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L’expérimentation de secteurs multi-collèges à Paris a eu un effet "encourageant" sur la mixité sociale (Rapport de l’IPP)

19 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Renforcer la mixité sociale au collège : une évaluation des secteurs multi-collèges à Paris
L’Institut des politiques publiques (IPP) publie ce jour un rapport, une synthèse associée et une note sur l’impact des secteurs multi-collèges – dispositif expérimenté par la Ville et l’Académie de Paris depuis 2017 – sur la mixité sociale et sur les comportements d’évitement.

Auteurs : Julien Grenet, Youssef Souidi – Contact : julien.grenet@ipp.eu

Financeur : Ce projet, lauréat de l’initiative présidentielle « La France s’engage », a bénéficié du soutien financier du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, mis en oeuvre par le Ministère chargé de la Jeunesse.
L’Institut des politiques publiques (IPP) a été créé par PSE et est développé dans le cadre d’un partenariat scientifique entre PSE-École d’Économie de Paris et le Groupe des écoles nationales d’économie et de statistique (GENES).

Le Rapport IPP n°31 (21,5 Mo, 219 pages – pdf)

La synthèse du rapport (100 Ko, 8 pages – pdf)

Secteurs multi-collèges à Paris : quel bilan après trois ans ?, Note IPP n°62 (2 Mo, 8 pages – pdf)
Résumé : Pour tenter de réduire la ségrégation sociale entre les collèges de la capitale, la Ville et l’Académie de Paris expérimentent depuis la rentrée 2017 une méthode nouvelle pour affecter les élèves aux collèges publics : les secteurs multi-collèges. Ce dispositif consiste à définir des secteurs communs à plusieurs collèges géographiquement proches mais présentant des compositions sociales contrastées. L’objectif recherché est d’élargir les secteurs des collèges pour rééquilibrer leur recrutement social. Deux modalités distinctes ont été expérimentées pour affecter les élèves dans les trois secteurs bi-collèges mis en place dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale : la montée alternée et le choix scolaire régulé.

Le bilan des trois premières années d’expérimentation (rentrées 2017 à 2019) est encourageant. Deux des trois secteurs ont atteint leur objectif de mixité sociale et entraîné une nette diminution de l’évitement vers le privé. Dans le troisième secteur, après des résultats initialement décevants, les écarts de composition sociale entre les deux collèges ont commencé à se résorber à partir de la troisième année d’expérimentation et l’évitement vers le privé a reculé. Au-delà du cas parisien, les secteurs multi-collèges constituent une piste prometteuse pour favoriser la mixité sociale dans l’enseignement secondaire public lorsque, comme c’est le cas à Paris, la densité de population est suffisamment importante et le tissu urbain suffisamment diversifié pour permettre un brassage social des publics scolaires.

Points clés :
Depuis la rentrée 2017, trois secteurs bi-collèges ont été mis en place dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale et ont concerné chaque année environ un millier d’élèves à l’entrée en sixième.
Deux modalités ont été mises en oeuvre pour affecter les élèves aux collèges des secteurs fusionnés : la « montée alternée » (secteur Berlioz-Coysevox) et le choix scolaire régulé (secteurs Bergson-Pailleron et Curie-Philipe).
Dans les secteurs Berlioz-Coysevox et Bergson-Pailleron, la mixité sociale a fortement progressé dans les classes de sixième et le taux d’évitement vers le privé a diminué de 15 à 30 % entre 2016 et 2019.
Dans le secteur Curie-Philipe, le dispositif a entraîné une diminution de 20 % de l’évitement vers le privé entre 2016 et 2019 mais ses effets sur la mixité sociale ont été plus modestes.

Extrait de ipp.eu/ de février 2021

Note du QZ : Sur les 6 collèges étudiés, 4 sont en REP : Hector Berlioz (18e), Marie Curie (18e), Gérard Philipe (18e), Edouard Pailleron (19e). Voir la carte des REP+ et REP à Paris, qui ne comprend que 4 REP+.

 

Bilan positif pour la mixité sociale
La mixité sociale c’est possible. Selon une étude de Julien Grenet et Youssef Souidi (Institut des politiques publiques), les trois expériences de mixité sociale lancées en 2016 dans 6 collèges parisiens ont réussi à infléchir nettement la composition sociale des établissements sans pour autant encourager la fuite vers le privé. L’étude démontre que la création de secteurs multi-collèges est "une piste prometteuse pour favoriser la mixité sociale". Ce résultat positif interpelle la politique ministérielle qui a fait le choix de l’extraction des élèves "méritants" plutôt qu’encourager la mixité sociale.

Paris championne de la ségrégation

"Le bilan des trois premières années d’expérimentation (rentrées 2017 à 2019) est encourageant. Deux des trois secteurs ont atteint leur objectif de mixité sociale et entraîné une nette diminution de l’évitement vers le privé. Dans le troisième secteur, après des résultats initialement décevants, les écarts de composition sociale entre les deux collèges ont commencé à se résorber à partir de la troisième année d’expérimentation et l’évitement vers le privé a reculé". Ce bilan positif est dressé par Julien Grenet et Youssef Souidi après trois années de suivi de 6 collèges parisiens des 18ème e 19ème arrondissements qui font l’objet d’expérimentations lancées en 2017.

Le premier intéret de ces expérimentations c’est qu’elles ont lieu dans la ville où la ségrégation scolaire est la plus forte. Selon l’étude le pourcentage d’élèves défavorisés varie dans les collèges parisiens de 61% à... 0%. Le contraste entre les collèges privés et publics est énorme : on compte 24% d’élèves pauvres dans les collèges publics en moyenne et 3% dans le privé, ce qui atteste du rôle que tient le privé dans l’évitement scolaire.

Selon les auteurs la ségrégation scolaire tient pour moitié aux inscriptions dans le privé et pour moitié à la définition des secteurs de recrutement des collèges, c’est à dire à la ségrégation résidentielle. Les autres modes d’évitement (dérogations) ne jouent qu’un rôle marginal.

L’expérimentation porte sur 6 collèges parisiens regroupés en binomes : Berlioz et Coysevox (18ème), Curie et Philippe (18ème) et Bergson et Pailleron (19ème). Ces collèges ont été réunis dans 3 secteurs multi-collèges, à charge pour le comité de chaque secteur de définir le mode de répartition des élèves.

Montée alternée

Dans le secteur Berlioz Coysevox, où Berlioz comptait deux fois plus de CSP défavorisées que Coysevox, le comité a opté pour une montée alternée : au départ les entrants de 6ème sont tous affectés à un collège puis un autre, en l’occurrence Coysevox en 2017. "La procédure de montée alternée a permis de renforcer considérablement la mixité sociale dans les classes de sixième de ces deux collèges au recrutement social diamétralement opposé. Les progrès de la mixité sociale ont été particulièrement marqués en 2017 et 2019, lorsque les élèves de sixième du double secteur ont été affectés au collège Coysevox : les classes de sixième de ce collège ont alors accueilli environ 30 % d’élèves de PCS très favorisées et 25 % d’élèves de PCS défavorisées, soit des proportions comparables à celles observées parmi les élèves de sixième domiciliés dans le double secteur", écrivent les chercheurs. Le taux d’évitement vers le privé a baissé, passant de 24 à 16%. Les auteurs parlent d’un phénomène de "retour vers le public" des parents favorisés du secteur de Berlioz qui a plus que compensé une hausse modérée de l’évitement sur l’ancien secteur Coysevox. Les parents ont laissé leur enfant dans le secteur malgré le changement de collège une année sur deux.

Ou choix régulé

Dans les 4 autres collèges, les comités ont opté pour une affectation par "choix régulé" c’est à dire par une affectation par un algorithme tenant compte du quotient familial. Le bilen est "plus contrasté" expliquent les auteurs.

Dans le secteur Bergson Pailleron on constate un net recul de l’évitement et un rééquilibrage de la composition du collège Pailleron même si la procédure n’a pas parfaitement fonctionné. La part des PCS favorisées est passée de 23 à 34% à Pailleron.

Dans le secteur Curie - Philippe, la procédure a moins bien fonctionné les deux premières années en raison de l’absence de données sur le quotient familial pour la moitié des familles. Cela a entrainé un fort déséquilibre entre les deux collèges et un effet d’évitement entre l’annonce de l’affectation et la rentrée. La révision du processus d’affectation a abouti en 2019 a répartir équitablement les CPS favorisées entre les deux collèges.

Un bilan extensible

Au terme de ces trois années, les chercheurs dressent un bilan très positif. "Les secteurs multi-collèges constituent une piste sérieuse pour favoriser la mixité sociale dans l’enseignement secondaire public lorsque, comme c’est le cas à Paris, la densité de population est suffisamment importante et le tissu urbain suffisamment diversifié pour que l’élargissement des secteurs de recrutement des collèges contribue au brassage social des publics scolaires. En France, ce type de configuration se rencontre fréquemment dans les grandes agglomérations urbaines. Des villes comme Bordeaux, Lille, Marseille ou Toulouse sont en effet traversées par des frontières sociales très marquées au sein de leur espace urbain".

Ces trois projets parisiens font partie des 22 projets lancés en 2016 dans 12 départements par les collectivités locales avec le soutien de N. Vallaud-Belkacem. La création de secteurs multicollèges est utilisée dans 10 projets. 6 autres ont opté pour la resectorisation (Clermont Ferrand, Roanne). 4 projets misent sur l’amélioration de l’offre éducative (Brest, Montpellier) et 2 autres sont consécutifs à la fermeture de collèges ségrégués.

En mai 2019, un premier bilan avait été dressé lors d’un colloque organisé par la Ville de Paris. Il montre que le dispositif le plus efficace est la fermeture et le moins efficace est l’amélioration de l’offre éducative. Le colloque a aussi mis en évidence le fait que l’efficacité du dispositif dépend grandement de l’écart entre les collèges. PLus celui ci est important plus l’expérimentation réussit.

Mixité sociale pour la réussite de tous

Mais pourquoi se donner tout ce mal ? Il y a bien sur une dimension citoyenne : mettre sur les mêmes bancs les enfants de classes sociales différentes et créer des communs. Mais l’enjeu est aussi dans l’amélioration du niveau scolaire.

Les mauvais résultats de l’école française résultent en premier lieu de la baisse de niveau des élèves et des établissements les plus défavorisés. Une étude du Cnesco en 2015 a montré l’ampleur de la ségrégation dans l’école française. " En troisième, 10% des élèves fréquentent des établissements contenant 5% ou moins d’élèves CSP+ dans leur niveau ; à l’inverse, 5% des élèves ont plus de 60% d’élèves CSP+ dans leur cohorte, et même plus de 80% de CSP+ pour les 1% d’élèves (soit plus de 7000 élèves) dont les environnements sont les plus favorisés", montraient Son Thierry Ly et Arnaud Riegert. Le rapport du Cnesco montrait que cette ségrégation scolaire a un impact très négatif sur les résultats scolaires.

C’est aussi ce que montre l’étude de Béatrice Boutchenik et Sophie Maillard (Insee), dans la revue ministérielle Education &formations (n°100). Les deux auteures montrent qu’une répartition équilibrée des élèves a un effet positif pour les élève sfavorisés et défavorisés. "L’effet positif pour les élèves des deux premiers quartiles traduit le fait que, pour une majorité d’entre eux, cette réallocation les conduirait à se trouver plus souvent dans des classes à plus forte proportion de bons élèves, ce qui leur est bénéfique. Pour les élèves du dernier quartile, au contraire, l’harmonisation de la composition des classes conduit à s’éloigner des types de classes à forte concentration de bons élèves pour aller vers plus de mixité scolaire, ce qui leur est également bénéfique... " Appartenir à une classe contenant une forte proportion de bons élèves n’apparaît pas avoir d’effets bénéfiques pour tous les élèves, et l’effet en serait même pénalisant pour les élèves les plus performants initialement".

Avec de tels résultats, les expérimentations de mixité sociales devraient se multiplier. Il n’en est rien bien au contraire. D’une part des collectivités locales rencontrent des résistances chez les parents. C’est le cas par exemple à Paris ou d’autres projets, dans le 10ème ou le 13ème, ont échoué. D’autre part JM Blanquer et E Macron soutiennent une autre politique.

Le gouvernement choisit les internats d’excellence et les "cordées de la réussite". C’est à dire l’extraction de jeunes "méritants" de leur milieu d’origine. Ces deux dispositifs n’ont que des évaluations négatives , par exemple de la Cour des comptes pour les internats d’excellence. Mais cela n’empêche pas le gouvernement de les créditer de budgets importants (doublement des cordées par exemple en 2021). Cette politique conduit à renforcer la ségrégation et à encourager l’évitement qui est maintenant la politique officielle. C’est le paradoxe de ce gouvernement de combattre le séparatisme en parole tout en encourageant le séparatisme social dans les faits. Ces choix n’amélioreront ni le sort des jeunes défavorisés ni le niveau scolaire d’ensemble du pays bien au contraire. Saluons l’étude de Julien Grenet et Youssef Souidi qui vient rappeler qu’on peut sortir de cette impasse.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.fr du 19.02.21

 

Il est possible, dans certaines conditions, d’éviter la ségrégation sociale dans les collèges (IPP)

La capacité des secteurs multi-collèges à renforcer la mixité sociale est avérée, avec quelques nuances, reste à savoir si une telle politique permet d’agir sur les inégalités scolaires, estiment les deux auteurs, Julien Grenet (CNRS, École d’économie de Paris et Institut des politiques publiques) et Youssef Souidi (EHESS et École d’économie de Paris) d’un rapport publié par l’IPP sous le titre "Renforcer la mixité sociale au collège : une évaluation des secteurs multi-collèges à Paris". Ils indiquent qu’une vaste enquête dans une centaine de collèges qui ont mis en œuvre des actions en faveur de la mixité sociale depuis la rentrée 2015-2016 est en cours, menée avec Ghazala Azmat (SciencesPo Paris) et Élise Huillery (Paris-Dauphine) de façon à "élargir le champ de l’évaluation à l’analyse des effets de la mixité sociale sur les compétences et les trajectoires scolaires des élèves", sur les niveaux en français et en mathématiques, sur les comportements, le climat scolaire, "l’identification aux groupes de pairs à l’école et en dehors de l’école, les attitudes face à la différence sociale et scolaire, le fatalisme social, l’ambition, l’estime de soi et les réseaux amicaux". Les résultats devraient être publiés cette année.

En revanche les auteurs de cette étude, dont les résultats sont très médiatisés, n’évoquent pas la question de la composition sociale des classes à l’intérieur de chaque collège (on peut avoir un collège socialement mixte mais avec de fortes ségrégations dans la répartition des élèves du fait des langues étudiées par exemple, ndlr).

L’étude porte sur trois secteurs bi-collèges, Berlioz-Coysevox, Curie-Philipe et Bergson-Pailleron, situés dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale, ville où "les collèges apparaissent comme les plus ségrégés de France", la proportion d’élèves issus de catégories socio-professionnelles (PCS) défavorisée variant de 0 % dans le collège le plus favorisé à 61 % dans le collège le plus défavorisé et le privé sous contrat accueillant un tiers des quelque 85 000 collégiens de la capitale, dont seulement 3 % issus de PCS défavorisées, contre 24 % dans le public.

Comment "rééquilibrer le recrutement social" des collèges ? Les six collèges choisis pour l’expérimentation, à partir de la rentrée 2017, sont "géographiquement proches" mais présentent "des compositions sociales contrastées". Pour Curie-Philipe (18e) et Bergson-Pailleron (19e), les choix scolaires sont régulés par un algorithme d’affectation ad hoc. Pour Berlioz-Coysevox, "le choix s’est porté sur une procédure dite de ’montée alternée’ qui prévoit qu’à l’entrée en sixième, les élèves du double secteur sont affectés alternativement à un collège (les années paires) et à l’autre collège (les années impaires) et qu’ils y effectuent l’ensemble de leur scolarité."

Le bilan provisoire des trois premières années d’existence des secteurs multi-collèges à Paris "est encourageant", même si "une certaine prudence" s’impose. "Dans le secteur Berlioz-Coysevox, la procédure de montée alternée a considérablement renforcé la mixité sociale dans les classes de sixième et de troisième de ces deux collèges au recrutement social diamétralement opposé ; dans le secteur Bergson-Pailleron, la procédure de choix régulé a permis de concilier la réalisation de l’objectif de mixité sociale avec l’expression des préférences scolaires des familles. Dans ces deux secteurs, le dispositif a suscité un mouvement de ’retour vers le public’ des catégories sociales favorisées résidant dans le secteur du collège historiquement défavorisé."

C’est notamment le cas des parents de PCS favorisées de l’ancien secteur Berlioz, dont le nombre "a plus que compensé l’augmentation modérée des taux d’évitement observée parmi les parents de PCS favorisées de l’ancien secteur Coysevox". Les auteurs estiment d’ailleurs que "le système de la montée alternée présente d’indéniables atouts" dans la mesure où "il permet de stabiliser plus rapidement les anticipations des parents, en réduisant l’incertitude sur la composition sociale du collège d’affectation de leur enfant". Toutefois cette modalité d’affectation "suppose une réorganisation complexe de la structure pédagogique des deux établissements qui, à l’issue de la phase de transition, ne scolarisent chaque année que deux niveaux".

De plus, il suppose que le secteur ne compte que deux collèges, alors qu’une procédure de choix régulé "peut sans difficulté être généralisée à des secteurs comportant trois, voire quatre collèges". Dans les secteurs Bergson et Pailleron, la proportion de parents qui faisaient le choix du privé est tombée à 25 % "avant de remonter légèrement". Au total, "les effectifs de 6e ont augmenté de 6 % à Bergson et de 25 % à Pailleron".

En revanche, l’incapacité du secteur Curie-Philipe à rééquilibrer la composition sociale de ces deux collèges aux dynamiques sociales divergentes "met en lumière les difficultés inhérentes à la transition d’un système d’affectation vers un autre". Les auteurs mettent notamment en cause "une forte asymétrie dans l’offre de formation des deux établissements" et ils invitent le collège Gérard Philippe à mettre en place "une offre pédagogique plus attractive" à l’instar du collège Marie Curie, "qui dispose depuis 2012 d’une classe à horaires aménagés de musique (CHAM) principalement composée d’élèves au profil social favorisé".

Les auteurs tirent de cette expérimentation des enseignements qui vont "au-delà du cas parisien", puisque de telles démarches destinées à favoriser la mixité sociale dans l’enseignement secondaire public pourraient être mises en oeuvre "lorsque, comme c’est le cas à Paris, la densité de population est suffisamment importante et le tissu urbain suffisamment diversifié pour que l’élargissement des secteurs de recrutement des collèges contribue au brassage social des publics scolaires".

Reste la question de l’enseignement privé qui "représente un obstacle considérable au renforcement de la mixité sociale dans les collèges publics". Comment l’associer à cette démarche ? "Une piste intéressante consisterait à moduler la dotation de fonctionnement des collèges privés en fonction d’un objectif de mixité sociale", comme cela a été fait en Haute-Garonne où ils "se voient appliquer un système de bonus/malus en fonction de la proportion d’élèves de PCS défavorisées qu’ils accueillent". Le Conseil de Paris a adopté une délibération qui propose d’expérimenter un dispositif de ce type à partir de la rentrée 2021".

Extrait de touteduc.fr du 19.02.21

 

A Paris, le collège au défi de la mixité sociale
Le bilan des « secteurs multicollège », expérimentés dans le nord-est de la capitale, est « encourageant » selon un rapport d’évaluation publié jeudi 18 février. Le dispositif, reconduit à la rentrée, ne sera pourtant pas étendu.

[...] « Evitement » et fuite vers le privé
Pour quels résultats en matière de mixité ? C’est la question que tous les observateurs de l’école se posent depuis le lancement de l’expérimentation, il y a un peu plus de trois ans, dans des collèges parisiens où la « ségrégation a atteint des sommets inacceptables », ainsi que l’avait dénoncé l’économiste Thomas Piketty dans les colonnes du Monde, en 2016. Ces résultats sont « encourageants », répond-on aujourd’hui tant dans les rangs des chercheurs qui accompagnent l’expérimentation que du côté du rectorat et de la Ville de Paris, tous faisant la promotion de ce système.

Lire aussi l’entretien : Mixité scolaire : des expérimentations « encourageantes »

« Encourageant » : l’adjectif revient au fil des pages de la note de synthèse – et du rapport dont elle est tirée – divulguée, jeudi 18 février, par l’Institut des politiques publiques (IPP) sous la plume de Julien Grenet, directeur de recherche au CNRS, et du doctorant Youssef Souidi. Tous deux ont eu accès à un matériau inédit : les données individuelles (et anonymisées) de la « base élèves » de l’académie de Paris – de quoi mesurer, de manière fine, les comportements d’« évitement » des familles (autrement dit : la fuite des plus aisées d’entre elles vers le privé).

Extrait de lemonde.fr du 18.02.21

 

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