> ACTEURS et PARTENAIRES > Enseignants et Pilotes. Statut et GRH > Meirieu souhaite du temps pour les profs de ZEP (site du Monde)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Meirieu souhaite du temps pour les profs de ZEP (site du Monde)

14 décembre 2004

Extrait du site du « Monde » le 14.12.04 : Meirieu souhaite du temps pour les profs de ZEP

Le site du quotidien « Le Monde » présente une discussion entre un internaute (Vincent) et Philippe Meirieu. Parmi les questions / réponses, en voici une qui concerne les ZEP :

Vincent : Seriez-vous favorable à un changement dans l’évolution des carrières des professeurs et dans la notation de ceux-ci afin de récompenser ceux qui le méritent le plus ?

Philippe Meirieu : Sur la question de la carrière, ce qui est le plus choquant aujourd’hui est que les jeunes enseignants les moins expérimentés et qui ont le moins de points au barème se retrouvent systématiquement devant les classes les plus difficiles. S’ils sont volontaires et bien entourés, cela n’est pas grave.

Mais il arrive souvent que de jeunes enseignants vivent des expériences extrêmement difficiles lors de leur premier poste. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux demandent immédiatement leur mutation, ce qui fait que certains collèges, en particulier, ont un turn-over considérable des professeurs qui est difficilement compatible avec un travail d’équipe suivi dans la durée. La première réforme à faire, à mon avis, consiste à donner des avantages significatifs aux enseignants qui sont dans les zones les plus sensibles. Je ne pense pas, d’abord, à des avantages financiers, mais surtout à des allègements d’horaires pour qu’ils puissent se former et "respirer" plus facilement. Un professeur agrégé n’enseigne que 15 heures par semaine, souvent devant des élèves "faciles" de centre-ville qui ne demandent qu’à apprendre ; un professeur certifié va démarrer sa carrière dans un collège difficile de banlieue où il fera 18 heures et qu’il va donc chercher à quitter le plus vite possible. Ce problème n’est jamais posé par les politiques parce qu’il obligerait à avoir une négociation certainement assez dure avec les syndicats, mais il me semble qu’on ne peut pas continuer ainsi.

Répondre à cet article