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Carte scolaire de la rentrée 2018 : priorité au primaire et au dédoublement des classes en éducation prioritaire mais des inquiétudes syndicales

22 décembre 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Carte scolaire : Les professeurs face à la pénurie

Faites vous mal : comparez la carte scolaire 2017 et celle de 2018. En une année le paysage a totalement changé. Aux 8600 ouvertures de postes succèdent 3700 quasi exclusivement dans le premier degré.

Sept académies ne voient aucune création de postes dans le premier degré en 2018 : Rennes, Caen, Poitiers, Limoges, Clermont, Besançon et Dijon. En 2017 elles avaient accueilli 207 nouveaux postes.

Versailles bénéficie de 609 nouveaux postes, Créteil de 682, Paris de 107. Lille recevra 312 postes, Amiens 103, Aix Marseille 261, Bordeaux et Montpellier 121, Toulouse 89, Nice 59, Rouen 63 et Reims 20. Outre Mer, Mayotte, la Guyane et La Réunion reçoivent chacune plus de 180 postes quant la Guadeloupe et La Martinique sont en gros stables.

Ces créations de postes se situent dans un moment où la population scolaire devrait légèrement diminuer. Mais elles sont liées à la volonté ministérielle de dédoubler les CP de Rep et les CE1 de Rep+. ET là on n’y est plus du tout...

Certaines académies sont bien traitées. La Corse reçoit 44 postes pour créer 52 classes dédoublées. Lyon aura 271 postes pour 323 classes, la Guyane, proche du ministre, 189 pour 215, Versailles 609 pour 700.

Mais certaines académies sont maltraitées. Lille a 312 postes pour ouvrir 640 classes dédoublées. Amiens 103 pour 221, Nancy 36 pour 142, Nantes 34 pour 137, Orléans 26 pour 149, Reims 20 pour 121, Rouen 63 pour 185 et Caen 0 pour 47 classes. Créteil a 682 postes mais doit ouvrir 919 classes.

Relevons tout de suite un point commun : ces académies sont celles qui avaient reçues le plus fort nombre de postes sur critère social en 2017. Ce sont souvent les académies où on compte un fort pourcentage d’élèves en éducation prioritaire  : 18% à Amiens, 27% à Créteil, 22% à Lille etc.

Visiblement les priorités ministérielles, qui avaient conduit le gouvernement précédent à cibler 2600 postes sur critères sociaux, sont oubliées. Dans les académies populaires, les ouvertures de CP et CE1 se feront en piochant des moyens dans les autres niveaux ou en s’attaquant aux maitres+ ou aux Rased.

Autre point à suivre :Caen et Rouen. Ces deux académies sont confiées à un seul recteur et le ministre a déclaré en faire une grande académie expérimentale, préfigurant la réorganisation territoriale à venir. Or Caen ne gagne aucun poste pour ouvrir 47 classes et Rouen en gagne 63 pour ouvrir 185 classes.

Le Snuipp relève que "bien que l’ensemble des créations de postes sera affecté à ce dédoublement, cela sera insuffisant car il en faudrait, près de 6 400. Des centaines de postes de plus de maîtres, de Rased, de remplaçants, de classe ordinaire… risquent d’être ainsi supprimés. Si l’abaissement des effectifs en éducation prioritaire est encore plus légitime qu’ailleurs, le seul effort fait en direction des CP et CE1 sans les créations de moyens nécessaires va se réaliser au détriment de la réussite de tous les élèves et ne permet pas de remédier efficacement à la difficulté scolaire, de travailler autrement dans les classes, de scolariser des 2 ans…"

Stéphane Crochet, secrétaire général du Se Unsa, interrogé par le Café pédagogique, estime lui aussi que "la dotation supplémentaire ne permettra pas de couvrir les dédoublements". S’il estime que la nouvelle carte "préserve relativement le premier degré dans une période de chute des effectifs (30 000 élèves en moins)", c’est que la situation est bien pire dans le second degré.

Le second degré voit la création d’une centaine de postes (contre 4400 en 2017). Neuf académies métropolitaines et 2 d’Outre Mer gagnent quelques postes. Versailles en reçoit 206, Créteil 122, Bordeaux 114, Lyon 94, la Guyane 62, Mayotte 140 par exemple.
Toutes les autres perdent des postes ou sont stables. Lille perd 136 postes, Amiens 91, Rouen 77 et Caen 87, Nancy 100, Reims 62, Dijon 71 par exemple.

Là aussi les académies les plus gravement ponctionnées sont celles où la situation sociale est la plus dégradée et le taux d’élèves ne Rep le plus fort. Les cas de Lille, Amiens, Reims par exemple sont significatifs.

Extrait de cafepedagogique.net du 21.12.17 : Carte scolaire : Les professeurs face à la pénurie

 

[...] Même dans le premier degré, les conditions de la future rentrée ne convainquent pas. L’équation posée par le gouvernement pourrait pourtant sembler favorable : avec plus de 3 500 créations de postes à l’école, en dépit de prévisions d’effectifs à la baisse (– 33 000 élèves attendus), M. Blanquer aurait les moyens, dans l’éducation prioritaire, de dédoubler davantage de CP et une partie des CE1.

Sceptique, le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire dans le primaire, a sorti sa calculatrice. « Mathématiquement, ces créations de postes ne suffisent même pas, assure Francette Popineau, sa secrétaire générale, en chiffrant les besoins rien que pour les dédoublements à 6 400 postes. On fait comme si 12 élèves par classe, c’était l’alpha et l’oméga de la politique éducative, mais la mesure risque de se concrétiser au détriment des besoins en remplacement, en enseignants spécialisés… Bref, de tout ce qui contribue à la réussite de tous les élèves. » Autrement dit, au-delà des « ZEP ».

Extrait de lemonde.fr du 21.12.17 : La priorité au primaire s’affiche dans les postes pour la rentrée 2018

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