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Les étudiants d’origine défavorisée sont moins mobiles que les autres (Insee Première)

9 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Aller étudier ailleurs après le baccalauréat : entre effets de la géographie et de l’offre de formation
Insee Première, n° 1727, 08.01.19

À l’entrée dans l’enseignement supérieur, 6 bacheliers sur 10 choisissent une formation dans une autre zone d’emploi que celle où ils étudiaient en terminale. Cette mobilité dépend de la diversité de l’offre locale de formation. Elle varie aussi selon l’origine sociale des jeunes.

Les changements d’académie à l’entrée dans l’enseignement supérieur sont en revanche moins fréquents : ils concernent seulement 2 bacheliers sur 10 et dans un peu plus de la moitié des cas, ils s’accompagnent d’un déménagement. Ces mobilités concernent principalement des académies limitrophes.

Sommaire

Une offre de formation supérieure riche, mais relativement concentrée dans le pays
6 bacheliers sur 10 étudient dans une autre zone d’emploi
Les jeunes d’origine défavorisée sont moins mobiles
Des mobilités entre académies souvent orientées vers le grand pôle régional
Dans les académies de Rouen et Lyon, les néo-bacheliers sont peu mobiles
Des mobilités importantes à l’intérieur des académies de Lille, Strasbourg, Nancy-Metz et Rennes
À Grenoble et Limoges, les mobilités en dehors de l’académie sont privilégiées
Des flux importants de néo-bacheliers entre les académies d’Île-de-France
Selon les DOM, les étudiants sont plus ou moins mobiles

[...] Les jeunes d’origine défavorisée sont moins mobiles

Au-delà des effets des disparités géographiques, les choix d’orientation diffèrent selon l’origine sociale de l’étudiant. L’origine sociale joue sur les résultats scolaires, la série de baccalauréat ou la mention obtenue, la connaissance des filières post-bac et les aspirations des jeunes.

Ainsi, les jeunes d’origine sociale très favorisée sont surreprésentés dans les filières les plus sélectives (CPGE et écoles d’ingénieurs ou santé à l’université). Cela s’explique en partie, car ils sont surreprésentés dans les baccalauréats généraux (notamment scientifiques) qui mènent le plus souvent à ces filières.

À l’inverse, les bacheliers d’origine défavorisée choisissent plus souvent une STS (figure 3). Quand les jeunes d’origine défavorisée résident loin des grands pôles universitaires, des contraintes financières plus fortes sont susceptibles de peser sur les choix, soit en matière de cursus accessibles à proximité, soit à l’extrême en conduisant l’étudiant à renoncer à poursuivre ses études supérieures. En effet, les déménagements ou les navettes quotidiennes peuvent être trop coûteux malgré les bourses sur critères sociaux et les aides financières octroyées.
Les différences selon l’origine sociale sont les plus fortes pour les mobilités de plus longue distance avec changement d’académie, qui nécessitent dans 6 cas sur 10 un déménagement. Ainsi, 19 % des néo-bacheliers d’origine sociale défavorisée poursuivent leurs études en dehors de leur académie d’origine, contre 26 % parmi les jeunes d’origine sociale très favorisée (figure 4).

Extrait de insee.fr du 08.01.19 : Aller étudier ailleurs après le baccalauréat : entre effets de la géographie et de l’offre de formation

 

Orientation : Inégalités sociales sur la mobilité des étudiants

Alors qu’avec Parcoursup la mobilité des étudiants est encouragée dans un souci purement gestionnaire, l’Insee montre que celle-ci reste très inégale socialement. "À l’entrée dans l’enseignement supérieur, 6 bacheliers sur 10 choisissent une formation dans une autre zone d’emploi que celle où ils étudiaient en terminale... Les changements d’académie à l’entrée dans l’enseignement supérieur sont en revanche moins fréquents : ils concernent seulement 2 bacheliers sur 10". Surtout la possibilité de bouger est liée à l’origine sociale. " Quand les jeunes d’origine défavorisée résident loin des grands pôles universitaires, des contraintes financières plus fortes sont susceptibles de peser sur les choix, soit en matière de cursus accessibles à proximité, soit à l’extrême en conduisant l’étudiant à renoncer à poursuivre ses études supérieures. En effet, les déménagements ou les navettes quotidiennes peuvent être trop coûteux malgré les bourses sur critères sociaux et les aides financières octroyées. Les différences selon l’origine sociale sont les plus fortes pour les mobilités de plus longue distance avec changement d’académie, qui nécessitent dans 6 cas sur 10 un déménagement. Ainsi, 19% des néo-bacheliers d’origine sociale défavorisée poursuivent leurs études en dehors de leur académie d’origine, contre 26% parmi les jeunes d’origine sociale très favorisée".

Extrait de cafepedagogique.net du 09.01.18 : Orientation : Inégalités sociales sur la mobilité des étudiants

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