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L’Injep analyse le déploiement du SNU à partir d’une évaluation des stages de cohésion (Le Café, ToutEduc)

25 janvier

Additif du 26.01.22
Le SNU, pas si universel...
Les trois objectifs fixés pour le Service national universel (SNU) ont-ils une chance d’être atteints ? Il s’agit, rappelle l’INJEP quipublie une étude bilan sur la mise en place du SNU, du "renforcement de la cohésion nationale par l’expérience de la mixité sociale et territoriale au sein d’une même classe d’âge", du "développement d’une culture de l’engagement" et de "l’accompagnement de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes". Or ce que montre l’étude des jeunes volontaires c’est qu’ils ont "un profil spécifique". Loin d’être ce brassage de jeunes de milieux différents, les jeunes du SNU sont pour 78% scolarisés en lycée général et technologique, "les filières professionnelles étant fortement sous représentées". Les enfants de corps en uniforme sont sur représentés : 37% déclarent avoir un parent qui a travaillé dans un de ces corps. Seulement 4% résident dans un quartier de la politique de la ville, soit deux fois moins que la moyenne nationale (8%). Ils apprécient les "rites républicains" c’est à dire le lever des couleurs...

Extrait de cafepedagogique.net du 26.01.22

 

Gouvernance, gestion des centres, RH.. les grandes difficultés du SNU mises en lumière par l’INJEP

“Le bilan ‘Compétences transversales et orientation‘, qui avait pour finalité la valorisation des compétences transversales des jeunes et l’identification de leurs intérêts professionnels, incarné par l’outil DiagOriente, a en fait été peu mis en œuvre, en raison de la contrainte de l’accès à un parc informatique et/ou à une connexion internet absente ou défaillante“, analyse l’INJEP dans une étude destinée à évaluer les séjours de cohésion du Service national universel 2021 (SNU*, voir note de bas de page).

De même, le bilan de compétences numériques, “qui avait pour finalité d’obtenir un aperçu du niveau de compétences numériques global de chaque jeune et de repérer les jeunes nécessitant une remise à niveau, n’a été que très rarement réalisé.“

Si le contexte sanitaire “n’a pas été neutre et a fortement pesé sur la préparation des séjours“, avec pour résultat un “calendrier extrêmement contraint“ et des jeunes qui ont “moins participé à la gestion de la vie quotidienne des maisonnées“, l’analyse concernant l’expérience et le vécu de ces derniers est sensiblement la même que celle qu’en faisait l’INJEP dans sa dernière note (voir ici).

Cette enquête révèle surtout de nombreux éléments éclairants sur la gouvernance et les projets de territoire, les ressources humaines et le management, l’organisation et la gestion opérationnelle des centres, les choix pédagogiques. En 2021, le pilotage a été confié à l’Education nationale dont les inspecteurs d’académie (IA-DASEN) et les services départementaux (SDEJS) “ont été aux commandes directes du dispositif et ont joué un rôle décisif dans la bonne mise en place des séjours“. L’INJEP explique que “la réorganisation de la gouvernance locale, avec l’intégration d’un échelon régional, a induit des frottements dans le pilotage et la coordination du dispositif, avec des chevauchements dans les missions et des problématiques de transmission et de dilution de l’information“.

Dès lors, “la répartition des champs d’intervention n’a pas été synonyme de fluidification ; elle a, au contraire, engendré des pertes d’efficience“ et le “caractère encore nouveau du dispositif dans une large majorité des territoires a engendré des difficultés : manque d’anticipation sur les demandes nationales (notamment sur les contenus) et tâtonnement sur des problématiques partagées (relatives à la gestion des sites).“

L’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire considère que l’enjeu de fidélisation des ressources humaines “est réel pour la montée en charge du Service national universel“ mais il estime que “le niveau d’engagement des acteurs du Service national universel apparait difficilement reproductible en l’état dans le temps, encore moins dans un contexte de montée en charge qui appellera à fournir cet engagement de manière continue, avec l’organisation de plusieurs séjours par an.“

A cela s’ajoutent parfois “la pénurie de compétences sur un territoire“, des difficultés de recrutement “demeurant importantes sur certains sites ou pour certaines fonctions“, sachant que “le cadre et les conditions de rémunération ont pu entraver la pleine participation d’agents de la fonction publique aux séjours, alors même qu’ils étaient volontaires et y étaient encouragés".

En outre, constate l’INJEP, “le cadre administratif et financier n’a pas toujours permis une gestion sécurisée et équitable des contrats, des salaires et des congés. Cela a cristallisé des tensions importantes sur les sites, avant, pendant et après les séjours.“ D’ailleurs, “malgré les progrès, estime l’institut, la formation pourrait être renforcée et mieux orientée vers l’objectif d’appropriation du projet de site et de définition des rôles et articulations des fonctions dans l’organigramme".

Par exemple la fonction d’intendant, “dont les missions sont très larges, allant de la gestion administrative à la gestion logistique des sites, s’est avérée souvent complexe à appréhender en intégralité par une seule personne“. La communication et l’appropriation par les équipes encadrantes du programme d’activité constituent “un vrai problème sur de nombreux sites“.

Le positionnement de la fonction de capitaine vis-à-vis de celle du tuteur, a de son côté “continué d’occasionner des questionnements, voire parfois des tensions. L’ajout d’une fonction d’adjoint aux capitaines n’a pas fait sens sur les sites, qui ont rarement pourvu ce poste." Et de conclure : “la fonction ajoute de la complexité et le besoin n’est pas avéré.“

Et “quand les sites n’ont pas suffisamment anticipé ou établi de circuits d’échanges, insite l’INJEP, des tensions et une défiance entre encadrants et direction ont systématiquement émergé.“

Enfin, sont à noter les “enjeux logistiques liés à la gestion quotidienne du site“ qui ont “affecté le déroulement du séjour et pesé sur les équipes“, comme les moyens de paiement “jugés inadaptés à l’organisation d’un accueil collectif de jeunes“, la laverie, l’équipement numérique ou également la disponibilité du matériel pédagogique “qui ont pu faire défaut“.

Est ainsi soulignée la cohabitation qui a parfois été difficile entre les “équipes SNU“ et les prestataires ou équipes opérationnelles des structures d’accueil (notamment dans les lycées) “qui ont leurs propres contraintes et priorités“.

L’étude ici (PDF)

*L’INJEP explique que le Service national universel a été lancé en 2019 avec l’objectif de “favoriser et valoriser toutes les formes d’engagement des jeunes qui témoignent de leur citoyenneté, de leur volonté de servir l’intérêt général et de leur attachement aux valeurs de la République (afin) de promouvoir une véritable culture de l’engagement “.

Le séjour de cohésion “se déroule sur 12 jours dans un territoire différent du lieu de résidence, comprend des temps individuels et collectifs qui visent à favoriser l’acquisition de savoir-faire et savoir-être par les jeunes, ainsi qu’à contribuer à l’identification de difficultés sociales ou liées aux compétences de base“. Quatre ambitions sont fixées à cette première étape obligatoire : accroître la cohésion et la résilience de la Nation en développant une culture de l’engagement, garantir un brassage social et territorial de l’ensemble d’une classe d’âge, renforcer l’orientation et l’accompagnement des jeunes dans la construction de leur parcours personnel et professionnel et valoriser les territoires, leurs dynamiques et leur patrimoine culturel et naturel.

L’institut ajoute qu’ “en raison de l’envergure du dispositif de Service national universel, le scénario d’un déploiement territorial progressif a été retenu jusqu’à la généralisation prévue initialement pour 2024“ avec 1 978 jeunes qui ont participé en 2019 à la phase de préfiguration de la première étape du Service national universel – lors d’un séjour de cohésion dans treize départements “choisis pour être représentatifs des territoires nationaux“ tandis qu’en 2021, ils étaient plus de 14 500 à participer au séjour de cohésion sur l’ensemble du territoire national. L’’objectif fixé pour 2022 est d’accueillir 50 000 jeunes.

L’enquête à la fois quantitative et qualitative a été réalisée auprès de 3 768 jeunes et au travers de 438 entretiens et 139 observations d’activités sur 12 sites. Ses objectifs étaient d’examiner les conditions de mise en œuvre et pistes d’amélioration pour la poursuite de l’extension et la généralisation du SNU, de comparer les pratiques et les modalités de mise en œuvre selon les sites afin de dégager les modes d’action les plus pertinents, enfin de décrire les volontaires et leur ressenti des séjours, et d’éclairer l’effet du SNU sur leurs parcours.

Extrait de touteduc.fr du 24.01.22

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