). C’est une réflexion rendue indispensable par les dysfonctionnements du nouveau système de Parcoursup. Un outil était nécessaire et nous étions plutôt confiants au départ. Mais il n’est pas normal que désormais le stress des lycéens vis-à-vis du bac ait été balayé par celui que génère Parcoursup." Il ajoute que certains enseignants refusent de prendre des classes de Terminale pour ne pas avoir à subir les pressions des élèves et des familles. Du côté des établissements d’enseignement supérieur, il souhaite que leurs attendus soient "plus précis mais suffisamment ouverts" tandis que les enseignants au lycée élaborent des "grilles d’évaluation par compétences transversales et sur des critères de notation objectifs, partagés et compris par tous". Le risque, sinon, est celui de "déshumaniser" le processus d’orientation.

A noter encore pour cette conférence de presse le souci du SG que la revalorisation du salaire des enseignants "touche aussi les suppléants de l’enseignement privé qui sont particulièrement mal rémunérés" et, par-delà toutes les considérations évoquées ci-dessus, sa volonté d’aboutir à "un pacte éducatif global", selon l’expression du pape François, "pour contribuer à la construction d’une société plus fraternelle".

Extrait de touteduc.fr du 23.09.21

 

La vidéo de la conférence de presse

 

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