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La mémoire de l’éducation prioritaire (Fiche OZP : Tout savoir sur les ZEP)

juin 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Des fiches pour tout savoir sur l’éducation prioritaire

La mémoire de l’éducation prioritaire

La mémoire de l’éducation prioritaire est faite de toutes les informations recueillies sur plusieurs années et qui concernent les territoires.

La mémoire de l’éducation prioritaire permet d’éviter les actions dispersées donnant l’impression de toujours recommencer, de ne pas avoir d’objectif véritable. En capitalisant toutes les expériences, elle devient un outil d’analyse, de formation et d’évaluation. Étudier l’évolution des résultats scolaires en prenant en compte les actions menées permet aux acteurs de mesurer la pertinence de ces actions et, le cas échéant, de les orienter en fonction des objectifs poursuivis.
Sa constitution n’est pas aisée. Faut-il tout garder ? Que faut-il retenir ? Sous quelle forme ? Quel classement adopter : mémoire administrative, pédagogique, politique, ... ?
Son exploitation, quant à elle, peut demander l’accompagnement d’un chercheur. En effet, comment rendre compte des interactions entre les différentes données, comment s’assurer que c’est telle action qui a entraîné tel résultat ? Ce même résultat serait-il obtenu dans un contexte différent ? Comment rendre compte du mouvement généré par le système éducation prioritaire ?

En se replaçant dans une approche systémique, on dit d’un système qu’il est capable d’apprentissage s’il sait utiliser les résultats de l’expérience passée pour modifier les caractéristiques de son comportement dans le temps afin de toujours mieux s’adapter aux nouvelles conditions de l’environnement. Pour être capable d’apprentissage, il faut qu’il soit doté d’une mémoire.
A travers le macroscope l’éducation prioritaire est représentée comme un système en évolution constante qu’il faut mettre en mouvement pour distinguer les trois niveaux de mémoire suivants :
- 1. Les entrées sont toutes les données spécifiques retenues par les acteurs de terrain après une analyse de la situation, au moment de la rédaction du projet. Après traitement par le dispositif (pendant une durée de trois ou quatre années), il est possible d’évaluer les résultats par comparaison si (et uniquement si) la mémoire des données entrées a été conservée. Comparer les deux situations est nécessaire pour évaluer une action. C’est le premier niveau de mémoire. En général, ce niveau est sauvegardé, les traces minimales étant le document administratif que représente le contrat de réussite.
- 2. Si la mémoire de tout le processus « données - traitement de trois ans par le dispositif - résultats » est conservée, il est possible d’opérer une « rétroaction » en transformant les données entrées après avoir étudié les résultats. C’est le deuxième niveau : étudier le processus sur une période donnée permet d’ajuster ses actions pour la période à venir.
- 3. Conserver la mémoire des entrées, du système, des sorties, de tout le processus, constitue une banque de données qui peut apporter des éléments de réflexion ou de réponse en d’autres lieux, pour d’autres systèmes.

La mémoire doit être un enregistrement de toutes les informations passées : observations, décisions, résultats. En fonction de l’expérience qu’elle représente, il est possible de prendre une nouvelle décision pour modifier le comportement du système dans le temps.
Il est donc important que la mémoire d’un territoire en éducation prioritaire soit conservée, dans des documents. En effet, si secrétaire ou responsable ne détiennent qu’une mémoire orale ou minimale (celle de documents administratifs tels que le contrat de réussite scolaire), que se passera-t-il lors de la mutation de l’un ou de l’autre ? Tout sera à refaire, sans l’expérience des actions passées.

Les CAREP peuvent rassembler une partie de la mémoire de l’éducation prioritaire. Lieux d’échanges, de mise en réseau d’actions et de pratiques pédagogiques, ils deviennent ainsi des lieux d’information et de formation des acteurs de terrain. Ils peuvent abriter un fonds documentaire sur l’éducation prioritaire : projets de zone, contrats de réussite, description des actions menées dans les territoires. Tous les supports peuvent être envisagés : journaux d’établissements, sites internet, diaporamas, ... Recueils de témoignages, articles de journaux locaux ne sont pas à exclure. Ils viennent compléter la mémoire administrative et la mémoire pédagogique de chaque zone.
Et comme tous les CAREP travaillent en réseau, avec le Centre Alain Savary, il devrait être possible d’interroger cette mémoire collective pour envisager des actions spécifiques.

Documents

- Education prioritaire. INRP, centre Alain-Savary
- Bongrand, Philippe. La réflexivité de l’action publique. Savoirs et producteurs de savoirs dans la relance des zones d’éducation prioritaire. Mémoire de DEA (diplôme d’études approfondies sous la direction de Jacques Lagroye, Paris-I, septembre 2001.
- Linéatte, Olivier. Réussite scolaire et pacification sociale : l’efficacité des zones d’éducation prioritaire -. Analyse socio-historique de la zone d’éducation de la Plaine Saint-Martin à Ham (80), de 1981 à 1998. Maîtrise de sciences de l’éducation sous la direction de Claude Carpentier, 1999.
- Moukawane, Elise. L’éducation prioritaire, vingt ans après... La constitution d’un patrimoine des ZEP, un pont vers l’avenir ? Mémoire de DESS sous la direction de Mohammed Melyani, 2003.
- Mémoires de ZEP pour l’avenir, sélection d’articles des bulletins de l’association OZP. 1998.

 

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