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Petite enfance : imaginer des modes d’accueil flexibles et progressifs pour permettre à tous les enfants d’en bénéficier (conclusion du séminaire Caf, Fr. Stratégie, Hcfea : "Premiers pas") (ToutEduc)

2 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Petite enfance : imaginer des modes d’accueil flexibles et progressifs pour permettre à tous les enfants d’en bénéficier (séminaire "Premiers pas")

Il faudrait imaginer des modes d’accueil flexibles (partiels, hors les murs, avec ou sans parents...), une offre progressive pouvant aller jusqu’à 4 demi-journées ... afin que chaque enfant puisse bénéficier d’une "expérience de socialisation précoce" avant l’entrée à l’école. Telle est l’une des propositions faite à l’issue du séminaire "Premiers pas : développement du jeune enfant et politique publique", dont la dernière séance s’est tenue ce mardi 29 juin 2021. Organisé depuis le 1er décembre dernier par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), France Stratégie et le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), il a donné lieu à plus de 50 interventions, de chercheurs, d’institutionnels, d’acteurs de terrains. Les organisateurs ont dessiné sur cette séance conclusive "les orientations possibles pour un nouveau cadre d’action public et intégré", après avoir livré un état des lieux de la littérature sur le sujet du développement et de l’épanouissement du petit enfant et une analyse du positionnement de la France dans ce domaine.

"Multiplier les offres de rencontres et d’expériences", sous forme d’accueils "intermédiaires", "flexibles", "atypiques", et "au plus tôt" pour qu’un projet de développement soit réussi : telle est en effet la grande orientation que les organisateurs du séminaire mettent en avant à l’issue de leurs travaux, comme le résume Sylviane Giampino, présidente du Conseil de l’enfance et de l’adolescence et du HCFEA. Ce développement permettrait de faire bénéficier de ces modes d’accueil les enfants qui n’en bénéficient pas actuellement, soit 50 % d’entre eux, indique Florence Thibault (CNAF), alors qu’au regard des travaux scientifiques nationaux et internationaux, "les modes d’accueil ont un effet positif sur le développement de l’enfant, et pas uniquement collectif".

Cette proposition va dans le sens d’une recommandation qu’avait émise dans un rapport de 2018 le Défenseur des droits, comme le souligne Éric Delemar, défenseur des enfants. "Tous les enfants, indépendamment de la situation familiale, devraient avoir accès aux modes d’accueil en fonction de leurs besoins". Ce qui passe par le développement de "modes d’accueil flexibles (hors les murs, partiels, avec ou sans parents, etc.) pour s’adapter à tous les contextes". "Dès la naissance, l’enfant est doté de compétences et capacités qui ont besoin d’être nourries d’une relation secure et stimulante", complète Florence Thibault, et "tout invite à intervenir au plus tôt".

Développer les modes d’accueil mais "sous condition de qualité"

Cet accueil en mode collectif peut se faire avant un an - les organisateurs recommandent de le faire à partir de 6 mois - "sous réserve d’un accueil de qualité et progressif". Cette qualité est définie autour de deux axes, précise encore Florence Thibault : une qualité "procédurale", qui s’intéresse aux interactions et une qualité "structurelle", celle "qui décrit le cadre", c’est-à-dire les ratios d’encadrement mais aussi la qualification des professionnels. Or, alors que la qualité structurelle "est considérée comme globalement homogène" en France, la qualité procédurale est "peu valorisée", regrette la représentante du comité de pilotage, qui souligne que c’est pourtant celle qui "est considérée comme la plus significative sur le développement de l’enfant". Quant à la progressivité de l’accueil, elle est justifiée par les observations de la recherche qui soulignent que plus l’intensité est importante, plus les effets positifs le sont aussi pour le développement langagier et moteur.

Les conclusions mettent aussi en avant un autre enjeu, celui du soutien à la parentalité qui passe par l’accompagnement des parents. Les acteurs regrettent "le manque de lisibilité et de structuration des actions publiques" en la matière. Quant aux congés parentaux, ils estiment qu’ils ont "insuffisamment été pensés dans une logique de développement de l’enfant" et qu’il faut donc "les repenser", mais également mieux les rémunérer et qu’ils soient pris par les deux parents pour permettre un accueil en structure à partir de l’âge de 6 mois. Les acteurs du séminaire ont d’ailleurs regretté que l’actuelle politique en France ne mette l’accent que sur deux enjeux, la lutte contre les inégalités et la conciliation, pour les parents, de la vie professionnelle et personnelle.

Adrien Taquet a d’ailleurs signalé que 40 millions d’euros ont été "mis sur la table" pour "des formations inter-métiers qui rassembleront pour la première fois des professionnels de l’accueil individuel et des professionnels de l’accueil collectif". Le secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles a rappelé que s’ouvrait, ce mercredi 30 juin 2021, l’examen en commission des lois du projet de loi de Protection de l’Enfance. Elle vient s’ajouter à la réforme des services aux familles initiée en 2018 et sera complétée par la "constitution du comité de filière Petite Enfance". Celui-ci aura pour vocation d’ "identifier les voies d’amélioration de l’attractivité de ces métiers" et d’encadrer le déploiement des mesures prévues dans le cadre "des 1000 premiers jours". Adrien Taquet a aussi rappelé la tenue de "la Conférence de la famille", du 14 au 17 septembre prochain.

Selon l’État des lieux en matière de petite enfance dressé dans le cadre du séminaire, 59,3 places pour 100 enfants de moins de trois ans sont disponibles en crèches, chez les assistants maternels et en écoles préélémentaires, ce qui représente une dépense publique de l’ordre de 15,3 milliards d’euros par an (chiffre 2019). En 2018, la moitié des familles ne recourait à aucun de ces modes d’accueil.

Les éléments de synthèse du séminaire seront publiés début septembre 2021.

Extrait de touteduc.fr du 30.06.21

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