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La conférence de presse de rentrée du ministre : revue de presse

30 août 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Blanquer : Le ministre social d’Emmanuel Macron...
"En matière de justice sociale on ne peut pas faire plus important que les dédoublements". Présentant les mesures de rentrée, JM Blanquer a fait du social le fil conducteur de son intervention cet argument passant dorénavant avant celui du "pragmatisme". Moins surprenant, parce qu’il avait agi de même entre 2010 et 2012, le ministre a vivement défendu la multiplication des évaluations les présentant comme des modèles scientifiques enviés du monde entier et déclarant vouloir en finir avec "le venin de l’angoisse des évaluations". L’année scolaire verra aussi de nouveaux programmes en maternelle avec des repères annuels et tout un enseignement de la langue. Là aussi ça rappelle la période d’avant 2012...

Deux fois plus de classes dédoublées
JM Blanquer est -il devenu la caution de gauche du gouvernement d’E. Macron ? Ancien directeur de cabinet de G de Robien, ancien Dgesco de L Chatel, ce positionnement pourrait surprendre. Mais le ministre de l’éducation nationale a eu à coeur de développer la fibre sociale de sa politique lors de sa conférence de presse de rentrée le 29 août. Il veut "donner davantage à ceux qui ont moins".

Evidemment ce qui est mis d’abord en avant ce sont les classes dédoublées en éducation prioritaire. A cette rentrée le ministère dédouble 3200 classes de CP en Rep et 1500 de CE1 en Rep+, soit le double de 2017. Au total 190 000 élèves sont dans des classes dédoublées ce qui est trois fois plus qu’en 2017. L’impact de ces dédoublements est annoncé pour la fin 2018 en ce qui concerne les Cp de Rep+.

Mais pour JM Blanquer c’est "une mesure concrète de justice sociale" et même "on ne peut pas faire plus important". Et il est vrai qu’abaisser le nombre d’élèves par classe en éducation prioritaire devrait avoir un effet positif. Par contre on suit plus difficilement JM Blanquer quand il explique qu’il "n’a pas deshabillé Pierre pour habiller Paul" et qu’avec les 3800 postes créés il avait largement de quoi répondre garnir les classes. Mais si la mesure a un effet, elle ne concerne qu’une partie minoritaire des jeunes défavorisés (la majorité n’est pas scolarisé en Rep et Rep+). On peut aussi s’interroger sur les effets durables compte tenu de la situation difficile dans les autres niveaux en éducation prioritaire.

Ce fil social, JM Blanquer va le tisser tout au long de son exposé. Les devoirs faits, qui ne commenceront à apparaitre au primaire qu’en Rep+ cette année, c’est aussi de la justice sociale, même s’ils sont proposés à tous les élèves. Le Plan mercredi a "un caractère social prononcé". Et tout ce que le ministre fait pour "moderniser " la pédagogie "porte la justice sociale". Le ministre prend même le temps de préciser que les fonds sociaux sont en hausse à hauteur de 55 millions. Il les avait divisé par deux quand il était Dgesco...

Des évaluations bien encadrantes
L’autre grand sujet de son intervention ce sont les évaluations. A cette rentrée sont impulsées des évaluations nationales pour tous les élèves en Cp (deux dans l’année), Ce1, 6ème et 2de. "On déploie ces évaluations pour que les professeurs aient des outils pour mieux connaitre les élèves", explique JM Blanquer qui est très fier de ce travail réalisé avec "les meilleurs spécialistes", formule qui désigne son conseil scientifique. Le ministre annonce "une montée en puissance des évaluations" dans les années à venir avec notamment des évaluations d’établissements.

Pour cette rentrée, l’entourage ministériel annonce des évaluations de grande qualité, construites par le Depp, la Dgesco et le Conseil scientifique. Pour le moment personne en dehors du ministère, ne les a vues. Mais on promet qu’elles viseront seulement la réussite des élèves en fournissant aux enseignants des indications sur les difficultés de chacun de leurs élèves. Le traitement des résultats enverra sur des ressources pédagogiques mises en ligne par la Dgesco. On nous a promis que les inspecteurs auraient seulement un tableau de leur circonscription et non une vision précise des classes et des écoles comme le traitement numérique le permet. Rien de comparable aux évaluations de type nord américain nous dit-on également. Mais quand même... La passation sera préparée avec soin, les enseignants ayant accès à des vidéos pour voir comment faire passer ces évaluations. Et dès septembre 1400 inspecteurs seront formés pour encadrer les enseignants pour l’apprentissage aux fondamentaux, objets de ces évaluations.

On aurait volontiers cru l’entourage du ministre. Mais dans L’Obs du 30 aout, le ministre lui même explique comment les évaluations seront utilisées pour évaluer le mérite des enseignants d’un établissement et piloter leur paye.... Et le premier ministre lui-même dans son annonce de début août évoque "une véritable culture de l’évaluation, transparente et publique, doit se déployer au service de la réussite des élèves et de la qualité de la vie scolaire", où le mot transparence semble bien appeler à une publication des résultats et une mise en concurrence des écoles et établissements. La place qu’aura le système d’évaluation de JM Blanquer prête donc à des interprétations différentes ce qui ne pousse pas à la confiance...

De nouveaux programmes en maternelle
Cela concernera aussi l’école maternelle qui va devenir un nouveau chantier ministériel. Les programmes de maternelle seront revus, annonce le ministère, pour les "clarifier". "Des repères annuels de progression offriront aux enseignants des repères clairs pour organiser leurs enseignements", précise la rue de Grenelle.

Le ministère veut avancer dans deux directions : l’école maternelle école du langage et le rapprochement entre Atsems et enseignants. Des recommandations nationales seront distribuées en maternelle en novembre avec un fascicule "Les mots de la maternelle". Il s’agit d efaire l’apprentissage d’un vocabulaire précis et des structures de la langue. Les inspecteurs se serviront des évaluations de CP pour donner des indications à leurs enseignants. On retrouve là une idée que JM Blanquer a déjà mise en oeuvre avant 2012.

Un plan de formation commun des professeurs et des atsems aura lieu au 1er semestre 2019. On est dans la logique des Assises tenues en 2018 qui visent à rapprocher les métiers de professeur et d’atsem. Ainsi au JO du 30 aout parait la réforme du CAP petite enfance qui développe la compétence "Assurer une assistance pédagogique au personnel enseignant". Il semble que dans l’esprit du ministre les deux métiers doivent évoluer : celui d’enseignants vers un enseignement de type école élémentaire en maternelle, les atsems prenant en compte la dimension affective et le développement sensoriel des enfants.

Consultation sur les programmes du lycée
Au lycée, les nouveaux programmes sont prévus pour novembre. Le ministère annonce une consultation des professeurs et une concertation avec les partenaires sociaux. "On prendra un temps de dialogue avec les régions pour construire le service d’orientation", a dit JM Blanquer, répondant ainsi à la demande des régions émise le 28 août.

Et les profs ?
"Je serai attentif à la condition des professeurs" promet JM Blanquer. A la rentrée la prime de 1000€ sera versée aux professeurs des Rep+. Surtout il y aura une réforme de la formation des enseignants. Le budget 2019 ne devrait pas permettre d’aller plus loin et notamment de dégeler le point fonction publique. L’application des mesures PPCR reste à confirmer. Le social a ses limites...
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 30.08.18 : Blanquer : Le ministre social d’Emmanuel Macron...

 

Les annonces de Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer, qui tenait ce 29 août la traditionnelle conférence de presse de rentrée, a fait relativement peu d’annonces nouvelles. Le ministre de l’Education nationale a indiqué que le projet de loi qui serait présenté au début de l’année civile prochaine pour rendre obligatoire l’instruction dès 3 ans, sera aussi l’occasion de réformer la formation initiale des enseignants en prévoyant leur pré-recrutement et leur accompagnement après titularisation ; le ministre a également évoqué, sans précisions, leur formation dans les ESPE, dont le principe ne serait pas remis en cause, mais il n’a rien dit de la place du concours.

Il a de même annoncé "des évolutions" sur les rythmes scolaires, qu’il s’agisse de la journée, de la semaine ou de l’année, avec le souci d’avoir "une vision complète des temps de l’enfant" et de "rapprocher du périscolaire des personnels qui s’en étaient détachés" du fait de la précédente réforme. Quant au dispositif "devoirs faits", il doit "atteindre sa maturité", et "son extension vers le primaire" se fera progressivement dans ce cadre.

En ce qui concerne les dédoublements, ils concernent cette année 100 % des CP en éducation prioritaire et 75 % des CE1 en REP+. Quelque 4 700 classes et 190 000 élèves sont concernés, 300 000 l’an prochain. Le ministre évoque à ce sujet sa "complicité totale avec les maires" pour la mise en oeuvre de cette mesure dont "ils connaissent les effets bénéfiques" et qui a "des effets sur le bâti scolaire". Il "interviendra d’ailleurs cette année" sur les toilettes et les cantines.

De même, si le bilan de l’éducation prioritaire prioritaire est positif, il a généré des effets de stigmatisation et la réforme qu’il envisage "ira dans un sens qui fait envie", notamment aux enseignants qui pourraient "y arriver en équipes". Il affirme également à ce sujet l’importance de la mixité sociale et donc des classes bilangues et du latin et du grec pour renforcer l’attractivité des collèges en REP.

Le ministre est revenu plusieurs fois sur la question des évaluations, deux au CP, une au CE1, conçues par le conseil scientifique, la DEPP et la DGESCO "en tenant compte des critiques" émises à l’occasion du test de l’an dernier. Il insiste, ces évaluations ne doivent pas inquiéter, elles sont faites pour "soutenir", "aider" les enseignants et les élèves. Il confirme d’autre par la création d’une instance d’évaluation du système éducatif.

Il publiera "dans les prochains jours" une circulaire sur l’éducation sexuelle ainsi que "le plan internat", tandis que les fonds sociaux seront abondés à hauteur de 55 M€ l’an prochain. Le ministre annonce encore la création d’une "nouvelle génération de campus de métiers" avec pour objectif de faire émerger "au moins trois campus par région à l’horizon 2022". Un appel à projet doté de 50 M€ sera lancé cet automne dans le cadre du PIA (programme d’investissement d’avenir).

Le ministre de l’Education nationale a défendu les réformes engagées, leur nécessité au vu des résultats des évaluations en 6ème, sa méthode, "cohérence, constance et pragmatisme" et son ambition, "rassembler les Français autour de leur école".

Extrait de touteduc.fr du 29.08.18 : Les annonces de Jean-Michel Blanquer

 

Programmes, portables, classes dédoublées…, les nouveautés de la rentrée 2018

Les élèves font leur rentrée le 3 septembre. Voici ce qui changera pour eux cette année.

[...] 200 000 enfants dans des « classes à douze »

Mesure phare de ce gouvernement en matière d’éducation, les « CP à douze » seront complétés de « CE1 à douze ». Cette montée en puissance des dédoublements promis par le candidat Macron doit toucher 200 000 élèves cette année, 300 000 en 2019-2020.

Si la cible est l’éducation prioritaire, la répartition est complexe : aux 2 200 classes de cours préparatoire (CP) d’ores et déjà dédoublées dans les réseaux d’éducation les plus prioritaires (REP +) doivent s’ajouter, en septembre, 3 200 classes de CP dans les réseaux REP (non renforcés) ainsi que de « 60 % à 70 % des CE1 en REP + et une soixantaine en REP », précisait-on au ministère de l’éducation, avant les congés d’été.

La mesure est plébiscitée par les enseignants concernés, même s’ils dénoncent dans le même temps son impact sur les effectifs dans les autres classes (en CM1 et en CM2 notamment), y compris en zone d’éducation prioritaire (ZEP), ainsi que dans bon nombre d’écoles rurales — ce que le ministère de l’éducation dément.

Des syndicats redoutent également un manque de locaux : il faut en effet deux salles là où il n’en fallait qu’une jusqu’alors. « Seules 10 à 15 % des classes vont rencontrer un problème logistique à la rentrée », a rassuré le ministre, pour qui il s’agit de la « plus importante mesure de justice sociale ».

Extrait de lemonde.fr du 29.08.18 : Programmes, portables, classes dédoublées, les nouveautés dela rentrée

 

Blanquer aborde la rentrée l’esprit serein

[...] Autre élément de satisfaction, le dédoublement de 4700 classes de CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire, contre 2.200 l’an dernier. « Voilà la mesure de justice sociale la plus importante que je connaisse ! », a lancé le ministre. Au total 190.000 élèves vont être concernés cette année, 300.000 l’an prochain, affirme-t-il. Blanquer se félicite de la systématisation de l’évaluation, dès cette rentrée, pour les élèves de CP, CE1 et 6e. Des évaluations concoctées « par les meilleurs cerveaux », notamment par les membres d’un conseil scientifique présidé par le neuroscientifique Stanislas Dehaene, qui permettront aux professeurs d’identifier les difficultés des élèves dès la rentrée et à auxquelles, là encore, les « médias étrangers s’intéressent beaucoup ». Elles participent ainsi « au rayonnement du système scolaire français ». C’est « un de mes devoirs d’enlever le venin d’une angoisse qui n’a pas lieu d’être à leur sujet », poursuit Blanquer, qui devance ainsi les critiques. Car ces tests, déjà mis en place par d’autres ministres, suscitent systématiquement la méfiance d’une partie des professeurs et des parents d’élèves dénonçant une école trop « normative ».

Extrait de lefigaro.fr du 29.08.18 : Blanquer aborde la rentrée l’esprit serein

 

Education : Blanquer veut développer le recrutement ciblé des professeurs

Le ministre de l’Education veut développer le recrutement ciblé des professeurs afin de « dynamiser » leur carrière et donner « un peu d’air au système », a-t-il annoncé dans un entretien à l’hebdomadaire l’Obs publié jeudi.

« Dès cette année, nous renforcerons la dimension humaine » du recrutement des professeurs, a expliqué Jean-Michel Blanquer. « Les écoles, les collèges et les lycées pourront demander la création de postes à profil échappant à l’affectation aveugle de la machine. »

A l’heure actuelle, les mutations et affectations des professeurs sont régies de manière informatique selon un système de points et d’ancienneté.

« Ce que nous voulons, c’est donner un peu d’air au système, permettre aux enseignants qui le souhaitent de suivre des parcours plus singuliers. Et qu’on ne caricature plus l’Education nationale en pachyderme préhistorique », a ajouté le ministre, à quelques jours de la rentrée scolaire lundi.

Pour mettre en place ce nouveau mécanisme qui pourrait concerner jusqu’à « 10% » des recrutements, le gouvernement entend développer des systèmes de ressources humaines « de proximité », déployés au sein même des établissements.

M. Blanquer a par ailleurs réaffirmé qu’une part de la prime annuelle accordée dès la rentrée aux enseignants des écoles et collèges des réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+), promesse de campagne d’Emmanuel Macron, serait conditionnée aux bons résultats des équipes pédagogiques.

« Cela implique de contractualiser avec l’établissement sur des objectifs, et de pouvoir s’assurer que lesdits objectifs sont bien atteints. L’instance d’évaluation indépendante qui sera mise en place en 2019 contribuera à cette logique », a affirmé le ministre.

Les personnels de l’Education nationale exerçant dans des quartiers très défavorisés (REP+) doivent toucher une première prime annuelle de 1.000 euros dès la rentrée, avant une montée en charge progressive qui pourra aller jusqu’à 3.000 euros par an.

Cette prime, qui a pour objectif d’accroître l’attractivité des postes, doit s’ajouter à celle de 2.315 euros annuels instaurée par le gouvernement précédent pour les enseignants de REP+.
AFP

Extrait de liberation.fr du 30.08.18 : Blanquer veut développer le recrutement ciblé des professeurs

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