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Des fiches pour tout savoir sur l’éducation prioritaire

FICHE OZP. Les préfets des études en Eclair (mise à jour mars 2012)

3 avril 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Des fiches pour tout savoir sur l’éducation prioritaire

 Les préfets des études

Dernière mise à jour : mars 2012

La nouvelle fonction de préfet des études a été créée au sein du programme CLAIR par la circulaire publiée au BO du 22 juillet 2010 : Programme CLAIR. Expérimentation : année scolaire 2010-2011

Une annexe en bas de ce texte détaille les nombreuses missions (une dizaine au total !) et le profil du préfet des études.

Une des innovations du nouveau programme « Clair » qui est expérimenté à la rentrée scolaire 2010 dans 105 établissements (collèges, LGT, LP) consiste en la nomination d’un préfet des études par niveau de classe en collège et dans les classes de seconde des lycées généraux, technologiques et professionnels.
Membre de l’équipe de direction, chaque préfet des études est, sous l’autorité du chef d’établissement, le responsable pédagogique et éducatif du niveau de classe qui lui est confié. Selon le nombre de classes par niveau, un préfet des études peut s’occuper d’un ou de deux niveaux. Afin de favoriser l’accompagnement des parcours scolaires, il peut suivre une cohorte d’élèves d’une année sur l’autre.

1 - Missions du préfet des études
1.1 Missions d’ordre général (3 missions)
1.2 Accompagnement individualisé des élèves (7 missions)

2 - Profil de préfet des études
2.1 Capacités et compétences professionnelles
2.2 Catégories de personnels
Les fonctions de préfet des études peuvent être confiées à :
.
Un enseignant dont le service est défini en fonction des missions et des responsabilités qui lui sont confiées par le chef d’établissement ; il peut notamment enseigner dans une classe du niveau suivi dont il est le professeur principal.
Dans les collèges « ambition réussite », le préfet des études peut, en particulier, être choisi parmi les enseignants supplémentaires.
Un ou, le cas échéant, des conseiller(s) principal(aux) d’éducation de l’établissement. [...]

 

Après le passage de CLAIR à ECLAIR à la rentrée 2011 par intégration des écoles dans le programme, un vade-mecum "Préfet des études", a été publié par le ministère en décembre 2011.

Le programme ÉCLAIR accroit l’autonomie des établissements et des réseaux.

Leurs missions sont définies nationalement. Les établissements les déclinent en fonction de leurs besoins, dans le cadre de leur autonomie. Les préfets des études se positionnent en complémentarité et en appui des autres professionnels qui exercent dans le collège ou le lycée.

Le vade-mecum précise les 7 "domaines d’action" du préfet des études :
- Assurer, par niveau, un suivi individualisé des élèves ;
- décloisonner les dimensions éducative et pédagogique ;
- organiser une continuité des apprentissages ;
- développer les liens et diffuser les informations ;
- renforcer les relations avec les parents d’élèves ;
- collaborer avec les partenaires ;
- évaluer, communiquer.

Télécharger le vade-mecum (35 )

 

Voir la vidéo de présentation de la fonction (6mn)

 

 Le commentaire de l’OZP

Il est difficile actuellement d’établir un premier bilan de l’installation et de l’action des préfets des études. L’objectif de relier l’éducatif et le pédagogique est en soi intéressant.
Cependant, la tonalité un peu archaïque de l’appellation "préfet des études" provoque de nombreuses réticences chez les enseignants et candidats. D’ailleurs plusieurs académies, dont celle de Paris, ont préféré retenir le titre de "coordonnateur de niveau".
Soulignons que les préfets, qui "sont essentiellement des enseignants, voire des CPE", disposent "si possible d’une décharge, ce qui, dans le cas contraire, limite sensiblement leur action et leur disponibilité. Or des échos de terrain font effectivement état de préfets des études qui sont enseignants à temps plein avec seulement deux ou trois heures supplémentaires pour exercer leur seconde fonction.

Sur les missions et les domaines d’action, reprenons l’analyse thématique détaillée faite par le Quotidien des ZEP du 08.12.12

Ce qui frappe d’abord c’est l’étendue et la variété des missions du préfet des études, internes mais aussi, dans une moindre mesure, externes.

Ces missions sont définies nationalement mais doivent être adaptées localement.

Comment ces missions s’articulent-elles avec les principes traditionnels de l’éducation prioritaire fondés sur les notions de territoire, réseau et projet interdegrés, l’existence d’acteurs spécifiques (coordonnateurs, professeurs référents et assistants pédagogiques), les liens privilégiés avec les parents et le partenariat dans le cadre de la politique de la Ville ?

Interdegrés : Plusieurs références sont faites au rôle du préfet des études dans la liaison interdegrés : "Ainsi, l’action en direction des élèves de sixième se centre davantage sur l’entrée au collège et les collaborations interdegrés ..." (p.13). Dans la lettre de mission, "Le passage en sixième, l’entrée au lycée, les liens interdegrés font l’objet d’une attention toute particulière" (p.14). "Le préfet des études renforce la dynamique de continuité interdegrés" notamment dans le cadre de la prévention du décrochage scolaire dès l’entrée au collège" (p.25). "Cette continuité s’exerce au sein de l’établissement lui-même, entre le collège et les écoles du secteur et entre le collège et les lycées d’accueil" (p.25).
Cependant, les exemples concrets de cette liaison présentés à travers plusieurs témoignages dans le chapitre "Organiser une continuité des apprentissages" (p. 25) tournent tous autour du lien entre les classes du collège ou entre collège et lycée et ne font aucune place au primaire.

Réseau  : Ce terme est employé à plusieurs reprises, mais beaucoup moins fréquemment que ceux d’"établissement" ou de "lycée". Aucune précision n’est apportée sur le fonctionnement de ce réseau. Le préfet est impliqué dans "les réunions institutionnelles" (p. 28), par exemple les conseils de classe, mais le vade-mecum ne fait aucune allusion à l’existence d’un "comité exécutif". Autre signe troublant : le vademecum ignore les directeurs d’école et les IEN.

Acteurs spécifiques : Il n’est nulle part fait mention des coordonnateurs ni des professeurs référents (ou "supplémentaires") , comme si ces personnels spécifiques à l’éducation prioritaire n’avaient plus d’existence officielle.
Nulle mention non plus des 5 000 "médiateurs de réussite scolaire" mis en place en 2009 pour lutter contre l’absentéisme et le décrochage scolaires.

Parents : Le renforcement de "la liaison avec les parents" fait l’objet d’un assez long développement (p. 30) et est repris dans d’autres chapitres (partenariat et valorisation des actions).

Partenaires institutionnels (ou de "proximité") et politique de la ville : Les partenaires font l’objet d’un chapitre spécifique dont l’introduction précise la dimension territoriale ("quartiers" pour Eclair et "territoires" pour la politique de la Ville) : "Les collèges et lycées Éclair sont très majoritairement implantés dans les secteurs défavorisés de grandes agglomérations. Ces quartiers, qui concentrent des difficultés sociales, économiques et urbaines, sont le plus souvent des territoires de la politique de la ville. Les opportunités offertes par les partenariats locaux doivent être saisies et proposées aux élèves et leurs parents." Cette collaboration avec les partenaires "de proximité" concerne "notamment les programmes de réussite éducative".
Il est dommage que, selon les termes du vade-mecum, ce rôle d’"interface" du préfet des études s’applique à l’établissement (et non au réseau).

Communication et valorisation : Le vade-mecum souligne leur nécessité au niveau interne (p. 29) et externe (p. 35). "Faire savoir aux élèves, aux professionnels et aux familles les réalisations de l’établissement est un moteur déterminant de l’action du préfet des études [...] (site internet, presse locale, publications institutionnelles des communes, etc.).
Relevons que ces deux fonctions étaient auparavant le plus souvent remplies par le coordonnateur du réseau, en particulier au niveau de la presse régionale, une marque supplémentaire de l’effacement progressif depuis plusieurs années du rôle de celui-ci dans les dispositions officielles.

Conclusion : La fonction de préfet des études, comme d’ailleurs l’ensemble du dispositif Eclair, reste très centrée sur le second degré et ne prend en compte que marginalement la liaison interdegrés et la recommandation de donner la priorité à l’école primaire (maternelle comprise) qui fait consensus chez les observateurs et dans les rapports officiels nationaux ou internationaux.

Par ailleurs, le vade-mecum passe totalement sous silence le rôle essentiel tenu jusque-là par les autres acteurs spécifiques à l’éducation prioritaire, que le bilan des RAR effectué par le MEN avait pourtant souligné, notamment pour les professeurs référents.

Heureusement, il souligne la large marge d’adaptation laissée à l’échelon local, lequel continue à en user largement si l’on en juge par les échos qui nous parviennent du terrain concernant le maintien de l’action des coordonnateurs et référents et la difficile mise en place (par manque de candidats ou manque de moyens) des préfets des études.

 

Documents complémentaires

Le vade-mecum ECLAIR

Décret du 08.09.10 instituant "une indemnité pour fonctions d’intérêt collectif" pour les préfets des études

Le site "Paideia" (académie de Poitiers) regroupe une série de positions sur la fonction de "Préfet des études" dans le programme ECLAIR

 

Pour suivre l’actualité des préfets des études, consulter la rubrique spécialisée

 

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