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Une étude réalisée dans les maternelles du Val-de-Marne révèle que le taux d’enfants obèses a quasiment doublé pendant le confinement, notamment en zone d’éducation prioritaire

29 avril

Impact de la crise sanitaire due au SARS-CoV-2 sur le statut staturo-pondéral des enfants de quatre ans : comparaison des données des bilans de santé en école maternelle du Val-de-Marne, de 2018 à 2021
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, N 8, 26 avril 2022

[...] Nous avons extrait les données suivantes : le poids (kg) et la taille (cm), la fréquentation éventuelle d’une garderie et l’inscription à la cantine. La zone de l’école fréquentée par l’enfant a aussi été conservée (en réseau d’éducation prioritaire (REP) ou prioritaire renforcée (REP+)). Les REP présentent des concentrations de difficultés sociales moindres que les REP+, mais toujours supérieures aux zones situées en dehors des réseaux prioritaires.

[...] L’âge moyen des enfants de notre population était de 4,54 ans, avec une médiane à 4,5 ans [2 ans 8 mois – 6 ans]. Au global, 26% (n=12 732) d’entre eux vivaient dans une zone dite d’éducation prioritaire (REP) et 3% (n=1 359) dans une zone d’éducation prioritaire renforcée (REP+), soit 9,5% des enfants en REP. En ce qui concerne leur mode de vie, 19 755 (41%) fréquentaient une garderie et 37 737 (78%) déjeunaient à la cantine.

[...] Ce travail met en lumière d’autres facteurs qui sont associés à l’évolution de l’IMCz. Les facteurs de risques identifiés sont la scolarisation dans une école de réseau d’éducation prioritaire (REP) ou prioritaire renforcée (REP+). Les filles sont aussi plus à risque de présenter du surpoids ou de l’obésité par rapport aux garçons. Des actions de prévention et de prise en charge devraient donc être menées en priorité au sein des réseaux d’éducation prioritaire et une vigilance devrait être envisagée auprès des filles. Soulignons ici l’importance des actions de repérage à l’aide du suivi rigoureux et régulier des enfants à l’aide des courbes de croissance et des propositions d’orientation en cas de décalage par rapport aux seuils de l’IOTF comme le récent guide de la Haute Autorité de santé l’a rappelé 19.

Il n’est pas surprenant de constater que les enfants en REP et REP+ sont plus à risque. Ces réseaux tiennent compte des contextes sociaux des populations. Or, l’association entre surpoids, obésité et contexte socioéconomique défavorable a été montrée par plusieurs études et est bien connue 8. La pandémie et les mesures prises pour la contenir en France ont accru les inégalités socioéconomiques et de fait, par ricochet, semble avoir atteint la santé des enfants 22,23. En 2019-2020, première année de la pandémie, moins d’enfants ont bénéficié d’un BSEM. Cela aurait pu conduire à un biais avec une sous-estimation de l’obésité, notamment en raison d’un éloignement du système des enfants en situation de précarité. Or, la proportion d’enfants issus d’établissements en REP et REP+ a été plus élevée cette année scolaire là (+4,6% d’enfants en REP et +0,3% d’enfants REP+ par rapport à 2018-2019, p<0,05). On aurait pu s’attendre à un accroissement plus élevé du surpoids et de l’obésité en 2019-2020 en lien avec ce déséquilibre. Or, il n’en est rien, comme nous l’avons montré précédemment. Cela renforce l’hypothèse que l’accroissement du surpoids et de l’obésité en 2020-2021 tient plus des conséquences des mesures sanitaires que du contexte économique des enfants, même s’il a aussi dû jouer un rôle 7.

Le fait que les filles soient plus sujettes dans les résultats de notre travail à une augmentation de leur IMC, nous a surpris en raison de l’âge des enfants étudiés. Une autre étude qui a publié l’évolution de l’IMC des enfants suivis, avant et pendant la crise sanitaire, montre des résultats concordants avec les nôtres, à savoir une augmentation franche de l’IMC pendant la crise et en particulier chez les filles où l’accroissement est plus important que chez les garçons. L’âge de ces enfants était néanmoins très différent de celui des enfants de notre échantillon, avec un âge moyen de 8,9 ans vs 4,5 ans dans notre population 24,25. Un travail préalable à l’Étude épidémiologique de prévention de l’obésité infantile (Epipoi) en Haute-Garonne avait trouvé un sur-risque chez les filles de 4 ans de présenter un IMC supérieur au 90e percentile, mais n’avait pas proposé d’hypothèse pouvant expliquer cette différence à un âge aussi précoce.

Extrait de beh.santepublique.fr du 26.04.22

 

Obésité infantile : « Pendant la crise sanitaire, on a fermé écoles et installations sportives »

Une étude réalisée dans le Val-de-Marne et publiée ce mardi montre que la crise sanitaire a favorisé l’obésité et le surpoids chez les plus jeunes. Mais d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Marie-Laure Baranne, première autrice de l’étude, tire la sonnette d’alarme auprès de « Libération ».

[...] Comment expliquez-vous l’augmentation de l’obésité et du surpoids chez les plus petits ces deux dernières années ?

Pendant la crise sanitaire, on a fermé les écoles, réduit l’accès aux installations sportives, les cantines étaient fermées… Ces bouleversements semblent avoir eu un impact sur le poids des enfants. Mais on constate aussi qu’il existe, au-delà du contexte, des facteurs de risque associés au surpoids et à l’obésité : vivre en zone d’éducation prioritaire et le fait d’être une petite fille.

Le facteur de risque « zone d’éducation prioritaire » était déjà connu. Quand on vit dans une zone défavorisée, il est plus difficile d’accéder à des aliments de qualité, d’être informé des repères nutritionnels, de s’emparer des activités physiques et sportives. On n’a pas forcément l’espace pour le faire, ni les moyens et le temps pour le proposer à ses enfants.

Mais la différence entre filles et garçons nous a surpris. Chez les enfants plus âgés, il existe des différences en lien avec les hormones, on sait que les filles sont plus sujettes à la prise de poids. A l’âge de quatre ans, c’est différent. On n’explique pas vraiment ces résultats, et, pourtant, on a parcouru toute la littérature sur le sujet pour émettre des hypothèses. Certaines études ne donnent même pas le même résultat.

Extrait de libération.fr du 27.04.22

 

Il y a plus de jeunes enfants obèses depuis la crise sanitaire
La proportion d’enfants obèses a quasiment doublé au cours des deux années correspondant à peu près au début de la crise sanitaire.
Une étude révèle que le surpoids et l’obésité ont augmenté « significativement » pendant l’année scolaire 2020-2021. Les auteurs n’ont pas déterminé si les causes venaient d’une dégradation de l’alimentation ou de la baisse des activités physiques.

Extrait de nouvelobs.com du 26.04.22

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