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Six types de collèges différenciés par la population accueillie et la situation géographique (DEPP). Près de 85 % des collèges du groupe 6 sont classés en éducation prioritaire.

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DEPP
Note d’information n° 20.01 – Janvier 2020

Six types de collèges différenciés par la population accueillie et la situation géographique

Le paysage des collèges de France, constitué de quelque 7 000 établissements publics et privés sous contrat, présente un aspect divers. Certains scolarisent des élèves socialement et scolairement favorisés dès leur entrée dans l’établissement ; d’autres accueillent un public moins favorisé.

Certains se caractérisent par une forte homogénéité sociale ; d’autres se distinguent par une certaine mixité. Certains, implantés en territoire rural, scolarisent un petit nombre d’élèves ; dans d’autres, le nombre d’élèves dépasse le millier. À partir de variables décrivant l’effectif, l’origine sociale et le niveau scolaire des élèves accueillis ainsi que la situation géographique de chaque établissement, six groupes de collèges distincts ont ainsi été mis en évidence : les collèges très favorisés et de taille importante, les collèges plutôt favorisés, les collèges plutôt mixtes socialement, les collèges plutôt éloignés et de petite taille, les collèges plutôt défavorisés et les collèges très défavorisés.

Ces six groupes se répartissent de manière hétérogène sur le territoire.

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EXTRAIT

[...] Les établissements se distinguent par l’origine sociale des élèves
qu’ils accueillent

L’indice de position sociale (IPS), construit à partir de la profession du ou des représentants légaux des élèves, est une mesure continue et synthétique de l’origine sociale (voir « Pour en savoir plus » - Définitions). Cet indice est d’autant plus élevé que les élèves accueillis dans le collège sont favorisés socialement. Pour un établissement sur deux, l’IPS est supérieur à 102. Il est inférieur à 81 dans les 10 % des collèges les plus défavorisés, supérieur à 124 dans les 10 % les plus favorisés.
La dispersion (ou écart-type) de l’IPS au sein même d’un collège permet d’appréhender l’hétérogénéité sociale des élèves accueillis.

Cette dispersion est d’autant plus élevée que l’établissement scolarise des élèves
d’origine sociale différente. Les établissements les moins favorisés sont souvent les plus homogènes socialement. Ainsi, pour les 10 % des collèges les plus défavorisés, la dispersion de l’IPS est de 27 points contre 32 points pourles 10 % des collèges les plus favorisés.

[...] Les collèges plutôt défavorisés (groupe 5) rassemblent 15 % des établissements et 15 % des élèves. Ces collèges concentrent un certain nombre de difficultés, sociales ou scolaires : les élèves boursiers y sont surreprésentés (43 % contre 26 % en moyenne) ; il en est de même pour les boursiers de taux 3 (15 % contre 8 %),
ainsi que pour les élèves en retard à l’entrée en sixième (12 % contre 8 %). Ces collèges sont moins favorisés socialement (86 % des collèges de ce groupe font partie du quart des établissements les plus défavorisés).
Par ailleurs, ils se caractérisent par un niveau scolaire initial moins élevé que la moyenne (plus des trois quarts des collèges de ce groupe comptent parmi les 25 % d’établissements aux scores les plus faibles).
Les collèges du groupe 5 recrutent un public légèrement plus homogène que les autres établissements (voir « Pour en savoir plus » - figure 6). Le secteur public et l’éducation prioritaire y sont surreprésentés.
Par leurs effectifs (483 élèves en moyenne contre 472 au niveau national), les
établissements plutôt défavorisés ne divergent guère des autres établissements de métropole et des DOM. Ils se caractérisent en revanche par un faible éloignement (75 % des collèges de ce groupe appartiennent aux 50 % des collèges
les moins éloignés).

Les collèges très défavorisés (groupe 6) rassemblent 7 % des établissements et
6 % des élèves. Ce groupe, le plus petit de la typologie, réunit les établissements les plus en difficulté. Les taux de boursiers, taux de boursiers de taux 3 et part d’élèves en retard à l’entrée en sixième y dépassent la moyenne nationale respectivement de 38 points, 21 points et 9 points (soit 64 %, 29 % et 18 %).
Les élèves accueillis dans ces collèges sont issus d’un milieu social très défavorisé :
près de 100 % des collèges du groupe 6 appartiennent au quart des établissements
où l’IPS est le plus faible. Leur niveau scolaire initial est très nettement inférieur à la moyenne : 99 % des établissements de ce groupe relèvent du quartile des établissements aux scores en sixième les plus bas.
Les collèges très défavorisés constituent par ailleurs le groupe le moins mixte :
neuf établissements sur dix font partie des 25 % des collèges les plus homogènes
socialement. Les effectifs y sont un peu plus faibles qu’en moyenne (455 élèves contre 472). À l’image des collèges les plus favorisés, ces établissements sont très majoritairement implantés en milieu urbain. Près de 85 % des collèges de ce groupe sont classés en éducation prioritaire.

Une répartition géographique inégale
La répartition des collèges n’est pas homogène selon les territoires. Les départements de Paris, les Hauts-de-Seine et les Yvelines accueillent une proportion élevée d’établissements très favorisés et de taille importante tandis que les collèges plutôt favorisés, caractérisés par une implantation plus large, sont plus fréquents
dans l’Ouest métropolitain, en Seine-et-Marne, dans le Bas-Rhin et dans les académies de Lyon et de Grenoble. C’est dans le Sud-Est que l’on retrouve le plus de collèges plutôt mixtes socialement ainsi que, plus ponctuellement, dans l’Eure et le Haut-Rhin. Les collèges plutôt éloignés et de petite taille, très présents dans les départements les plus ruraux, soulignent en particulier la diagonale qui s’étend des Ardennes aux Pyrénées-Atlantiques.
Le Nord, le Pas-de-Calais, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et les DOM, enfin, rassemblent la majeure partie des établissements plutôt défavorisés et très défavorisés, ces derniers se concentrant surtout en Guyane.

Extrait de education.gouv.fr de janvier 2020

 

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