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"Penser les choix scolaires", dossier de la Revue Française de Pédagogie, n° 175, 2011

7 décembre 2011 Version imprimable de cet article Version imprimable

Suppression programmée de la carte scolaire, mise en place de l’orientation « active » ou encore accroissement de la part des enseignements optionnels au lycée : depuis plusieurs années l’institution scolaire tend à libéraliser son offre et à déléguer un nombre croissant de décisions aux élèves et à leur famille. Dans ce contexte, les choix multiples qui jalonnent les scolarités sont devenus un objet fortement investi par la sociologie et les sciences de l’éducation, et à la pluralité des travaux répond une pluralité des approches et des notions utilisées pour caractériser ces choix, allant de « stratégie » à « processus de prise de décision ». Pourtant les enjeux théoriques forts liés à l’étude des choix scolaires sont souvent éludés par le simple fait de mettre le terme « choix » entre guillemets, permettant de n’employer ce terme qu’à demi-mot et d’éviter de trancher entre liberté individuelle et contraintes objectives.

À travers les contributions proposées dans ce dossier, il s’agit de se confronter directement aux enjeux relatifs à l’étude des choix scolaires, qu’il s’agisse d’enjeux sociaux – quels sont les effets d’une libéralisation de l’offre scolaire et d’une délégation des choix ? – ou d’enjeux théoriques – comment les choix contraints sont-ils informés par les valeurs, les croyances ou les ressources des individus ? Peut-on articuler les notions de choix et d’intériorisation de la nécessité ? La capacité à choisir est-elle socialement distribuée ? Autre orientation forte du dossier : alors que la majorité des travaux sur la question se sont jusqu’ici focalisés sur les classes moyennes et supérieures, les contributions accordent ici une place centrale à l’étude des choix scolaires en milieux populaires, invitant notamment à questionner la dichotomie entre « choisissant » et « non-choisissant ».

Loin de dresser un bilan ou de proposer des conclusions définitives, les textes présentés dans ce dossier de la Revue française de pédagogie entendent attirer l’attention sur des enjeux théoriques parfois négligés et relancer le débat sur ces questions essentielles.

coordonné par Marianne Blanchard et Joanie Cayouette-Remblière

Marianne Blanchard & Joanie Cayouette-Remblière – Penser les choix scolaires

  • Sylvain Broccolichi & Rémi Sinthon – Comment s’articulent les inégalités d’acquisition scolaire et d’orientation ? Relations ignorées et rectifications tardives
    -* Choukri Ben Ayed – À qui profite le choix de l’école ? Changements d’établissement et destins scolaires des élèves de milieux populaires
    -* Ugo Palheta – Enseignement professionnel et classes populaires : comment s’orientent les élèves « orientés »

Contrepoints

  • Françoise Œuvrard – Quels choix ? Pour quelle école ?
  • Stéphane Beaud – Par delà les choix scolaires : les rapports de classes
    -* Tristan Poullaouec – Choix du destin et destin du choix
    -* Séverine Chauvel – Auto-sélections et orientation en fin de 3e : réflexions issues d’une enquête de terrain

Extrait de inrp.fr Penser les choix scolaires

 

Lire l’entretien avec Choukri Ben Ayed dans le café pédagogiques du 07.12.11 : C. Ben Ayed : " Qu’offre-t-on aux familles en supprimant la carte scolaire ? Un sauve-qui-peut !"

A qui profite le libre choix de l’école ? La suppression de la carte scolaire a été présentée comme une liberté accordée aux familles. Pour ses auteurs, elle entre dans la grande famille des mesures modernes "d’empowerment" qui visent à redonner du pouvoir aux acteurs de terrain. Toujours selon eux, grâce à un choix rationnel, les parents vont par leur choix elle exercer une pression sur les écoles qui aidera les plus faibles à s’améliorer. Mais est-ce vraiment comme cela que ça se passe ? Pour Choukri Ben Ayed, professeur de sociologie à l’université de Limoges, qui publie un passionnant article dans le numéro 175 de la Revue Française de Pédagogie, cette mobilité se traduit pour les enfants des familles populaires par une fragilisation de leur niveau scolaire. Au final, la libéralisation accroit les inégalités scolaires. Choukri Ben Ayed nous explique pourquoi.

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