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Journée OZP 2008. Atelier "Eduquer par la diversité et favoriser l’égalité filles-garçons à l’école", avec la FOEVEN et l’OCCE

3 juin 2008 Version imprimable de cet article Version imprimable

Journée nationale OZP : 17 mai 2008

Atelier n°2

Eduquer par la diversité
et favoriser l’égalité filles-garçons

Intervenantes  :
Marie-Claude Guenego
et Geneviève Pezeu,
FOEVEN
(*)
Valérie Da Silva ,
OCCE
(**)

Animateur  : Nicolas Renard,
principal, président de l’OZP

Le thème de l’égalité garçons-filles a été retenu pour réfléchir plus généralement sur l’éducation par la diversité. En effet, si éduquer ensemble des jeunes d’origine sociale, de culture, de religion différentes est un objectif commun à l’école et aux mouvements éducatifs, il n’a pas donné lieu à beaucoup d’initiatives dans et hors de l’école, alors que les mouvements éducatifs ont une expérience plus riche de travail sur la différence des genres.


La FOEVEN est engagée depuis 2006 dans une recherche-action au niveau européen sur « Eduquer par la diversité » et a développé des outils de formation sur ce thème destinés aux éducateurs.
Dans l’enseignement au sens étroit du terme, ce sont les différences de niveau scolaire qui posent problème et débouchent sur la même question : faut-il constituer des groupes homogènes ou l’hétérogénéité est-elle un atout et une nécessité ?

L’OCCE travaille en permanence sur la coopération à l’école, qui intègre naturellement la diversité et la solidarité dans l’éducation.

La prise en compte de la diversité : un objectif important ?

Cet atelier a attiré très peu de participants. Pour les intervenantes de l’OCCE et de la FOEVEN, ce constat confirme leur expérience : travailler sur les rapports entre filles et garçons n’est pas une priorité pour les enseignants ; il y a beaucoup d’autres difficultés à résoudre avant de s’attaquer à celle-ci. La demande d’un travail sur ce thème n’apparaît que plus tard, lorsqu’on rencontre avec des adolescents des problèmes graves ; on pense alors qu’il aurait fallu entreprendre un travail éducatif beaucoup plus tôt.

Le premier problème est donc celui de la prise de conscience de l’importance de cet objectif et de la possibilité de le prendre en compte sans avoir à jouer des coudes avec une multitude d’autres objectifs et surtout pas au détriment des apprentissages. Comment est-ce possible ?

Faut-il que cet objectif soit proposé aux seuls éducateurs (ceux des mouvements, mais aussi les conseillers d’éducation) et dans les seuls moments périscolaires ?
Ou bien doit-il être pris en compte dans l’enseignement, et pas seulement à la maternelle ? Doit-il alors l’être uniquement en étant intégré dans les pratiques des enseignants (en s’adressant aux élèves, en les évaluant, etc. ) de sorte que l’égalité des genres apparaisse naturelle et légitime ?
Ou doit-il être pris en compte à travers la gestion de la classe, ce qui suppose des temps consacrés à cette gestion et des pratiques coopératives ?

Faut-il aller plus loin et organiser, sur les temps d’apprentissages, des activités centrées sur cet objectif ?
Dans ce cas, la condition n’est-elle pas que ces activités donnent aussi lieu à des exploitations pédagogiques ( productions écrites, etc.) ?

Quels objectifs ?
Changer l’image l’autre, faire reculer les stéréotypes. Changer l’image de l’autre c’est aussi changer l’image de soi. Etre un garçon, devenir un homme, est-ce l’obligation d’être un dominant, au moins vis-à-vis des filles ? Pour une fille, la séduction doit-elle tout commander ?

Quelles activités ?
Une assistante sociale stagiaire dans un collège des Hauts-de-Seine décrit un travail sur les stéréotypes avec les médiateurs adultes institués dans ce collège. Des enquêtes, avant et après ce travail, ont mesuré les avancées de la prise de conscience chez certains élèves.

A Asnières, la mairie a créé un lieu d’accueil où les adolescents peuvent rencontrer des adultes et être écoutés. Le conseil général finance le J-Bus, un bus qui peut être demandé par les mairies et venir devant les collèges : les élèves y trouvent documentation, expositions et écoute. A Asnières, le sujet retenu était la sexualité.

A Bobigny, une animation sur les relations garçons-filles n’a pas intéressé les professeurs des écoles, qui auraient préféré travailler sur le mélange d’élèves d’âges différents, question qui avait pour eux plus d’incidences pédagogiques.

Dans des écoles Freinet, le thème est abordé parmi beaucoup d’autres, mais d’une manière naturelle dans les « conseils ».

Outils
Les intervenantes décrivent « les ptits égaux », séquences éducatives à base de jeux de rôles faisant émerger les stéréotypes. (voir document annexe n°1 sur le site)

Dans les établissements du second degré, le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), qui réunit équipe de direction, travailleurs sociaux et enseignants, est un lieu très favorable au lancement de projets.

Le travail sur l’orientation est aussi l’occasion d’une remise en cause des stéréotypes, en particulier ceux sur les métiers masculins ou féminins. Les filles, selon les intervenantes, ont davantage tendance à se projeter dans l’avenir, sont plus réceptives sur ce sujet.

Dans la formation de médiateurs élèves, avec des protocoles d’intervention préparés par la FOEVEN (documents annexes n° 2, 3, 4), ainsi que dans la formation des délégués élèves, la question du genre est abordée.

La préparation du conseil de classe peut amener à réfléchir sur les attitudes et les attentes différentes envers les filles et les garçons.

A travers la question du genre se pose celle de l’éducation à l’école. Qui la prend en charge ? Les enseignants sont-ils aussi des éducateurs ? Faut-il n’aborder cette question qu’à partir des difficultés ? De même, la prévention du sida doit-elle être le seul motif légitime d’aborder la sexualité ?

L’intervenante de l’OCCE diffuse, outre une courte bibliographie de littérature de jeunesse sur la mixité (document annexe n°5), un texte (document annexe n° 6) de Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil, qui montre comment l’écart se creuse dans les performances des filles et des garçons, ces derniers étant plus touchés par l’échec grave et le décrochage. J.-L. Auduc en vient à parler d’une « fracture sexuée ».

Parmi les pistes de travail pour une vraie mixité, on note le « besoin de rendre au corps toute sa place dans les apprentissages. »

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(*) Fédération des œuvres éducatives et de vacances de l’éducation nationale.
Pour information, contacter l’AROEVEN de Dijon : aroeven21@free.fr
(**) Office central de coopération à l’école

Compte rendu rédigé par François-Régis Guillaume

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Documents annexes

1- Les ptits égaux. Lien vers le site
2- La médiation scolaire, c’est quoi ?
3- Projets élèves médiateurs (objectifs généraux)
4- Protocole de médiation
5- Bibliographie Littérature de jeunesse sur la mixité
6- Texte de Jean-Louis Auduc sur les performances scolaires filles-garçons

Lire ci-dessous une version du compte rendu en format PDF, à la mise en page plus élaborée.

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