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"A quoi sert l’école ?" Compte rendu complet de la conférence débat entre Anne Coffinier (Fondation pour l’Ecole) et Philippe Meirieu organisée en partenariat par ToutEduc

19 février Version imprimable de cet article Version imprimable

ADDITIF du 24.02.19

Anne Coffinier - Philippe Meirieu : ils tirent les leçons du débat (EN CLAIR)

Au micro de Claude Tran, Anne Coffinier et Philippe Meirieu reviennent, en quelques minutes, sur le débat qui, le 13 février, les a parfois opposés, mais aussi amenés à dresser un portrait de l’école comme elle va, une école où la question des moyens et des modalités occulte celle des fins, et à esquisser celui d’une école qui serait davantage consciente d’elle-même.

Comme les autres dépêches relatives à ce débat, celle-ci est "en clair" et vous pouvez librement les faire circuler.

Extrait de touteduc.fr du 24.02.19 : Anne Coffinier - Philippe Meirieu : ils tirent les leçons du débat (EN CLAIR

 

"A quoi sert l’école ?" La conférence débat Anne Coffinier - Philippe Meirieu (1er temps)

ToutEduc a organisé, en partenariat avec PSL (université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres), hier 13 février et avec le soutien de "Vers le Haut", un débat entre Anne Coffinier et Philippe Meirieu sur le thème "A quoi sert l’école ?".

La réponse à cette question semblait tellement évidente qu’elle ne méritait pas d’être posée mais deux phénomènes nous obligent à nous interroger sur les fondements mêmes de l’institution scolaire. C’est d’une part l’essor des écoles hors-contrat, ou "indépendantes", qui répondent à des besoins auxquels l’école publique ou privée sous contrat ne répondent pas, ou mal, et d’autre part, la demande adressée par le ministère à la science invoque le principe d’efficacité au risque d’oublier les finalités.

Anne Coffinier est la fondatrice et la directrice générale de la Fondation pour l’Ecole, elle est la figure emblématique du mouvement des écoles "indépendantes"

Voici le premier temps de ce débat. Le second temps, avec les questions et interventions de la salle, qui réunissait quelque 200 personnes, sera publié très prochainement.

Première partie : A quels besoins répond l’école ?

Deuxième partie : comment la transmission des connaissances s’accompagne de valeurs ?

Troisième partie : la dimension anthropologique de l’institution

Extrait de touteduc.fr du 13.02.19 : "A quoi sert l’école ?" La conférence débat Anne Coffinier - Philippe Meirieu (1er temps)

 

A quoi sert l’école ? Les questions de la salle à Anne Coffinier et Philippe Meirieu (suite et fin du débat organisé par ToutEduc)

La seconde heure du débat organisé par ToutEduc (avec PSL) entre Anne Coffinier et Philippe Meirieu le 13 février donnait la parole à la salle, mais d’abord à Marc Vannesson, délégué général du think tank Vers le Haut qui présente les principaux résultats de diverses enquêtes sur les attentes des Français vis à vis de leur école.

Leur degré de confiance vis à vis de l’institution scolaire est assez élevé, mais inférieur à celle qu’ils accordent aux hôpitaux, à l’armée, à la police. Un tiers d’entre eux ne lui fait pas confiance pour la transmission des savoirs de base, et ils sont encore plus nombreux à ne pas lui faire confiance pour lutter contre les inégalités ou transmettre des "compétences transversales" du type gérer ses émotions ou avoir confiance en soi, et moins encore quand il s’agit, au niveau lycée, de s’adapter aux spécificités des élèves. Ils souhaitent une école plus coopérative, davantage ouverte aux pédagogies alternatives, aux apports des neurosciences ou de la chronobiologie. Ils apprécieraient que soient organisés des "états généraux de l’école" et qu’une charte où seraient inscrites "les grandes finalités" du système éducatif soit adossée à la constitution.

Une première série de questions porte sur la place des pédagogies alternatives dans le système scolaire, sur la nécessité d’avoir une pensée complexe, sur le risque de fichage qui se développe dans le monde...

Pour Anne Coffinier, "on a besoin d’une variété des univers éducatifs" et il ne peut y avoir de réponse unique à ces questions. Certaines écoles doivent produire "des objecteurs de conscience", mais pas toutes les écoles. D’ailleurs Emile Combes, anticlérical, avait été séminariste, Voltaire élève des jésuites, "l’homme est libre", mais "il a besoin d’une nourriture nourrissante, structurée, ambitieuse".

Pour elle les écoles "indépendantes" ne doivent pas craindre d’être inspectées, elles doivent être "ouvertes aux observateurs", et les enseignants doivent de même ouvrir leurs classes à leurs collègues, "s’entraider entre pairs", comme en Finlande. Ceux-ci ne doivent pas renoncer au charisme, "il faut que les professeurs s’engagent dans l’acte éducatif", suscitent le désir d’apprendre chez leurs élèves. Anne Coffinier prend l’exemple de la Russie où les enseignants ont "une activité productive à côté", par exemple de création artistique, entraînent leurs élèves dans un processus créatif "qui n’est pas que dans l’école"...

Philippe Meirieu est d’accord sur bien des points, sans sous-estimer les lignes de clivage. Sur la place des pédagogies alternatives dans l’Education nationale, il répond à la salle qu’elles ne peuvent être imposées aux enseignants, avec leurs présupposés idéologiques, sans remettre en cause leur liberté pédagogique. Il reconnaît à Maria Montessori d’avoir été "l’une des premières à s’intéresser à l’attention", qui est aujourd’hui "une question sociétale majeure", mais il constate que, contrairement à Célestin Freinet, elle privilégie l’individualisme. Or, aujourd’hui, chaque parent souhaite que son enfant soit considéré "non pas seulement comme une personne singulière, mais comme une exception", ce qui suppose qu’on déroge pour lui aux règles communes, ce qui aboutit à la négation de l’idée même de règle commune.

Mais le pédagogue dénonce aussi "le caporalisme" qui prévaut dans l’école publique, "sa résistance à l’innovation" (même si toutes les innovations ne sont pas des progrès), "sa rigidité", son attachement à la forme scolaire héritée de Guizot et de Jean-Baptiste de La Salle. Dès lors, elle laisse aux écoles alternatives le soin de "réinterroger la forme scolaire". Au lieu d’être à elle-même son propre recours, elle invite les familles "qui ont des questions à lui poser à aller voir ailleurs", au risque de laisser se développer des "ghettos élitistes".

La deuxième série de questions met en évidence la question des moyens, ceux dont aurait besoin l’école publique comme ceux dont manquent les parents dont les enfants ne sont pas pris en considération. Une mère évoque le cas de sa fille qui, en maternelle, se trouve "dans un système qui ne lui convient pas", mais qui doit attendre la réponse de la MDPH. Si elle l’inscrit sans attendre dans une école Montessori, elle perd ses droits à une allocation "enfant handicapée". Une enseignante (de l’école publique) proteste contre l’idée que les écoles hors contrat constituent des ghettos élitistes alors qu’elles répondent aux besoins d’enfants dont le handicap n’est pas pris en compte par l’école publique.

Anne Coffinier dénonce une situation qui voit des parents en difficulté sanctionnés pour des raisons idéologiques, elle défend la liberté de choisir son établissement, et pour les enseignants de constituer de petites équipes unies par un projet commun. Elle associe l’enseignant fonctionnaire à l’idée, qui n’est pas "saine", de quelqu’un "qui exécute ce que la rue de Grenelle décide", au lieu d’être "libre et responsable", de "s’engager dans l’acte éducatif" comme on peut le faire avec "une profession indépendante".

Philippe Meirieu défend le statut de fonctionnaire comme ce qui, bien au contraire garantit la liberté pédagogique, mais constate qu’avec Anne Coffinier, "c’est l’Education nationale que nous accusons". C’est au sein de l’Education nationale qu’il faut trouver des solutions. Anne Coffinier défend les écoles indépendantes, "un stimulus dans une logique de complémentarité", Philippe Meirieu estime qu’il y a "des stimuli dans le service public".

Voir les vidéos des questions de la salle
http://www.touteduc.fr/fr/archives/id-15900-a-quoi-sert-l-ecole-les-questions-de-la-salle-a-anne-coffinier-et-philippe-meirieu-suite-et-fin-du-debat-organise-par-touteduc-

http://www.touteduc.fr/fr/archives/id-15900-a-quoi-sert-l-ecole-les-questions-de-la-salle-a-anne-coffinier-et-philippe-meirieu-suite-et-fin-du-debat-organise-par-touteduc-

Extrait de touteduc.fr du 18.02.19 : A quoi sert l’école ? Les questions de la salle à Anne Coffinier et Philippe Meirieu (suite et fin du débat organisé par ToutEduc)

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