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05/09/05 - Les ZEP dans la rentrée scolaire pour le SNUipp

5 septembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Fenêtres sur cours » n°272 du 04.09.05 : Rentrée : mal orientée en pdf

Reçu au ministère le 13 juillet dernier, le SNUipp a rappelé ses propositions pour transformer l’école. Le ministre a annoncé deux mesures, l’une concernant les ZEP, l’autre le recrutement d’emplois d’accompagnement pour les écoles (emplois d’éducation et vie scolaire - EVS).

Rentrée. Le nouveau ministre de l’éducation Gilles de Robien revendique l’héritage de son prédécesseur : la loi d’orientation. Oubliées les déclarations des premières heures : la promesse d’une « discussion avec les organisations de l’éducation nationale » et la volonté affichée « d’adapter les textes d’application de la loi et d’entendre ce qui s’est passé ces derniers mois » en référence aux mobilisations notamment celle des enseignants.

Nouvelle marche forcée : quinze jours et quelques audiences plus tard le ministre présentait, le 7 juillet, les trois projets de décrets qui concernent l’école primaire devant le Conseil supérieur de l’Education. Dans une déclaration commune, les organisations (1) ont dénoncé cet « examen à la hâte, sans prendre en compte les fortes attentes de la communauté éducative et une politique qui va à l’encontre des intentions affichées sur l’égalité des chances et sur la réussite scolaire ».

Le CSE a donc rejeté la plupart des textes d’application de la loi Fillon et très nettement les deux décrets relatifs à la création du Haut conseil de l’éducation, aux dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves à l’école. Le SNUipp a voté contre ces trois décrets en rappelant « son opposition à la loi dont les dispositions renoncent à faire réussir tous les élèves et à s’attaquer significativement aux 15 % d’enfants qui se trouvent en difficulté à l’entrée au collège ».

Les décrets à paraître (BO de septembre) comprennent des modifications. Concernant la mise en place du Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), « coeur » de la réforme selon l’ex-ministre, le SNUipp avait souligné que la seule approche individuelle ne pouvait constituer la réponse unique à la diversité des difficultés scolaires et que la notion de « contrat » personnalisé pouvait stigmatiser l’enfant, et rompre la dynamique de l’apprentissage à plusieurs. Le PPRE est maintenant considéré comme un dispositif parmi d’autres. Il n’est plus la réponse unique à la diversité des difficultés scolaires. La signature (parents et directeur) est supprimée estompant par la même la notion de contrat individuel qui pouvait isoler l’élève, le stigmatiser et rompre la dynamique permettant à ce dernier d’apprendre avec les autres.

Le rôle du conseil des maîtres, du conseil de cycles et de l’équipe pédagogique sont maintenus, dont acte.

La volonté de rechercher la continuité pédagogique au sein de chaque cycle est également réaffirmée. Pourtant lorsqu’un redoublement est décidé, c’est le PPRE qui sera obligatoirement mis en place. De fortes interrogations demeurent. Le PPRE s’effectuera t-il uniquement par redéploiement des emplois des RASED ou des dispositifs actuels ? Dans le contexte actuel on voit mal quels pourraient être « les moyens supplémentaires » évoqués un temps. L’annonce, dans le projet de budget, d’une dotation de seulement 1000 postes (dont 300 réservés au territoire de Mayotte) alors que l’école primaire s’apprête à accueillir 42 700 élèves supplémentaires en
septembre 2006, augure mal des priorités budgétaires retenues au vu du contexte de dégradation de ces dernières années. Quelle politique pour les zones d’éducation prioritaire ? Aucune perspective n’est tracée.

La vague allusion à la « conjugaison » des différents dispositifs de soutien dans les ZEP apparaît bien timorée au regard des enjeux. Et l’expérimentation sur les CP à 10 semble en panne (voir page 20). Les enseignants des écoles attendent des réponses pour les élèves en difficulté. Le 13 juillet dernier, le SNUipp a rappelé ses propositions au ministère pour transformer l’école, pour développer les possibilités de diversifier les situations pédagogiques. Doter les écoles de plus de maîtres que de classes et considérer la diversité et la richesse des expériences apportées par l’utilisation d’un maître supplémentaire. Donner du temps pour renforcer le travail en équipe dont l’impact est essentiel pour la réussite des élèves. Développer la formation et l’accompagnement des équipes. Le ministre a annoncé une étude concernant les ZEP qui devrait déboucher sur des propositions « pour favoriser l’égalité des chances » et le recrutement d’emplois d’accompagnement pour les écoles (statut de droit privé). Ces possibilités nécessitent des moyens nouveaux. Le collectif budgétaire revendiqué par les fédérations de l’éducation nationale aurait permis d’assurer la rentrée dans des conditions améliorées. D’autres choix budgétaires sont nécessaires pour une vraie priorité à l’éducation et transformer l’école pour la réussite de tous les élèves. Dès la rentrée, le SNUipp invite les personnels à se réunir, apprécier la situation, débattre des actions nécessaires dans tous les départements. CFDT, CGT, FCPE, FSU (dont SNUipp), JPA, Ligue de l’enseignement, SGEN, UNEF, UNL, UNSA-éducation.

Gilles Sarrotte

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