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Des classes préparatoires et des Grandes écoles toujours aussi fermées (Observatoire des inégalités)

20 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Des classes préparatoires et des grandes écoles toujours aussi fermées

Deux tiers d’enfants de cadres supérieurs à Polytechnique contre 1 % d’ouvriers. La part des enfants issus de milieux populaires est bien mince dans les classes préparatoires et dans les grandes écoles de l’enseignement supérieur qui, pourtant, disposent de moyens énormes.

Cinquante fois plus d’enfants de cadres que d’enfants d’ouvriers à Polytechnique. Vingt fois plus dans les Écoles normales supérieures. La composition sociale des filières les plus sélectives de l’enseignement supérieur, et les mieux dotées en moyens, reste très homogène : les enfants de cadres représentent au moins la moitié des élèves alors qu’ils constituent à peine un quart de l’ensemble des jeunes. Dès les classes préparatoires aux grandes écoles, les catégories les moins favorisées sont quasiment absentes : on y compte 6,4 % d’enfants d’ouvriers, 10,1 % d’employés, contre près de 50 % d’enfants de cadres. Tout naturellement, ce déséquilibre se retrouve ensuite, et il est même amplifié quand on s’élève dans l’élite scolaire. L’ENA accueille 4,4 % de fils d’ouvriers et d’employés alors que 68,8 % de ses élèves sont issus de familles de cadres supérieurs, de professions libérales et d’enseignants. Les écoles d’ingénieurs sont, en moyenne, légèrement moins élitistes (46,5 % de cadres supérieurs) parce qu’elles comprennent certaines écoles ultra-sélectives et d’autres qui le sont moins.
L’élitisme social des filières dites « d’excellence » ne date pas d’hier. Il y a presque vingt ans, les enfants de cadres supérieurs et de professions intellectuelles représentaient plus de la moitié des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles. Comme c’est encore le cas aujourd’hui, ils étaient huit fois plus nombreux que les enfants d’ouvriers et cinq fois plus que ceux d’employés. La part de ces deux dernières catégories, les plus populaires, qui représentent 38 % des jeunes âgés entre 18 et 23 ans, n’a pas changé depuis la fin des années 1990. On retrouve la même situation à l’ENA. Les enfants de cadres supérieurs sont surreprésentés par rapport à ceux d’ouvriers et d’employés. Les premiers sont, en moyenne, douze fois plus présents que les seconds, alors que, dans la population active, ce rapport est inversé.
Pour répondre à cet élitisme social, certaines grandes écoles ont ouvert des filières spéciales (souvent dites « égalité des chances ») qui devaient permettre d’intégrer quelques élèves issus d’établissements moins favorisés. Elles n’ont eu aucun impact au niveau global et servent surtout d’outil de communication. [...]

Extrait de inegalites.fr du 12.04.17 : Des classes préparatoires et des grandes écoles toujours aussi fermées

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