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Les commentaires du ministre sur Pisa et les déclarations sur la formation initiale et continue, Devoirs faits, Agir pour l’école et les dédoublements... (Le Café et ToutEduc)

4 décembre 2019 Version imprimable de cet article Version imprimable

Pisa : Blanquer même pas surpris...

"Pisa confirme ce que je dis depuis des années". Interrogé par la presse le 3 décembre sur les résultats de Pisa 2018, Jean Michel Blanquer a tiré la couverture à lui. A Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, qui lui fait des recommandations sur tout ce qui ne va pas dans l’école française, le ministre de l’éducation nationale a la réponse facile : c’est exactement ce qu’il fait. Dommage que les résultats ne soient pas au rendez vous, particulièrement dès qu’il est question d’inégalités...

Les recommandations de l’OCDE pour la France

"Pisa est un outil important qui peut guider nos efforts pour que nos systèmes éducatifs soient prêts à relever les défis de l’avenir". Présentant les résultats de Pisa 2018 le 3 décembre, Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, a fait une mise au point sur ce que Pisa nous apprend de l’école française. Exposé d’autant plus attendu qu’il a lieu devant le ministre de l’éducation nationale, venu, comme plusieurs de ses prédécesseurs entendre les recommandations de l’OCDE.

"La France occupe dans Pisa une place honorable au dessus de la moyenne dans les 3 domaines principaux", déclare A Gurria. "Mais c’est un des pays les plus inégalitaires". Il a beau jeu d’en donner des preuves et d’ajouter qu’aux inégalités sociales s’ajoutent les inégalités ethniques. "Agir pour réduire les inégalités est urgent", dit-il au ministre. "L’enjeu principal est celui de la capacité dy système scolaire français à faire progresser les plus fragiles.. Il faut allouer les ressources là où il y a des besoins. Il faut former les enseignants et lutter contre l’échec scolaire dès le plus jeune âge".

Avant JM Blanquer, Vincent Peillon, Najat Vallaud Belkacem étaient venus à l’OCDE entendre peu ou prou les mêmes formules. Car les inégalités sociales, la formation insuffisante sur le plan professionnel sont des données repérées depuis longtemps par Pisa. Malgré tout, les propos d’A Gurria auraient pu réveiller l’Education nationale et susciter un pisa choc. Il n’en a rien été.

Les certitudes de JM BLanquer

"Le poids des déterminismes sociaux n’augmente pas", précise JM BLanquer. "On a stabilisé ce facteur". Il souligne "qu’il y a des inégalités dans de nombreux pays". La remarque est exacte. Simplement seuls deux pays ont un niveau d’inégalités sociales par rapport aux résultats scolaires plus importants que nous sur 79 pays. Interrogé sur la mixité sociale dans les établissements, J Blanquer s’abrite derrière des études à venir. De fait depuis son arrivée les projets lancés sous N Vallaud Belkacem sont gelés faute de soutiens rectoraux.

"Pisa confirme ce que je dis depuis des années", dit sans crainte JM Blanquer. Selon lui les pays qui progressent dans Pisa ont modifié leurs pratiques pédagogiques pour "un enseignement structuré, explicite", ce qui ne veut pas dire grand chose mais renvoie au discours ministériel. Interrogé sur ces méthodes pédagogiques, le ministre confirme que ses références sont Agir pour l’école, de Bentolila ou de S Dehaene. Le ministre reste prudent sur le bilan de sa politique. "On note dans nos évaluations que certaines classes dédoublées ont des performances très importantes". Il y a quelques mois son cabinet présentait les résultats des classes dédoublées comme très encourageants. Depuis des experts ont montré que les dédoublements apportent peu de progrès des élèves.

Puisque l’OCDE souligne la faiblesse de la formation des professeurs français , révélée aussi par l’enquête Talis, JM Blanquer vante la réforme des Inspe qui devrait apporter une "formation plus pratique" et la hausse de la formation continue. En fait le budget 2020 prévoit la baisse des dépenses de formation dans le premier degré et leur stabilité à un niveau jugé insuffisant par l’OCDE dans le second.

Faute de pouvoir mettre les dédoublements en avant, c’est Devoirs faits qui est utilisé par le ministre comme une réponse aux inégalités. Tout en reconnaissant que sa mise en place diffère beaucoup d’un endroit à l’autre, le ministre dit réfléchir à le rendre obligatoire pour les élèves faibles. A entendre JM BLanquer on pourrait croire qu’il s’agit presque de cours particuliers. Mais ce n’est pas cela du tout. Le ministre envisage de le rendre obligatoire pour les élèves faibles.

Du coté de l’OCDE, Eric Charbonnier recadre. "Les inégalités ne sont pas une fatalité", dit il Pour cela il faudrait des ressources pour les établissements défavorisés. A bon entendeur...

François Jarraud

Extrait de cafépedagogique ;net du 04.12.19

 

Renforcer la formation continue des enseignants du 1er degré, revoir "Devoirs faits" (Jean-Michel Blanquer à l’OCDE, à propos de PISA)

Commentant les résultats des élèves français au test PISA, Jean-Michel Blanquer annonce un renforcement de la formation continue des enseignants du 1er degré et une évolution possible du dispositif "Devoirs faits" au collège. Le ministre de l’Education nationale, qui s’exprimait ce 3 décembre dans l’enceinte de l’OCDE, répondait à Angel Gurria, le secrétaire général de l’organisation internationale qui évoquait un des points saillants de la situation scolaire française, un des pays où les élèves se sentent le moins soutenus par leurs professeurs. "Les enseignants devraient être mieux préparés" à la gestion de classe, a-t-il souligné.

La réforme de la formation dans les INSPE (précédemment ESPE et précédemment encore IUFM, ndlr) va dans ce sens puisqu’elle met l’accent sur la pratique, estime le ministre qui insiste sur la place donnée aux "savoirs fondamentaux" dans la formation des futurs professeurs des écoles, les cours à ce sujet devant être à "la pointe avancée de la recherche". En matière de formation continue, quelque 1 231 formateurs ont été formés dans le cadre du plan "Villani - Torossian", d’autres devraient l’être en français, de façon à compter un formateur dans chacune des deux disciplines pour deux cents enseignants et à pouvoir organiser "des formations groupées de très haute intensité".

Interrogé sur le rôle joué par Alain Bentolila et "Agir pour l’Ecole" dans le cadre des dédoublements de CP et CE1, le ministre dit que les résultats y sont supérieurs à la moyenne, mais que c’est aussi vrai là où sont mis en oeuvre des enseignements "explicites, rigoureux, systématiques", comme dans le 20ème arrondissement de Paris, où a été conçue de manière volontariste la formation continue des enseignants en même temps qu’une évolution dans le choix des manuels : "les premiers résultats sont intéressants." Jean-Michel Blanquer fait l’éloge du "volontarisme pédagogique", qui peut se déployer même au niveau d’une classe.

Interrogé sur le collège et le dispositif "devoirs faits", qu’il décrit comme "la pointe avancée de la personnalisation des parcours", le ministre souligne qu’il est déployé "dans tous les collèges", qu’il touche "20 à 30 % d’élèves volontaires", mais que la mise en oeuvre sur le terrain est "encore hétérogène". Comment faire pour que les élèves qui en ont le plus besoin en profitent ? "Je ne suis pas défavorable à l’idée de l’imposer, par exemple à la suite du conseil de classe du 1er trimestre, certains établissements incitent déjà fortement les élèves en difficulté à y participer. Je suis ouvert à la réflexion." Le ministre appelle d’ailleurs à une réflexion sur le temps scolaire des collégiens, "trop cloisonné", défini par les heures de cours magistraux, même si ceux-ci sont des "moments importants". Par ailleurs, l’évaluation de l’expérimentation lancée en 2015 pour améliorer la mixité sociale est en cours et les résultats devraient être connus "à la fin de l’année scolaire". Le ministre prévient déjà qu’il n’y aura pas de règle générale, "chaque cas est particulier".

A noter encore que le taux de "non-réponses" des jeunes Français a diminué. Les commentateurs des éditions précédentes y voyaient la marque d’un enseignement qui fait des erreurs autant de fautes, et qui recommande l’abstention. Pour Jean-Michel Blanquer, ce serait plutôt le résultat d’une plus grande attention portée aux conditions de passation du test.

Extrait de touteduc.fr du 03.12.19

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