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La cour de récré et le décrochage, deux postes d’observation de l’Ecole pour la revue Sciences humaines (ToutEduc)

22 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

La cour de récré et le décrochage, deux postes d’observation de l’Ecole pour Sciences humaines

La cour de récréation et le décrochage scolaire sont les deux terrains choisis par Sciences Humaines, pour son numéro daté de février 2020 pour observer le fonctionnement de l’école. Le premier, pris sous l’angle de l’ethnologie, est justifié par une évidence : pour les enfants, "le moment le plus important de l’école, c’est la récré".

Hélène Frouard a observé ce qui se passait dans une petite école, "toute de guingois, nichée dans le cœur historique d’Auxerre". Cette observation lui permet de récupérer quelques paroles d’enfants et d’enseignant.e.s. Une des maîtresses interrogées se désole : "Ils ne jouent pas comme il faut." En effet, à ce moment-là, une petite fille semble ne pas respecter les règles de la cour. Un garçon souhaite l’intervention de l’adulte : "maîtresse, tu peux lui dire d’arrêter ?" La réaction de l’enseignante ne satisfait pas l’enfant. "Il part régler lui-même le litige." Pour Hélène Frouard, la cour de récré devient alors un lieu d’ "apprentissage entre pairs". Est-il ce lieu de confiance que les enfants se doivent d’avoir pour "se recréer" (un temps de repos imposé dès 1866 par Victor Duruy) ? Est-il un espace éducatif ou un espace libre ? Comment réguler ces deux dimensions ?

 

L’autre thème choisi par la rédaction de Sciences Humaines est le décrochage scolaire, parce que "depuis vingt ans, la France fait de la lutte contre le décrochage scolaire une priorité de sa politique éducative."

Le décrochage scolaire, "de quoi parle-t-on ?"

D’après la rédaction, nous parlons essentiellement de statistiques et de modes de calcul. Si nous prenons les indicateurs français (nombre de sortants du système éducatif sans diplôme autre que le brevet des collèges et taux de sortants précoces, les 18-24 ans sans diplôme autre que le brevet), nous arriverions à 80 000 par an, chiffre estimé en 2017 par la DEPP (https://www.gouvernement.fr/action/le-decrochage-scolaire). Puis, un retour sur les années 1980 apporte une réelle réflexion sur l’usage de ces statistiques. "A l’époque, 39% des jeunes quittaient le système éducatif tout au plus titulaires du brevet." D’après Sciences Humaines, "dès le milieu des années 1970, avec la fin de période des Trente Glorieuses…, les jeunes sont devenus une catégorie particulièrement exposée au chômage. Le ministère du travail entendait y répondre par le développement des contrats d’alternance dès 1974 et la création des missions locales pour l’insertion des jeunes en 1981." Toujours, selon Sciences Humaines, c’est seulement dans les années 1990 que le décrochage scolaire est devenu un enjeu scolaire.

Comme l’explique Yves Bernard, maître de conférences à l’université de Nantes et spécialiste du décrochage scolaire, "obtenir le baccalauréat est devenu un minimum à atteindre pour toutes et tous pour les préserver du chômage". Dès 1985, l’objectif formulé de porter 80% d’une classe d’âge au bac devait répondre à cette problématique, tout comme la création du Bac Pro. Selon la rédaction, "dès lors, il fallait éviter que les jeunes quittent le système éducatif précocement, et surtout sans qualification." S’ajoute à cela la politique européenne et l’engagement de Lisbonne de vouloir faire de l’Europe pour 2010 : "l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde."

La rédaction de Sciences Humaines note quelques dates importantes : 2008 (création du Haut-Commissariat à la jeunesse), 2009 (imposition du thème du décrochage dans les circulaires de rentrée), 2013 (objectif de réduction du taux de sortants précoces dans le cadre de la loi de la Refondation de l’Ecole). D’après Sciences Humaines, le thème est absent, depuis 2017, des circulaires de rentrée et le décrochage ne figure pas davantage dans la loi 2019 pour une école de la confiance. Pourtant, des dispositifs continuent à être déployés. En aval, ils relèvent pour la plupart de l’Education nationale (obligation d’instruction et contrôle de l’absentéisme). En amont, il s’agit d’insertion professionnelle. A ce sujet, Sciences Humaines s’interroge sur le rôle possible de l’armée. "Qu’importe l’intervenant, le but est qu’un jeune en décrochage puisse construire un projet et affirmer sa motivation."

Bibliographies associées

La cour de récré
"La Cour de récréation. Pour une anthologie de l’enfance", Julie Delalande, PUF de Rennes, 2001
"La Récré expliquée aux parents", Julie Delalande, Audibert, 2003
"La Cour de récréation", Caroline Barrera, Editions Midi Pyrénées, 2016
"Dans les cours de récré", Collectif, L’Ecole des parents, N°631, février 2019

Le décrochage scolaire
"Rappeler les enfants", Alexis Potschke, Seuil, 2019
"Le Décrochage scolaire", Pierre-Yves Bernard, PUF, collection "Que sais-je ?", 2019
"Comment agir plus efficacement face au décrochage scolaire ?", CNESCO, 2017
"Evaluation partenariale de la politique de lutte contre le décrochage scolaire", ministère de l’éducation nationale, 2014

Hélène Cénat

Extrait de touteduc ;fr du 21.01.20

 

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