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Portrait d’ZEP, par Sophie d’Aix, l’Harmattan, 2019. Portraits d’élèves d’une école primaire de cité (présentation ToutEduc)

6 février Version imprimable de cet article Version imprimable

"Portrait d’ZEP" - Qui sont les élèves de REP ? Une enseignante propose une série de portraits poignants

Sophie d’Aix rassemble dans son livre, "Portrait d’ZEP", un ensemble de portraits d’élèves qu’elle a rencontrés comme enseignante, tous surprenants, souvent dramatiques, mais toujours avec une tendresse sous-jacente et dont l’apparente froideur évite le misérabilisme. Par exemple, "Azouz fait partie de ceux qui restent dans la cité. Il a grandi sans père. Solitaire, d’une nature calme, il observe le monde avec détachement. Ses rares paroles montrent une grande réflexion. Il assume le rôle d’homme à la maison puisque, depuis l’enfance, on lui répète que ’ton père est mort quand tu étais petit’. L’année dernière, quand il avait dix ans, sa mère l’a emmené en bus jusqu’à la prison des Baumettes. Ils ont attendu au parloir. Un homme est entré. Elle a lâché trois mots dévastateurs : ’c’est ton père’. Depuis, Azouz continue d’être solitaire. Mais le soir, il fait des casses."

Après cinq ans d’expérience en "ZEP", la volonté de l’auteure, à travers cette "incursion dans le quotidien d’une école de primaire de cité" est de donner "un témoignage instantané de l’éducation en primaire". Ce livre, confie-t-elle à ToutEduc, est l’opposé d’un exutoire. Elle espère que le lecteur verra "toute la joie malgré tout" que son métier d’enseignante lui apporte. Pendant ces années, elle a ressenti, presque tous les jours, le besoin d’écrire. Ainsi, au fur et à mesure, elle a pu amasser un grand nombre de matériaux, tout d’abord à destination de sa famille qui lui a conseillé de publier.

En publiant, elle a pris conscience de la dimension d’actualité de ses écrits. Elle les place alors dans le cadre de la politique ministérielle qui souhaite "assurer les fondamentaux et transmettre le respect, tout en limitant la violence". Cependant, Sophie d’Aix regrette que "ce travail sur la violence se concentre principalement sur le collège. L’école primaire serait un énorme levier de lutte contre ce phénomène. J’ai pu remarquer qu’il n’y avait que 5 % des enfants qui étaient réellement violents à leur arrivée à l’école. Ces 5 % se transforment en 20 % comme un effet boule de neige. Cherchons des solutions dès le primaire afin d’éviter que la violence s’installe pour de vrai en eux."

En parlant d’intégration, de laïcité positive, d’islamisme ou d’harcèlement et en s’engageant professionnellement et humainement, Sophie d’Aix veut "faire une photographie d’une école primaire en ZEP" et cela, sans concession. Ce portrait est, pour elle, tel "un éventail avec sa structure rigide en son milieu et qui ne peut être compris que lorsqu’il est complétement déployé".

"Portrait d’ZEP" - Sophie d’Aix – Editions L’Harmattan – 110 pages – 13 euros

Extrait de touteduc.fr du 05.02.19 : Portrait d’ZEP

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