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"L’orientation scolaire, Héritages sociaux et jugements professoraux", par Géraldine André, PUF, 2012, 172 p.

2 mai 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

L’orientation, entre héritages sociaux et jugements professoraux, éditorial par François Jarraud

Comment se construit l’orientation des enfants des milieux populaires vers les filières les moins valorisées du système éducatif ? Chargées de recherches au FNRS (le CNRS belge), Géraldine André apporte à cette question un éclairage qui renouvelle la lecture traditionnelle et apporte des éclairages aux enseignants.
Depuis Bourdieu, la question de l’orientation des enfants des milieux populaires est souvent vue sous le seul angle de la "reproduction". A partie de là, le rôle des jeunes est minimisé. L’orientation est décrite comme une suite de verdicts scolaires négatifs dont découle "un profond sentiment de relégation" (Beaud et Pialoux). Chemin qui mène à l’incivilité si ce n’est la délinquance. Le rôle des jeunes dans ce processus est totalement oublié et les projecteurs sont braqués sur le seul fonctionnement de l’institution scolaire et la mise en oeuvre de ses valeurs.

Le grand intérêt de l’ouvrage de G. André c’est de présenter cette orientation telle que la vivent les jeunes eux-mêmes. Elle fait partie du petit nombre de sociologues de l’éducation qui ont une approche anthropologique. Elle s’immerge dans la vie de ces jeunes, la partage dans mais aussi en dehors de l’école, rencontre la famille et tente de saisir ce qui motive et explique les comportements. Elle applique d’ailleurs le même procédé aux enseignants des conseils de classe dans la seconde partie de l’ouvrage...

Mais revenons à ce que nous apprenons sur ces jeunes. G. André montre la diversité des choix et des rapports à l’Ecole. L’orientation vers l’enseignement professionnel est décidée par l’institution scolaire qui fonctionne avec ses propres modes de lecture. Mais elle résulte aussi de choix conscients des élèves. Leur décision se situe dans une histoire familiale.

Extrait de cafepedagogique.com du 02.05.12 : L’orientation scolaire, Héritages sociaux et jugements professoraux

 

Géraldine André : "Les phénomènes scolaires ne peuvent être seulement expliqués par l’école"

" Il est crucial pour les enseignants de saisir les représentations et les valeurs qui façonnent les trajectoires des jeunes de milieux populaires parce qu’elles peuvent être profondément distinctes des leurs", nous dit Géraldine André dans cet entretien. "Une meilleure connaissance peut ainsi aider les enseignants à mieux appréhender les jeunes de milieux populaires et à réviser leurs pratiques/conseils d’orientation"...

 

L’orientation scolaire. Héritages sociaux et jugements professoraux
188 pages
ISBN : 978-2-13-058594-7
Collection "Education et société"
Date de parution : 25/04/2012

Pourquoi, au sein de sociétés démocratiques et de systèmes éducatifs ouverts, les jeunes de milieux populaires se retrouvent-ils souvent dans des filières et des formes d’enseignement peu valorisées dans la hiérarchie scolaire ? À partir d’une enquête qualitative de longue durée, cet ouvrage propose une relecture de la sociologie de l’éducation en confrontant les interprétations de l’orientation à un corpus empirique inédit. Une immersion prolongée dans les familles, les lieux de sociabilité d’élèves de l’enseignement professionnel, les séances d’orientation et les conseils de classe donne à ce livre l’épaisseur ethnographique nécessaire pour saisir les réalités scolaires.
Au-delà des processus de relégation, cet ouvrage donne à voir les pratiques et les représentations des acteurs qui façonnent les trajectoires. En choisissant une région postindustrielle comme principal terrain d’enquête, c’est aussi la question de la transformation des classes sociales qui est posée. Les cultures de classe demeurent-elles le facteur clé pour expliquer les mécanismes de l’orientation ? L’analyse du processus d’orientation vers l’enseignement de type professionnel nous plonge ainsi dans un débat plus vaste sur la reproduction culturelle et le changement social.

Table des matières

Introduction
L’orientation scolaire en sociologie de l’éducation
Une enquête socio-anthropologique : terrain, populations et méthodes
Une direction interprétative renouvelée : orientation et classes sociales

Première Partie. — Le sens de l’orientation dans les milieux populaires

1. Résistances
La résistance comme affirmation de soi
Le principe de la culture : conformisme et instrumentalisme
Le localisme et le familialisme comme guides d’orientation

2. Ouverture, accommodation et bricolages symboliques
Conditions économiques et effets symboliques des verdicts scolaires
Ouverture et bricolages symboliques

3. Classe, culture et identité
Héritages et reproduction : la socialisation de classe à la base des parcours d’orientation
L’orientation et les remaniements de l’héritage culturel
Cultures antiécole, violences et dominations

Deuxième partie. — Jugements et logiques scolaires entre pouvoir et tensions

4. Des principes guidant les décisions individuelles
Des échelles de légitimité partagées
L’enseignement professionnel à l’épreuve d’échelles de légitimité
Stratégies de reproduction « incorporées » et « objectivées »

5. Certitudes et incertitudes dans les logiques institutionnelles
Vers un usage renouvelé du concept de champ
L’orientation et l’aisance des dominants
Les incertitudes d’une trajectoire descendante
La dissonance d’une prétention

6. Le jugement professoral entre reproduction et changement
Stabilité et reproduction dans le processus d’orientation scolaire
La vocation des acteurs institutionnels à l’épreuve du changement

Conclusions
L’orientation et les tensions des cultures de classes
De la domination de l’incertitude à la recherche du sens

A propos des auteurs
Géraldine André est chargée de recherches du Fonds de la recherche scientifique-FNRS et travaille à Pôle Sud et au Laboratoire d’anthropologie sociale et culturelle de l’Université de Liège.

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