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Congrès Unsa : "il est politiquement plus confortable de promettre des dédoublements en éducation prioritaire et du soutien individuel" que de traiter l’enjeu de la mixité sociale (ToutEduc)

28 mars

Instituer une vie scolaire à l’École, renforcer l’information et la formation sur la laïcité, se saisir de la question des élèves à comportement perturbateur... : les échos du Congrès national du SE-UNSA

Renforcer l’information et l’accompagnement pour faire réellement vivre la laïcité à l’école, donner les conditions d’une réelle école inclusive, faire de nouvelles propositions pour les directeurs-directrices des écoles et défendre leur droit à bénéficier des décharges qui ont été actées, telles sont quelques-unes des propositions faites par les congressistes du SE-UNSA qui étaient invités à débattre, le 24 mars 2022, autour du Rapport d’activité national du syndicat, à l’occasion du Congrès national qui se déroule à Toulouse du 22 au 25 mars 2022. Ce rapport, adopté avant la tenue du Congrès par les adhérents du SE-UNSA - qui sont aujourd’hui au nombre de 56 000-, dresse le bilan de 5 années de mandature, de 2017 à 2022. Les congressistes ont eu l’occasion, lors de ces interventions, de s’exprimer sur les principales orientations du nouveau projet syndical.

LAÏCITÉ. Plusieurs syndicalistes ont appelé, pour les années à venir, à travailler encore sur la laïcité et les valeurs républicaines. Florence Ferfaille (section Pas-de-Calais) qui a dénoncé de son côté une réaction très tardive de l’institution après l’assassinat de Samuel Paty, "en organisant à la hâte et sans concertation une formation à la laïcité avec des formateurs formés dans l’urgence", appelle à la "vigilance", alors que Loli Gallardo Tallavera (section Hautes-Pyrénées), constate que "beaucoup de professeurs des écoles n’abordent pas ce sujet en classe par peur de maladresses et manque de formation", appelle à "poursuivre le travail d’information".

ÉCOLE INCLUSIVE. "On sait le rôle de la vie scolaire dans le second degré, pourquoi ne pas instaurer de vie scolaire dans les écoles, notamment les plus grosses ? Ce renforcement (en moyens humains, ndlr) pourrait permettre aux équipes d’avoir plus de temps pour se concerter et d’améliorer l’inclusion". Telle est l’une des propositions faites par un représentant de la section Val-de-Marne, Clément Payrottes, alors que l’école inclusive fait l’objet, pour le projet syndical dessiné pour les années à venir, de plusieurs attentes. Loli Gallardo Tallavera (section Hautes-Pyrénées) a regretté de son côté que le ministère se soit "penché sur une gestion administrative plutôt que sur une approche de remédiation et pédagogique". Elle estime que le syndicat, après avoir obtenu la grille de rémunération pour les AESH, devra aussi "œuvrer pour reconstruire les RASED qui sont complémentaires de l’école inclusive".

Dans son propos introductif, le premier jour du Congrès, Stéphane Crochet, le secrétaire général du SE-UNSA, soulignait de son côté que "la Nation ne p(ouvait) pas décréter l’École inclusive sans en donner les moyens et laisser trop souvent les professionnels, seuls, entre culpabilité et épuisement". Pour lui, "l’École inclusive ne peut se résumer à une somme d’étiquettes à coller à des élèves, ni en une somme de dispositifs à accumuler sans d’ailleurs jamais être à la hauteur des besoins". Enfin, Florence Ferfaille (section Pas-de-Calais) a évoqué la problématique des enseignants laissés démunis face aux élèves à comportement perturbateur, "thématique qui occupe une part non négligeable [du] projet syndical, ce qui n’était pas le cas auparavant". "Il ne s’agit pas de stigmatiser les élèves au comportement perturbateur mais d’attirer l’attention sur la souffrance et le mal-être des enseignants, tant il y a d’énergie à canaliser sur un seul élève, rendant parfois impossible la gestion de la classe", explique la syndicaliste qui dénonce une réponse de l’institution "inadaptée". "Le soutien et les moyens de notre hiérarchie doivent être sans faille et nous exigeons que le ministère s’attaque à cette problématique".

DIRECTION D’ÉCOLE. La direction d’école fait encore l’objet de beaucoup d’attention. Concernant le régime de décharges pour les petites écoles "on n’y est toujours pas", dénonce Jean-Marie Laumenerch (section Gers). Indiquant que l’institution s’est saisie de l’argument du Covid, "imparable", pour répondre qu’il n’y avait "pas besoin de flécher des moyens supplémentaires pour les décharges", il souligne que "depuis que ces décharges ont été actées, jamais elles n’ont pu être honorées à 100 % sur tout le territoire du Gers". "Sur le papier, c’est très bien, sur le terrain, c’est tout autre chose", regrette-t-il.

MIXITÉ SOCIALE. La mixité sociale à l’école est "une nécessité", "y compris (pour) les plus favorisés", déclarait Stéphane Crochet à l’ouverture du Congrès, parce que son "absence", dit-il, "fait obstacle à la démocratisation scolaire et pénalise la laïcité". Pour lui, même si "il n’y a pas de solutions simples" et qui "ne reposent pas seulement sur l’École", il faut des politiques éducatives nationales qui "sortent de la seule logique de réussite scolaire individuelle". "S’il est politiquement plus confortable de promettre des dédoublements en éducation prioritaire et du soutien individuel qui permettent de ne rien demander aux catégories sociales les plus favorisées, c’est aussi passer sous silence l’enjeu primordial du vivre ensemble", dénonce-t-il.

GUYANE. Intervenant au nom de la section Guyane, Kelly Comper a de son côté invité l’équipe nationale à venir voir les réalités territoriales et les conditions de travail très différentes sur ce territoire. Une attente très forte des militants, dit-elle, alors que ce territoire d’outre-mer confronté à une forte hausse démographique (plus de 60 % de la population a moins de 30 ans) connaît une pauvreté importante et un taux de chômage équivalent à 40 % et qu’actuellement, face à des pluies diluviennes, des établissements scolaires sont réquisitionnés : "des conditions exceptionnelles trop souvent devenues banales et banalisées", regrette la syndicaliste pour qui "l’égalité réelle ne semble être qu’un vœu pieu".

SE-UNSA. Franck Calmels (Haute-Garonne) estime de son côté que le syndicat doit améliorer sa communication, notamment en interne, à la fois "montante et descendante", les sections ayant souvent le sentiment de se retrouver "seules". Alors, explique-t-il, que sa section recueille 10, 20, 30, 50 questions régulièrement et qu’ils ne sont que deux pour y répondre, il leur arrive bien évidemment de "caler" et d’appeler le "national". "Or, on ne tombe jamais sur le bon interlocuteur", regrette-t-il. "Dans l’autre sens", c’est une "profusion" de circulaires, flashs, informations souvent redondantes qui "descend" dans les sections qui ont "du mal à suivre". "La communication ça compte", insiste celui qui a néanmoins remercié les élus du bureau qui font un travail "qu[’il] ne voudrai[t] pas faire et qui le font pas mal". Évelyne Faugerolle (section Bordeaux) invite de son côté à se servir d’outils comme la visio, introduite durant le confinement, dans le fonctionnement pour contribuer au renouvellement des militants, notamment par des femmes. Trois seulement dans la seule liste candidate à la nouvelle mandature emmenée par Stéphane Crochet, aux côté de sept hommes. Stéphane Crochet explique que ce "déséquilibre" est notamment "issu du renouvellement opéré progressivement depuis 5 ans", et indique que le bureau a "à cœur" de rééquilibrer cette composition au fur et à mesure que se feront les prochains renouvellements.

JMB. Enfin, Jean-Michel Blanquer a fait l’objet de multiples critiques depuis le début du Congrès. "Pour notre secteur, l’éducation, une des épreuves aura été le ministère Blanquer à lui tout seul", souligne dans son propos introductif Stéphane Crochet, qui dénonce également dans l’édito du rapport d’activités, un ministre "davantage préoccupé par les coups d’éclat et les batailles idéologiques que par la construction partagée avec les personnels - et donc durable - de la politique éducative". "Dans les écoles, les collèges, les lycées, les établissements, les CIO, les INSPÉ, nous avons vécu une accumulation de réformes et de priorités, toutes plus prioritaires les unes que les autres, sans prise en compte des réalités des métiers, ni des organisations administratives et pédagogiques. Cette accumulation des priorités, pas toujours abouties ni cohérentes, à réaliser dans des temps intenables et le plus souvent avec des moyens en moins a produit beaucoup de dégâts", regrette aujourd’hui le secrétaire général. Pour Olivier Laby (section Nord), Jean-Michel Blanquer peut se résumer à deux ouvrages : "Le fiasco Blanquer" de Said Benmouffoket et "Jean-Michel Blanquer, l’Attila des Écoles", de Pascal Bouchard.

Camille Pons

Extrait de touteduc.fr du

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