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Journée nationale OZP 2014. Le compte rendu du GFEN

25 juin 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée Nationale de l’OZP

"Réussir la refondation de l’éducation prioritaire"
17 mai 2014 - Paris

Marc Douaire, président, rappelle les trois points mis en travail à l’OZP depuis la journée nationale de l’année dernière : une nécessaire centration sur la pédagogie, un travail de réseau dans la ville et une réflexion approfondie sur les nouvelles professionnalités enseignantes. L’heure est venue pour l’action. Au passage, il rend un hommage à Jean-Paul Delahaye et à son engagement pour l’Ecole. La salle est pleine, beaucoup d’acteurs du second degré par rapport au premier degré, beaucoup de coordonnateurs de RRS ou de REP+, quelques cadres, directeurs d’écoles, retraités...

A quelles conditions, cette fois-ci, réussir cette refondation ? C’est la question posée par Elisabeth Laporte, DASEN du Val de Marne, aux trois experts réunis autour de la table. Est-il nécessaire de rappeler la réussite visée : améliorer les résultats scolaires et réduire les écarts.

Marc Bablet, chargé de l’éducation prioritaire à la DGESCO, commence par préciser qu’au fil de la relance des ZEP, 1990, 1998, 2006, l’éducation prioritaire a toujours été à la pointe de la réflexion sur l’Ecole. Cette fois-ci, c’est un impératif sociétal de réduire les inégalités scolaires, "on n’a pas le droit de ne pas réussir". Il rappelle que cette refondation de l’EP s’inscrit dans la refondation de l’Ecole, la priorité au primaire, la concertation de tous les acteurs et la construction partagée.

Le cadre est posé, le défi est lancé !
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Patrick Picard, directeur du centre Alain Savary, est à l’articulation de la recherche et de la formation et il affirme les idées essentielles selon lui pour réussir : la nécessité de travailler en "inter-métiers" (la composition de la salle le montre) et d’outiller tous les acteurs. Qu’est-ce qu’on comprend des difficultés à apprendre, à enseigner, à former et à piloter en EP ? Quels liens fait-on entre tout cela ? La condition indispensable pour faire "réussir les enfants de pauvres", c’est déjà redonner confiance aux personnels. Il faut les accompagner, "arrêter de dire que les enseignants ne savent pas enseigner car ils ont plus besoin d’aides que de primes". L’articulation se doit d’exister à tous les niveaux, y compris à l’intérieur même de la DGESCO, où beaucoup d’objets sont travaillés, le "plus de maîtres" , le langage en maternelle, la compréhension, la lecture, etc.., pour ne pas dissocier l’EP de tout le reste. Le plus important reste malgré tout la formation des formateurs. Il faudra réfléchir à des ingénieries de formation pour donner aux équipes de circonscriptions des outils pour accompagner.

La question du temps pour travailler ensemble est abordée par Patrick Gonthier, IEN dans le Val de Marne, du temps à tous les échelons, du temps emboîté entre l’académique, le départemental et le local, du temps commun entre le 1er et le 2nd degrés. La DGESCO l’a compris qui propose que la concertation et le travail en équipe fassent partie du travail ordinaire des enseignants, pour se former et réfléchir ensemble. Les profs des écoles auront 6 journées pour de la concertation et 3 journées pour de la formation dans les 102 REP+ préfigurateurs, les professeurs des collèges 1heure et demi par semaine, inscrites à leur emploi du temps. Des brigades de ZIL sont prévues par les inspections académiques pour assurer les remplacements dans les écoles.

Les intervenants balaient encore quelques sujets qui peuvent faire controverse et qu’il est donc intéressant d’interroger, celle de la motivation des enseignants par exemple, sur laquelle l’animatrice de la table ronde interroge les intervenants. Marc Bablet signifie qu’il n’emploie jamais ce mot mais qu’il préfère parler de "mobilisation". Cette mobilisation existe, il y a une réelle "volonté partagée de faire réussir les enseignants". La question est de comment les aider à réussir ce qu’ils entreprennent. "La motivation se trouve dans la satisfaction du travail bien fait". Patrick Picard renchérit : "Puisqu’on parle de bienveillance à l’école, c’est valable aussi pour les enseignants ! Mais sommes-nous tous convaincus que les élèves peuvent apprendre et que les enseignants peuvent enseigner ? Et que peut-on faire ensemble, chacun à notre place ?".

Il existe un outil de travail extrêmement intéressant pour plusieurs raisons qui ont été détaillées à la fois par Marc Bablet, Patrick Picard et Jean Yves Rochex en plénière et dans l’atelier dédié. C’est le "référentiel pour l’éducation prioritaire" avec six priorités, que l’on trouve sur le site Eduscol.

Ce référentiel n’est pas une liste de "bonnes pratiques", ni des injonctions à suivre mais c’est bien plutôt des perspectives de travail reconnues par tous comme prioritaires à l’issue des assises, au regard des recherches et des rapports. Ce sont des "repères", le référentiel n’est pas figé, il sera évolutif, enrichi par les acteurs de terrain, dit Marc Bablet. Pour Patrick Picard, c’est pour la première fois un outil systémique, un outil de travail qui va aider les équipes à réfléchir et à s’organiser.

Jean-Yves Rochex, quant à lui, y voit un outil précieux qui désigne des orientations, des buts précis vers lesquels tendre. Il se situe dans une dialectique ascendante et descendante, où chaque niveau n’est pas en opposition avec l’autre mais se nourrit de l’autre. Il est tout de même assujetti aux impératifs budgétaires...

Sur le site du MEN, il y aura un site dédié complètement refondé lui aussi, précise Marc Bablet, qui contiendra des fiches-repères déclinées pour chaque item du référentiel, détaillant la justification de l’item dans le référentiel et une bibliographie. Aux acteurs de terrain ensuite "d’écrire" la fiche, exemplifiée par des actions. Une validation sera nécessaire par les comités de pilotage académique et le comité de rédaction du site. Rien à voir donc avec le site "Expérithèque" et l’innovation-expérimentation. On sera "dans la vraie vie", dans des situations réelles de travail !

Deux autres ateliers ont eu lieu : sur "le pilotage au niveau académique et national pour renforcer le pilotage du réseau" et sur "le temps pour le travail en équipe et l’évolution du métier" dans lesquels les participants ont pu échanger leurs expériences.

Le mot de la fin revient à Marc Douaire. L’OZP demande qu’il y ait des assises nationales sur l’EP, symbole fort donnant de la visibilité à l’éducation prioritaire mais aussi espace de rencontres des acteurs. Il souhaite travailler sur les perspectives professionnelles des métiers intermédiaires en EP (le coordonnateur de niveau au collège, le coordonnateur de réseau, qui sont entre l’enseignement et le pilotage et qui n’ont actuellement pas de reconnaissance institutionnelle).

Le chantier de l’éducation prioritaire est plus que jamais ouvert !
Extrait de gfen.asso.fr : Journée nationale OZP 2014

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