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Les enseignants en éducation prioritaire : nombre, âge et sexe, formation continue, congés maladie, promotions, mobilité. Extraits du Bilan social 2020-2021 du MEN

21 décembre 2021

Les métiers de l’Education nationale sont-ils attractifs ? (bilan social-DEPP)

L’attractivité des métiers de l’Education nationale est devenue un élément du débat politique. Plusieurs éléments extraits du "Bilan social 2020 - 2021" que vient de publier le ministère permettent d’en mesurer les termes.

"Pour l’ensemble des concours enseignants, la période 2008-2020 a vu se succéder une tendance à la baisse du nombre de postes offerts aux concours externes et internes, puis une progression "particulièrement rapide et soutenue" et enfin, "ces dernières années, le nombre de postes offerts décroît dans la voie externe contrairement à l’interne (...). Ces évolutions s’accompagnent d’un recul sensible du nombre de candidats sur les treize dernières années (...) puisqu’il y avait en moyenne 7,8 présents pour un poste aux concours enseignants du second degré public en 2008 mais seulement 4,4 en 2020".

Il faut en effet distinguer les inscriptions et les présences au concours : "Le taux d’absentéisme aux concours externes du secondaire est similaire dans le public et le privé avec une évaporation de 48 % des inscrits à l’issue des épreuves écrites."

Autre élément significatif, les démissions : À la rentrée 2021, 2 300 enseignants fonctionnaires du public (0,32 %) en poste à la rentrée 2020 ont choisi de quitter définitivement l’Education nationale". La proportion est plus importante dans le 1er degré (0,41 %) que dans le second degré. Ce taux comprend les démissions et les ruptures conventionnelles (2/3 - 1/3), mais il ne prend pas en compte les personnels qui étaient en détachement ou en disponibilité. "Le taux de démissions a augmenté régulièrement entre 2013-2014 et 2018-2019. La hausse est alors d’environ 200 démissionnaires en plus chaque année (...). Les stagiaires expliquent une part beaucoup moins importante des départs volontaires en 2020-2021 (30 % contre près de la moitié deux ans auparavant)", même si 3,2 % des stagiaires "choisissent de quitter l’Éducation nationale". Les enseignants avec plus de 5 ans d’ancienneté "représentent maintenant la moitié des départs".

Les congés maladie sont également un élément significatif d’un éventuel mal-être. L’année dernière, un peu plus d’un tiers des personnels (34,8 %) ont eu au moins un congé pour raison de santé (hors congés de maternité, paternité et adoption). Ils représentent 41 % des motifs de congés et absences (18 % pour des stages de formation continue, 19 % pour des autorisations d’absence pour garde d’enfant malade ou motifs divers". A noter que la période de confinement a provoqué une baisse du nombre des congés de maladie ordinaire. Mais à noter aussi que "parmi l’ensemble des personnels de l’Education nationale arrêtés au moins une fois pour CMO (congé de maladie ordinaire), près de 87 % ont eu au plus deux arrêts au cours de l’année scolaire", mais que près de 1 % des agents arrêtés ont été "absents au moins 40 jours et à cinq reprises. "Ces absences dites - perlées- sont révélatrices de problèmes de santé chronique ou d’autres fragilités." Il convient d’y ajouter les près de 1 % d’enseignants qui ont été arrêtés suite à une maladie professionnelle ou un accident du travail.

A noter également que les enseignants en éducation prioritaire ont un peu plus d’arrêts maladie, mais pour "des durées d’absence équivalentes en moyenne.

Les demandes de mutation témoignent d’un dégré de satisfaction ou d’insatisfaction lié au lieu d’exercice. L’année dernière, 16 259 enseignants du 1er degré ont demandé à sortir de leur département d’affectation, soit 4,7 % des titulaires. "Près de la moitié des candidats au mouvement interdépartemental sont issus des départements des académies d’Île-de-France (...), alors que ces départements représentent environ un cinquième de l’ensemble des effectifs d’enseignants". 14 % des enseignants de l’académie de Créteil, 10 % des enseignants de l’académie de Versailles "souhaitent quitter leur département d’affectation". Pour un enseignant qui souhaite aller en Seine-Saint-Denis, près de 90 demandent à en sortir. A l’inverse, les Hautes-Alpes enregistent 43 demandes d’entrée pour une demande de sortie. "En 2020, 3 790 enseignants, soit 23,3% des demandeurs, ont été mutés hors de leur département d’exercice (...). Un agent dont les vœux sont motivés par un rapprochement familial (...) a plus de chances d’obtenir satisfaction (46 %) qu’un agent souhaitant une nouvelle affectation pour convenance personnelle (14 %).

En ce qui concerne le second degré, 25 877 enseignants ont participé en 2020 au mouvement interacadémique, "dont 15 297 titulaires et 10 580 nouveaux enseignants dans le cadre de leur première affectation". Moins de 5 % de l’ensemble des enseignants titulaires rattachés à une académie (...) demandent à changer d’académie (...). À l’exception de celle de Paris, les académies les plus demandées en premier vœu se situent dans le sud et l’ouest de la métropole", Bordeaux, Rennes, Toulouse, Montpellier. "Les enseignants titulaires quittant l’académie de Créteil sont six fois plus nombreux que ceux qui y sont affectés (...). Deux académies, celles de Versailles et de Créteil, totalisent 47,4 % de l’accueil des néo-titulaires".

Le bilan social ici (410 p.)

Extrait de touteduc.fr du 17.12.21

 

EXTRAITS relatifs à l’éducation prioritaire
D’autres données seront éventuellement ajoutées ce jour.

(page 70)
Pour ceux qui enseignent dans le public, affectation en éducation prioritaire
▶ Dans le premier degré, 24 % des enseignants sont affectés en éducation prioritaire. En éducation prioritaire, 53 % des enseignants effectuent au moins leur 4ème année dans la même école. Hors éducation prioritaire, ils sont 61 %.
▶ Dans le second degré, 12 % des enseignants sont affectés en éducation prioritaire. En éducation prioritaire, 60 % des enseignants effectuent au moins leur 4ème année dans le même établissement.
Hors éducation prioritaire, ils sont 73 %.

(page 90)

3. Les enseignants titulaires et non titulaires du public, affectés en éducation
prioritaire

La proportion d’enseignants du secteur public affectés en établissements scolaires avec au moins une affectation en éducation prioritaire est, en 2020-2021, de 24 % dans le premier degré et de 12 % dans le second degré (Tableau 2.8). Dans le secondaire, 18 % des professeurs d’EPS et 15 % des professeurs certifiés sont affectés dans les établissements relevant de l’éducation prioritaire, contre 5 % des
agrégés et de chaire supérieure. Ceci s’explique par le fait que les enseignants
relevant de ce corps sont très majoritairement affectés en lycée, alors que le dispositif d’éducation prioritaire concerne le collège.

Alors que la part des enseignants affectés en éducation prioritaire est plus élevée chez les hommes dans le premier degré (29 % contre 23 % chez les femmes), elle est équivalente entre les hommes et les femmes dans le second degré.
Il y a moins de femmes en REP+ qu’en REP : dans le premier degré, les femmes représentent 81 % des effectifs de REP+, contre 84 % des effectifs de REP.
Dans le second degré, 55 % des enseignants en REP+ sont des femmes, contre 59 % des enseignants en REP.
En 2020-2021, les établissements en éducation prioritaire accueillent relativement plus de jeunes enseignants que les autres établissements (Figure 2.16). L’âge médian des enseignants en éducation prioritaire est du même ordre dans les deux degrés (autour de 40 ans). Hors dispositif d’éducation prioritaire, l’âge médian est de 44 ans
dans le premier degré et de 46 ans dans le second.
Cependant, les enseignants les plus âgés ne sont pas absents de l’éducation prioritaire : un quart des enseignants ont 47 ans ou plus dans le premier degré
et 48 ans ou plus dans le second degré.
Dans les deux degrés, les enseignants ayant au moins une affectation en éducation prioritaire (REP ou REP+) ont moins d’ancienneté que ceux qui sont en dehors de ce dispositif. Dans le premier degré, 47 % d’entre eux ont au plus deux ans d’ancienneté dans leur établissement contre 39 % pour les hors éducation prioritaire (Figure 2.17). Dans le second degré, 40 % des enseignants ayant au moins une affectation en éducation prioritaire ont deux ans d’ancienneté dans leur établissement ou moins contre 27 % pour les enseignants en établissement hors éducation prioritaire.
Dans le premier degré, la part des enseignants affectés en éducation prioritaire a augmenté de 4 points depuis 2015-2016 pour les hommes et de 2,9 points pour les femmes (Figure 2.18). La part des hommes en éducation prioritaire a plus progressé
que celle des femmes sur la période. Elle reste stable au même niveau pour les hommes et pour les femmes dans le second degré, autour de 12%

(page 91)
Tableau 2.8 – Enseignants du secteur public affectés en éducation prioritaire en
2020-2021.

(page 92)
Figure 2.16 – Pyramide des âges des enseignants des premiers et second degrés
public en et hors éducation prioritaire, en 2020-2021 (en %)

(page 93)
Figure 2.17 – Ancienneté des enseignants dans l’établissement, selon l’appartenance à l’éducation prioritaire, en 2020-2021

(page 94)
Figure 2.18 – Évolution de la part des enseignantes et enseignants affectés en éducation prioritaire

(page 205)
L’accès à la formation continue dans le premier degré
[...] Le taux d’inscription des enseignants du premier degré ayant au moins une affectation en éducation prioritaire est inférieur de 3 points à celui des enseignants hors éducation prioritaire. L’écart est plus important pour le taux d’accès (Figures 6.1a et 6.1b). Ainsi, 73 % des enseignants ayant au moins une affectation en éducation prioritaire ont eu accès à une formation contre 79 % pour les autres. C’est
pour les enseignants qui sont aussi directeurs d’école que l’écart entre ces taux d’accès est le plus important (7 points).

(page 208)
Tableaux des taux d’inscription et d’accès à la formation des enseignants du premier degré en éducation prioritaire

(page 211)
Le taux d’inscription des enseignants du second degré ayant au moins une affectation en éducation prioritaire (Figure 6.4a) est supérieur à celui des autres enseignants devant élèves (73 % contre 71 %).
Leur taux d’accès (Figure 6.4b) est également plus élevé : 59 % pour les enseignants du second degré ayant au moins une affectation en éducation prioritaire contre 57 % pour les autres enseignants devant élèves. Néanmoins les différences sont très sensibles selon les corps : chez les agrégés, certifiés et PEPS, les enseignants ont un taux d’accès à la formation continue plus élevé quand ils sont en éducation prioritaire. En revanche, chez les professeurs de lycée professionnel et des enseignants non-titulaires, les enseignants en éducation prioritaire ont un taux d’accès inférieur.

(page 213)
Tableaux des taux d’inscription et d’accès à la formation des enseignants du second degré en éducation prioritaire

(page 251)
Les congés de maladie ordinaire et les congés longs des personnels enseignants
[...] L’éducation prioritaire : un secteur un peu plus touché par les arrêts maladie, mais des durées d’absence équivalentes en moyenne.
Pour rappel, l’éducation prioritaire concerne exclusivement le secteur public. Les enseignants qui exercent dans une école ou un collège en éducation prioritaire sont plus arrêtés pour maladie ordinaire que leurs homologues d’autres écoles et collèges
publics : 2 points de plus dans les écoles, 5 points de plus dans les collèges (Tableau 7.11). Cette plus forte prévalence des congés en éducation prioritaire se vérifie chez les enseignants des deux sexes, dans le premier degré et en collège. En revanche, en se restreignant aux enseignants de moins de 30 ans, cela ne se vérifie que dans le second degré : les hommes de moins de 30 ans du premier degré en éducation prioritaire sont moins arrêtés que ceux de l’ensemble des écoles, 37 % contre 40 % hors éducation prioritaire.
Il y a peu de différence en matière de nombre de jours d’absence : l’écart est de 0,8 jours pour CMO dans les écoles, avec une durée plus longue dans les écoles hors éducation prioritaire. Dans les collèges, l’écart est de 0,3 jours, avec une durée un peu plus longue pour les collèges en éducation prioritaire.

(page 257)
Tableau 7.11 - Congés de maladie ordinaire et congés longs des enseignants du
secteur public selon l’appartenance à un réseau d’éducation prioritaire
pour l’année 2019-2020

(page 263)
Les congés pour accident du travail ou maladie professionnelles (ATMP)
[...] La part d’agents arrêtés pour ATMP équivalente en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire
Il y a peu de différences entre les proportions d’agents arrêtés au moins une fois au cours de l’année scolaire pour accident du travail ou maladie professionnelle en éducation prioritaire ou non, école ou collège. Ces parts sont proches de la moyenne et s’échelonnent autour de 0,8 % à 0,9 % (Tableau 7.18). De même, les durées vont de 0,4 jour à 0,5 jour d’arrêt en moyenne.

(page 269)
Tableau 7.18 - Congés pour maladie professionnelle ou accident du travail des
enseignants du secteur public selon l’appartenance à un réseau d’éducation
prioritaire pour l’année 2019-2020

(page309)
Promotions
[...] Peuvent accéder à la classe exceptionnelle de leur corps :
 les professeurs agrégés classés au moins au 2e échelon de la hors classe et ayant exercé au cours de leur carrière des missions particulières ou dans des conditions difficiles durant huit ans, ainsi que des agents ayant au moins trois ans d’ancienneté au 4e échelon de la hors classe au 31 août de l’année n. Par dérogation et à titre transitoire, jusqu’à la campagne 2020 incluse, les agents doivent se porter candidats pour l’accès à la classe exceptionnelle au titre des fonctions exercées.
 les professeurs des écoles, les professeurs certifiés, les professeurs de lycée professionnel, les professeurs d’éducation physique et sportive et les conseillers principaux d’éducation classés au moins au 3e échelon de la hors classe et ayant
exercé au cours de leur carrière des missions particulières ou dans des conditions difficiles durant huit ans, ainsi que des agents classés au 6e échelon de la hors classe au 31 août de l’année n. Par dérogation et à titre transitoire, jusqu’à la campagne 2020 incluse, les agents doivent se porter candidats pour l’accès à la classe exceptionnelle au titre des fonctions exercées.
 les psychologues de l’Éducation nationale classés au moins au 3e échelon de la hors classe et ayant exercé au cours de leurs carrières des missions particulières ou dans des conditions difficiles durant huit ans, ainsi que des agents classés au 6e
échelon de la hors classe au 31 août de l’année n. Aucun acte de candidature n’est
requis.

(pages 333-346)
La mobilité géographique
Note. Ce chapitre ne comprend pas d’indications spécifiques à l’éducation prioritaire, même si la proportion d’établissements et écoles en éducation prioritaire dans certaines académies exerce une influence sur les demandes de mutation.

 

Note du QZ : Notons que, dans le premier degré, le taux d’accès à la formation continue est sensiblement inférieur à celui hors éducation prioritaire, particulièrement pour les directeurs d’école.

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