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Le niveau scolaire dans les zones défavorisées : "une bombe à retardement" (J.-P. Delahaye, DGESCO). Un dossier de France-Culture avec plusieurs interviews (enregistrement)

6 juillet 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

Ce constat n’est pas fait par des représentants des parents d’élèves ou des syndicats d’enseignants, mais par le directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Paul Delahaye. Sur un ton très franc, celui qui est chargé, au sein de l’éducation nationale, d’élaborer la politique éducative et pédagogique ainsi que les programmes d’enseignement, n’hésite pas à parler de "bombe à retardement".

Non pas sur le niveau général des élèves, car il y a toujours de très bons élèves, en revanche les élèves en difficulté sont de plus en plus nombreux, notamment dans les zones socio économiquement défavorisées. Jean-Paul Delahaye confirme : "en éducation prioritaire, la baisse est beaucoup plus importante qu’ailleurs, c’est pour cela que l’on dit que les écarts sont en train de se creuser".

[...] Mais effectivement, le niveau moyen est en baisse chez les élèves qui arrivent en fin de scolarité obligatoire. Un "signe inquiétant" qu’il faut prendre le temps d’analyser, et de regarder, notamment en prenant en compte l’origine sociale des élèves. Mais "il n’ y aucune fatalité à ce que les élèves issus de milieux populaires réussissent moins bien que les autres" explique Jean-Paul Delahaye, pour qui l’enseignement en France connaît encore des lacunes, au niveau pédagogiques, et a donc une marge de manœuvre encore importante pour améliorer la situation :

[...] "La qualité d’un maître a finalement un impact plus fort sur la scolarité d’un élève, que son origine sociale" dit le directeur général de l’enseignement scolaire. La question est de savoir comment faire en sorte que les enfants les plus socialement défavorisés, souvent scolarisés dans des établissements difficiles situés en zones d’éducation prioritaire, profitent des cours de professeurs expérimentés, et motivés. Car la double peine réside dans l’important taux de roulement des enseignants dans ces établissements. Les professeurs n’ont clairement pas envie d’y rester. Ce que reconnaît Jean-Paul Delahaye

[...] Le constat est partagé par les enseignants. Il reconnaissent que les zones d’éducation prioritaires sont peu enviées par les enseignants, car les conditions de travail n’y sont pas assez sereines, face à des classes de "25 ou 30".
"Des élèves très attachants mais qui demandent énormément d’énergie" témoigne Catherine Pugin, professeur de mathématiques à Orléans et qui a commencé sa carrière en Seine-Saint-Denis. Elle est également secrétaire académique du syndicat SE-UNSA :

[...] Dans les zones dites les plus difficiles, les parents d’élèves ont vu la situation se dégrader : le non remplacement des enseignants malades, l’inexpérience des professeurs depuis la suppression des IUFM. Le représentant de la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) en Seine-Saint-Denis en veut énormément à l’éducation nationale qui ne donne pas les moyens pour améliorer les conditions d’enseignement. En parlant des élèves, Michel Hervieu est persuadé qu’ils sont "tous capables de réussir, c’est une question de moyens". Mais selon lui, l’école crée les inégalités : "aujourd’hui les enseignants posent problème, je ne dis pas qu’ils sont mauvais mais…" :

Extrait de franceculture.fr du 05.07.13 : Le niveau scolaire. Une bombe à retardement

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