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Le plan pauvreté : petite enfance et crèches, petits déjeuners en ZEP et insertion des jeunes (Matignon, MEN, le Café, Touteduc)

14 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Sur le site de Matignon

Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté
projet porté par Agnès Buzyn
La stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a pour ambition de lutter contre les inégalités de destin et de permettre une égalité des chances réelles. Pour ce faire, 8,5 milliards d’euros sont consacrés à cette stratégie ambitieuse dont les maitres-mots sont "prévention" et "accompagnement"

De quoi s’agit-il ?
L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté

Objectif : prévenir la pauvreté en agissant dès la petite enfance pour empêcher qu’un enfant pauvre aujourd’hui ne devienne un adulte pauvre demain.

Budget : 1,24 milliard d’euros

Mesures phares :
Création d’un bonus mixité pour encourager la mixité sociale dans les crèches et instauration du tiers payant du complément mode de garde pour l’accueil individuel.
Un plan de formation et un nouveau référentiel pour 600 000 professionnels de la petite enfance pour favoriser le développement de l’enfant et l’apprentissage du langage avant l’entrée à l’école maternelle.

Autres mesures-clés :
Création d’un bonus "territoires" permettant de diminuer à moins de 10% le reste à charge des communes afin de développer les modes d’accueil de la petite enfance.
Création de 300 crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) d’ici 2020.
Rénovation de la politique de soutien à la parentalité et création de 300 nouveaux centres sociaux dans les territoires prioritaires.
Renforcement de la transparence des modalités d’attribution des places de crèches.
Soutien aux collectivités dans 60 quartiers prioritaires avec deux adultes par classe de maternelle (un agent territorial spécialisé des écoles maternelles et un enseignant).

 

Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants
Objectifs : mettre un terme aux situations manifestement porteuses de dangers et diviser par deux d’ici à 2022 le taux de privation matérielle des enfants pauvres.

Budget : 271 millions d’euros

Mesures phares :
Une alimentation équilibrée pour tous, par la distribution de petits-déjeuners dans les écoles des territoires fragiles, des tarifs de cantines plus accessibles et des programmes d’accès à l’alimentation infantile.

Une mobilisation spécifique pour assurer aux enfants un hébergement décent grâce au plan "Logement d’abord".

Des maraudes mixtes Etats/aide social à l’enfance, spécialisées dans la protection de l’enfance seront mobilisées pour "aller vers" les familles avec enfants dans la rue et prévenir la mendicité.

Autres mesures-clés :
125 millions d’euros consacrés au développement et à l’adaptation de l’offre d’hébergement et de logement afin d’adapter l’offre aux besoins des familles avec enfants.
Déploiement d’un référentiel sur l’hébergement des familles avec enfants.
Renforcement des missions des PMI sur l’accès à la santé et l’appui de la médecine de ville aux missions de la santé scolaire, dans le cadre du parcours de santé des enfants de 0 à 6 ans.
Déploiement de 400 "Points conseil budget" sur l’ensemble du territoire et introduction d’un plafonnement des frais bancaires afin de prévenir et lutter contre le surendettement.
Renforcement de la prévention des expulsions, dans le cadre du plan "Logement d’abord".

 

Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes
Objectif : investir massivement dans la formation de la jeunesse (lutte contre le décrochage scolaire, réforme de l’apprentissage de la voie professionnelle et plan d’investissement dans les compétences).

Budget : 439 millions d’euros

Mesure phare :
Une obligation de formation jusqu’à 18 ans sera instaurée pour assurer à tous les jeunes des compétences et mieux maîtriser leur destin.

Autres mesures-clés :

Plus de 100 millions d’euros consacrés à des solutions d’accompagnement vers l’emploi de tous les jeunes en complément d’une extension de la Garantie jeune (500 000 bénéficiaires entre 2018 et 2022).
Repérer, renouer le dialogue et (re)mobiliser les jeunes en risque d’exclusion pour les amener vers un parcours d’accompagnement et de formation : appels à projets et financement complémentaire pérenne des points accueil écoute jeunes et associations de prévention spécialisées.
Des expérimentations dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences pour diversifier les opérateurs et les modalités d’utilisation de la Garantie jeune.
Des moyens contractualisés avec les départements pour empêcher les sorties "sèches" de l’aide sociale à l’enfance.

Extrait de gouvernement.fr du 13.09.18 : Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté

 
Sur le site du Ministère

Stratégie de prévention et lutte contre la pauvreté : les mesures pour la jeunesse

L’égalité des chances dès les premiers pas, garantir les droits fondamentaux des enfants et un parcours de formation pour tous les jeunes, font partie des 5 engagements phares de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, présentée par le Président de la République, jeudi 13 septembre 2018.

L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté
Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants
Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes

L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre la reproduction de la pauvreté

La stratégie pauvreté engagera une évolution majeure de la politique petite enfance, au service de la mixité sociale et d’un nouveau continuum éducatif 0-6 ans. Cette ambition éducative s’inscrit dans la dynamique de renforcement des moyens pour les enfants les plus fragiles portés par l’Éducation nationale, avec l’instruction obligatoire dès 3 ans, le dédoublement des classes de CP-CE1 en éducation prioritaire et le dispositif "Devoirs faits".

Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants

Des mesures concrètes seront mises en œuvre pour améliorer l’accès aux biens et services essentiels des enfants en situation de pauvreté, en particulier dans les champs de l’alimentation, de la santé, de l’accès à la culture, aux loisirs et aux vacances.

Parmi les mesures phares, une alimentation équilibrée pour tous : des petits déjeuners dans les territoires fragiles, des tarifs de cantines plus accessibles et des programmes d’accès à l’alimentation infantile.
Il s’agit d’encourager dans les écoles les dispositifs de petit-déjeuners pour tous, associant les parents et promouvant l’éducation alimentaire et les circuits courts.

Un mécanisme d’incitation sera par ailleurs mis en place en direction des communes les plus fragiles de moins de 10 000 habitants pour appliquer une tarification sociale de la restauration scolaire avec un plafond du barème le plus bas à 1€ le repas.

Le programme "Manger Malin" qui réduit considérablement le coût de l’alimentation infantile, en particulier le lait maternisé sera généralisé.


Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes

La stratégie pauvreté s’inscrit dans ces réformes majeures en proposant une étape décisive pour notre système éducatif et de formation : l’instauration d’une obligation de formation pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans.

Cette obligation reposera à la fois sur le jeune et sur les pouvoirs publics qui auront l’obligation de proposer un accompagnement à tout jeune mineur en situation de décrochage durable (soit environ 20 000 jeunes décrocheurs non accompagnés chaque année).

Une attention particulière sera portée aux jeunes les plus vulnérables accompagnés par les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Cet engagement se traduira par une mobilisation renforcée de l’État en matière d’insertion professionnelle et un engagement contractualisé avec les départements pour les 18-21 ans pour empêcher que des jeunes ne se retrouvent sans solution d’accompagnement à la sortie de l’ASE.

Investir dans les solidarités : 21 mesures

Un plan de formation et un nouveau référentiel pour 600 000 professionnels de la petite enfance en lien avec les formations des professeurs du 1er degré : afin de favoriser le développement de l’enfant et l’apprentissage du langage avant l’entrée à l’école maternelle.
L’accès à une alimentation équilibrée pour tous : offre de lait et alimentation infantiles à bas prix, un fonds pour proposer dans les écoles des petits déjeuners et développer l’éducation alimentaire en associant les parents, des tarifs de cantines accessibles à toutes les familles dans les petites communes fragiles.
Une prévention accrue en santé : création de 100 centres et maisons de santé dans les quartiers prioritaires, mobilisation de la médecine de ville en milieu scolaire.
Des moyens éducatifs renforcés dans les territoires fragiles : instruction obligatoire à 3 ans, dédoublement des classes de CP/CE1 en REP et REP +, propositions de 30 000 stages de qualité aux élèves de 3ème des quartiers, programme « devoirs faits » en lien avec les dispositifs de réussite éducative, promotion de la mixité sociale au collège, expérimentation de territoires à haute qualité éducative et création de cités éducatives.

Extrait de education.gouv ;fr du 13.09.18 : Stratégiede prévention et delutte conre la pauvret

 

Sur le site du Café
Plan pauvreté : Les principales mesures éducatives

Emmanuel Macron a présenté le 13 septembre les principales mesures de son Plan pauvreté, présenté comme un programme préventif. En ce sens l’éducation et les jeunes y prennent une place particulière. Quelques éléments nouveaux complètent la présentation faite par le Café pédagogique avant le discours du président de la République. Et on relève au moins une intrusion habile...

Petite enfance
La dimension éducative du plan pauvreté d’E Macron représente environ 2 milliards avec trois axes : la petite enfance, le scolaire et l’insertion des adolescents.

Pour la petite enfance, le président a confirmé le programme de création de 30 000 places de crèches sur le quinquennat pour les familles défavorisées. Grâce à une aide aux communes. Il veut aussi réformer le mode de garde pour ne faire "un lieu d’éveil cognitif", suivant en cela une recommandation de l’OCDE. "La qualité des modes de garde doit être massivement améliorée, et la mise en œuvre sur le terrain de cette réforme d’ampleur devra être précisément évaluée tout au long. Les 600.000 professionnels de la petite enfance seront encore mieux accompagnés, leur formation sera complétée, parfois revue, en ce sens, dès 2019, afin que l’apprentissage du langage, de l’empathie de la confiance en soi irriguent désormais tous les modes de garde", assure E Macron. Un début de réalisation a eu lieu avec la redéfinition des attendus du CAP petite enfance.
Pour faciliter l’accès des familles défavorisées en crèche les aides de garde d’enfants seront versées immédiatement sans que les familles aient à avancer de l’argent. Le plan devrait aussi avoir un impact en maternelle puisque dans 60 quartiers prioritaires l’Etat aidera les communes à installer une Atsem par classe. L’enveloppe petite enfance est évaluée à 1.2 milliard.

Monde scolaire
Pour les scolaires, le président a décliné un droit à l’alimentation avec la généralisation d’une tarification sociale pour les restaurants des écoles. L’objectif c’est de proposer des repas à 1 euro aux familles les plus démunies. Les communes seront aidées pour le faire.

"Des petits déjeuners seront aussi proposés dans les collèges de REP+, afin de s’assurer que tous les élèves démarrent la journée dans de bonnes conditions", a dit le président. En fait , comme nous l’avons annoncé , le système qui sera mis en place est plus complexe. Il y aura un fond qui versera des sommes aux Dasen qui eux mêmes soutiendront des projets engageant des acteurs locaux pour des petits déjeuners et de l’éducation à l’alimentation. En clair il n’y aura pas un accueil déjeuner en Rep+ chaque jour. Mais les enseignants et les associations locales seront invitées à monter des projets. A l’Elysée on promet quand même que ça touchera de 100 000 à 300 000 enfants.

Un leurre
Du coup on a glissé dans le plan pauvreté ce qui semble être un leurre. Le plan annonce que la médecine de ville viendra en appui à la médecine scolaire dans le cadre du parcours de santé des enfants de 0 à 6 ans. La situation de la médecine scolaire est effectivement désastreuse puisque la visite obligatoire des 6 ans n’est plus passées dans beaucoup d’endroits faute de médecin scolaire. Mais cette mesure pourrait bien aggraver la situation au lieu de l’améliorer. D’abord parce que les missions des médecins scolaires nécessitent une formation. Surtout parce que là où la médecine scolaire est la plus déficiente (93 par exemple), la médecine de ville est aussi en crise. Le médecin scolaire était souvent le seul médecin accessible. Cette mesure va faciliter l’accès à la médecine pour les enfants favorisés. Mais elle n’aura pas un grand impact pour les autres. Tout cet aspect scolaire est évalué à 271 millions.

Insertion des jeunes
Le Plan veut aussi faciliter l’insertion des jeunes et va y consacrer 439 millions. La mesure phare c’est l’obligation de formation pour les jeunes de 16 à 18 ans qui ne sont ni en formation ni en emploi. Les établissements scolaires devront déclarer toute l’année les décrocheurs (au lieu de deux fois par an) et les missions locales auront l’obligation de leur proposer une formation , qui sera prise dans le plan d’un million de formations annoncé par l’Elysée. Cela devrait concerner 60 000 mineurs..

Le Plan prévoit aussi de revoir l’orientation "en investissant dans la formation de celles et ceux qui sont en charge de l’orientation, et en remettant l’orientation au cœur de l’école, comme nous avons décidé de le faire, dès la fin du collège, c’est un projet essentiel, il n’est pas accessoire, en permettant à toutes les filières de venir dans l’école". On est là dans la logique de la loi Pénicaud sur la formation professionnelle qui a passé l’orientation aux régions.

Les critiques
Le plan a été reçu avec prudence par des acteurs essentiels. Ainsi ATD Quart Monde s’interroge " sur les moyens humains et financiers qui seront alloués à la lutte contre la pauvreté, sachant qu’une part significative des 8 milliards annoncés correspondent à un simple redéploiement de budget. Derrière les effets d’annonce, il faut rappeler le manque de professionnels formés pour accompagner les plus exclus et la baisse constante des budgets consacrés aux politiques sociales : faiblesse de la revalorisation des minima sociaux, baisse des APL, réduction des budgets des missions locales pour accompagner les jeunes, etc."

Cette critique st aussi portée par le PS. En appui une étude de l’OFCE (Sciences Po) montre que les mesures nouvelles du budget 2018 ont profité aux 2% des ménages les plus riches. Pour les plus pauvres la revalorisation des minima sociaux n’a pas compensé les hausses de la fiscalité indirecte.

La FSU " alerte le gouvernement sur l’insuffisance de son plan pour faire reculer la pauvreté s’il n’est pas porté par d’autres orientations économiques et sociales. Elle souligne le paradoxe qui consiste à afficher une volonté d’éradiquer la pauvreté tout en menant des politiques qui contribuent à creuser les inégalités et à remettre profondément en cause notre modèle social".

La critique la plus sévère revient à Louis Morin, de l’Observatoire des inégalités, qui remarque qu’il y a "2 milliards d’euros par an pour 9 millions de pauvres, 3 milliards par an pour 300 000 assujettis à l’ISF".

Extrait de cafepedagogique.net du 14.09.18 : Plan pauvreté : Les principales mesures éducatives

 

Plan pauvreté : L’analyse de Jean-Paul Delahaye

Auteur d’un rapport sur la grande pauvreté à l’Ecole, Jean-Paul Delahaye, inspecteur général, ancien Dgesco, est particulièrement habilité à juger le plan pauvreté d’Emmanuel Macron.

"Tout ce qui va dans le sens d’une amélioration de la scolarisation des enfants de parents pauvres est bon à prendre", nous a dit JP Delahaye. Il cite les repas à un euro, les crèches, les petits déjeuners. "Tout cela ne devrait pas exonérer l’éducation nationale de revoir son organisation".

Mais "pour les 16 à 18 ans les mesures sont portées depuis longtemps", ajoute-il. "Par exemple V Peillon avait rendu hommage à X Darcos et L Chatel à propos de la lutte contre le décrochage. On peut regretter cette idée que tout viendrait de commencer alors qu’on a réussi à réduire le décrochage en dessous de 100 000 personnes.

"Le plan nous laisse sur notre faim en ce qui concerne l’éducation", poursuit JP Delahaye. "Les dédoublements en CP Ce1 Rep+ ne concernent pas tous les enfants pauvres et se font en utilisant les postes des maitres +.

Je regrette que rien ne soit fait sur les bourses. Aujourd’hui la bourse de collège est à 450 € maximum. Le montant devrait être augmenté. Pour les premiers de cordée des CPGE on dépense en moyenne 900 € rien que pour leurs colles.

Enfin il y a une urgence à travailler la mixité sociale à l’Ecole car les enfants modestes réussissent bien dans des classes hétérogènes." Ce dossier est gelé pour cette année scolaire par l’éducation nationale là où existent un début de politique en ce sens.
Propos recueillis par François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 13.09.18 : Plan pauvreté : L’analyse de Jean-Paul Delahaye

 

Sur le site de Touteduc

Plan pauvreté : les mesures intéressant les acteurs de l’éducation

Le président de la République lance "un combat neuf, indispensable" de lutte contre la pauvreté, "contre ce déterminisme qui dès l’enfance décide des trajectoires de vie". Voici l’essentiel des mesures concernant les acteurs de l’éducation.

Pour Emmanuel Macron, "c’est dès la petite enfance qu’il faut intervenir". Il revient à ce sujet sur le dédoublement des classes de CP et CE1 "dans les écoles des quartiers les plus pauvres", qui est déjà "le cœur même de cette politique de lutte contre la pauvreté", qui "commence à voir ses résultats", et qui sera poursuivie, élargie "par tache d’huile", "dès que nous pourrons au-delà de ces zones d’éducation prioritaire".

Il revient aussi sur l’instruction obligatoire dès 3 ans : actuellement, "comme ce n’est pas obligatoire, on ne met souvent (les enfants) que le matin". Il ajoute : "il faut dès 3 ans les mettre dans l’école maternelle, permettre justement, non seulement cette socialisation, mais l’apprentissage, le suivi, les rudiments du langage, du calcul, et de tout ce qui va avec." Le dossier de presse annonce un soutien aux collectivités dans 60 quartiers prioritaires pour qu’il y ait un.e ATSEM par classe de maternelle.

Le président annonce "une réforme en profondeur des modes de garde" des enfants de 0 à 3 ans. Interrogé par ToutEduc, Olivier Noblecourt, le délégué interministériel "à la prévention et la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes" nous garantit que cela ne signifie pas qu’il y aura un désengagement de l’Etat sur la scolarisation des moins de 3 ans.

Pour le président, "les lieux de garde doivent devenir ces endroits accessibles à tous, quel que soit son revenu ou son adresse". Il souligne qu’ "aujourd’hui, seuls 5 % des enfants des quartiers défavorisés sont gardés en crèche, contre 22 % des enfants de classe aisée". Le dossier de presse précise qu’il y aura "un bonus ’mixité sociale’ dans l’accueil collectif pour 90 000 places et l’instauration du tiers payant du complément mode de garde courant 2019 pour l’accueil individuel". Dans les territoires "fragiles", un autre bonus diminuera "à moins de 10 % le reste à charge" pour la création par les communes de modes d’accueil de la petite enfance (+ 1000 € par place de crèche). 260 crèches "à vocation d’insertion professionnelle" seront créées "d’ici 2020", en plus des 40 existantes.

"La qualité des modes de garde doit être massivement améliorée", estime E. Macron qui annonce que "les 600 000 professionnels de la petite enfance seront encore mieux accompagnés, leur formation sera complétée, parfois revue, en ce sens, dès 2019". Le dossier de presse précise que ce plan de formation sera accompagné de la rédaction d’un "nouveau référentiel" afin "de favoriser le développement de l’enfant et de l’apprentissage du langage avant l’entrée à l’école maternelle".

Le président met en effet l’accent sur les compétences langagières : "un enfant de 4 ans, lorsqu’il naît dans une famille défavorisée, maîtrise déjà deux fois moins de mots qu’un enfant issu d’une famille de classe aisée" ; il donne l’exemple de "certaines crèches" de Grenoble, à Lille ou au Havre "où des programmes axés sur l’apprentissage du langage et de la confiance en soi ont été déployés". Olivier Noblecourt ne cache pas son intérêt pour le programme "Parler bambin" que le président ne cite pas explicitement : "Nous poursuivrons cette logique d’expérimentations innovantes, grâce à un fonds d’innovation sociale de 100 millions d’euros, qui permettra, en plus de la formation généralisée des professionnels de la petite enfance, de la refonte du CAP Petite enfance, et du diplôme d’éducateur de jeunes enfants, de diffuser sur tout le territoire de nouvelles méthodes d’apprentissage dans les lieux de garde."

Mais le président va plus avant, évoquant la mise en place d’ "un nouveau parcours pour les parents dès le quatrième mois de grossesse" et le rôle des PMI qui "seront profondément transformées afin de mieux répondre aux problèmes rencontrés par les familles monoparentales".

Le président veut de plus "permettre à tous les enfants de pouvoir prendre un déjeuner équilibré", "l’accès à la cantine sera rendu plus universel, en développant les repas à un euro pour les personnes les plus pauvres". Le dossier de presse précise que sont concernées "les communes les plus fragiles de moins de 10 000 habitants". Le président ajoute que "des petits déjeuners seront aussi proposés dans les collèges de REP+, afin de s’assurer que tous les élèves démarrent la journée dans de bonnes conditions". Le dossier de presse ne donne pas de précisions à ce sujet.

E. Macron annonce encore qu’il lancera "en novembre prochain une stratégie dédiée à l’enfance maltraitée". Le dossier de presse évoque des "maraudes mixtes Etat/aide sociale à l’enfance" (donc en partenariat avec les départements, ndlr) qui seront mobilisées "pour aller vers les familles avec enfants dans la rue et prévenir la mendicité". On compterait 3 à 4 000 enfants "à la rue".

Une obligation de formation à 18 ans
Le second chapitre des mesures concernant enfance et jeunesse porte sur la mise en place d’ "une obligation de formation jusqu’à 18 ans". Le président annonce qu’ "aucun jeune de moins de 18 ans ne pourra se trouver sans solution et devra être, soit scolarisé, soit en formation, soit en emploi". Interrogé à ce sujet par ToutEduc, O. Noblecourt précise qu’il ne s’agit d’une extension de la scolarité obligatoire, mais d’une obligation pour les pouvoirs publics de repérage et d’accompagnement des jeunes. E. Macron annonce que cette obligation qui "entrera en vigueur à la rentrée 2020, se traduira, d’abord par un repérage massif de ces jeunes" puisque "le suivi par l’Education nationale de ceux qu’on appelle les décrocheurs scolaires, qui se fait aujourd’hui au mieux deux fois par an, se fera désormais en continu".

Les missions locales "convoqueront les jeunes concernés" et auront "une obligation de proposer aux jeunes une solution", ce qui suppose "une transformation profonde de la manière d’organiser l’Education nationale et l’enseignement supérieur". Il faut d’ailleurs "améliorer ce fameux dispositif Parcoursup (...) pour permettre d’identifier ceux qui abandonnent, ceux qui sortent de tout, et les suivre par ce biais". Il faut d’ailleurs améliorer "la formation de celles et ceux qui sont en charge de l’orientation, et en remettant l’orientation au cœur de l’école".

Le président évoque encore une "augmentation des propositions de scolarisation, dans le cadre des écoles de la deuxième chance", "le développement des formations dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences", "des solutions d’apprentissage", la généralisation de la Garantie Jeunes "au bénéfice de 500 000 nouveaux jeunes", et pour laquelle "plus de 350 millions d’euros (seront) investis".

Enfin le président annonce que les départements devront accompagner les jeunes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance jusqu’à leurs 21 ans, "et non pas jusqu’à leurs 18 ans". Le gouvernement "contractualisera financièrement avec les départements pour qu’ils préparent mieux la sortie de ces jeunes et "50 millions d’euros seront mobilisés à cette fin".

Agnès Buzyn prévient, il s’agit "d’une stratégie et non d’un nouveau plan", et celle-ci s’appuie sur divers instruments, la COG avec la CNAF (2018 - 2022), des financements inscrits au budget (1,3 Md€ au PLF 2019 auxquels s’ajouteront les sommes prévues au PLFSS), et une loi, rédigée en 2019 et votée en 2020 qui portera notamment sur la formation jusqu’à 18 ans, l’évolution des PMI, la réforme de l’aide sociale à l’enfance... avant un premier bilan de la contractualisation avec les départements. O. Noblecourt insiste, cette contractualisation tranche avec la pratique actuelle de délégation aux collectivités. La ventilation des sommes indiquées sur le dossier de presse, 1,5 Md€ pour la petite enfance et 439 M€ pour l’obligation de formation à 18 ans n’est pas précisée, non plus que le calendrier de la montée en charge.

Extrait de touteduc.fr du 13.09.18 : Plan pauvreté : les mesures interessant les acteurs de l’éducation

 

A gauche comme à droite, la classe politique juge « insuffisantes » les mesures du « plan pauvreté »

Emmanuel Macron a dévoilé son plan pour lutter contre la pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans.

Extrait de lemonde.fr du 12.09.18 : A gauche comme à droite, la classe politique juge « insuffisantes » les mesures du « plan pauvreté »

 

Un petit déjeuner gratuit en ZEP : une mesure qui irait de soi ?
Ce serait sans doute prolonger d’une certaine façon ce qui a commencé historiquement avec Mendès-France en 1954. Alors chef du gouvernement, Mendès-France décrète la distribution d’un verre de lait et d’un morceau de sucre à l’heure de la récréation dans toutes les écoles avec pour objectif de lutter contre la dénutrition et la consommation d’alcool par les enfants (qui n’était pas alors prohibée, loin s’en faut…)

Mais, au fil du temps, cette distribution de lait s’est accompagnée dans nombre d’établissements, d’une consommation de boissons et d’aliments : sodas, biscuits, gâteaux, céréales, viennoiseries (riches en sucres et en graisses). L’ennemi »soda » a remplacé l’ennemi »alcool » …

[...] on peut toujours douter de la mise en place effective et suffisamment fréquente de ce type de dispositif. La proposition de servir un petit déjeuner gratuit à tous les élèves de REP et REP+ rompt avec une difficulté le choix des élèves concernés, et le risque de stigmatisation). Mais pour entrer dans une autre difficulté : tous les élèves d’origines très défavorisées ne se retrouvent pas en ZEP, loin s’en faut.

Il est aussi remarquable que cette proposition n’apparaît pas dans l’excellent rapport rédigé par l’IGEN Jean-Paul Delahaye : « Grande pauvreté et réussite scolaire » (publié en mai 2015), la proposition-phare à cet égard étant la préconisation N° 5 : « Faire en sorte que la restauration scolaire devienne en droit sans aucune condition restrictive ». Quelques témoignages, parfois poignants, d’enfants en grande difficulté dans l’ensemble de ce domaine sont retranscrits dans ce rapport.

On terminera par les résultats de l’étude sur l’indice de masse corporelle des enfants de grande section de maternelle faite en 2012 par l’Agence régionale de Santé de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur : « dans les territoires de grande détresse sociale, la fréquence d’enfants en situation de surcharge pondérale est plus élevée que la moyenne régionale« , mais il existe aussi « un phénomène de sous-poids, et ce phénomène n’est pas négligeable avec 5,7% des enfants de grande section de maternelle concernés.
Les circonscriptions où l’insuffisance pondérale est importante se situent en zone de montagne, dans certaines zones rurales mais aussi sur certaines zones urbaines très localisées« . Au total, cela se situe souvent hors zone REP ou REP+ et excède également la question du petit déjeuner.

Extrait de educpros.frclaudelelievre du : Un petit déjeuner gratuit en ZEP : une mesure qui irait de soi ?

 

Extrait de lemonde.fr du 13.09.18 : https://abonnes.lemonde.fr/politiqu...

 

Plan pauvreté : réactions syndicales et associatives

[...] Classée en Réseau Education prioritaire, l’école Briançon devrait pouvoir distribuer des petits déjeuners gratuits. Une bonne mesure selon la FCPE, à condition de n’oublier aucun enfant. Il faudra aussi veiller à ce que certains enfants ne petit-déjeunent pas deux fois. Dans une circulaire de 2004, le ministère de l’éducation nationale indiquait que la collation matinale instaurée sous Mendès France ne devait être ni systématique, ni obligatoire

Extrait de lepoint.fr (AFP) du 13.09.18 : Plan pauvreté : réactions syndicales et associatives

 

Extrait de franceinter.fr du 10.09.18 10.09.18 Le petit-déjeuner gratuit dans les écoles des zones défavorisées

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