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2 synthèses universitaires (The Conversation) : - Lutte contre le séparatisme », une loi qui stigmatise les minorités ? - Qui est « identitaire » ? Enquête dans les quartiers populaires

11 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

« Lutte contre le séparatisme », une loi qui stigmatise les minorités ?
Auteur
Fatima Khemilat
Chargée de cours, doctorante à Sciences Po Aix, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Le communautarisme en question
« La loi contre le séparatisme » devait être à l’origine une loi contre le communautarisme. Cette appellation a vite été écartée en raison de son caractère ambigu. En France, il n’est pas interdit de « faire communauté », cela fait même partie des libertés fondamentales consacrées par le bloc de constitutionnalité, à travers la garantie des liberté associative, cultuelle, syndicale et politique.

D’autant que sociologiquement, « faire communauté » signifie (selon Max Weber qui parle de communalisation et de sociation) se regrouper par affiliation, sentiment d’appartenance ou intérêts communs.

[...] Une version actualisée de « l’indépendantisme » ?
En France, le séparatisme a longtemps été employé comme synonyme « d’indépendantisme » ou « d’autonomisme ».

[...] Un projet de loi contre-productif
D’un point de vue juridique, les mesures annoncées dans le projet de loi, comme l’élargissement de l’obligation de « neutralité » pour les mères accompagnatrices de sortie scolaire, ou encore les salariées de certaines entreprises privées, renforcent les atteintes portées depuis une vingtaine d’années à la liberté religieuse des femmes musulmanes portant un foulard.

Les amendements introduits en première lecture du Sénat ont considérablement durci le texte sur le séparatisme qui, pourtant, était déjà juridiquement problématique sur plusieurs points.

Extrait de theconversatio.com du 07.06.21

 

Qui est « identitaire » ? Enquête dans les quartiers populaires
Auteurs
Guillaume Roux
Chercheur, sciences politiques, FNSP, laboratoire PACTE, Université Grenoble Alpes (UGA)
Anaïk Purenne
sociologue, chargée de recherche à l’Université de Lyon, ENTPE
Hélène Balazard
Chercheure en science politique à l’Université de Lyon, ENTPE
Julien Talpin
Chargé de recherche en science politique au CNRS, Université de Lille
Marion Carrel
Professeure de sociologie, Université de Lille
Samir Hadj Belgacem
Maître de Conférence en sociologie à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, Université Jean Monnet, Saint-Étienne
Sümbül kaya
Chercheure, Responsable des Études contemporaines IFEA, Institut français d’études anatoliennes

En France, des « identitaires » auto-proclamés, liés à la tradition de l’extrême droite, essentialisent et racialisent l’appartenance nationale, de manière explicite, afin de distinguer, contre la tradition civique et républicaine française, des « faux » et « vrais » Français selon leur origine.

Dans le débat public cependant, ce sont souvent des collectifs antiracistes luttant contre les discriminations, voire les universitaires travaillant sur la question raciale, qui se voient accusés « d’essentialiser des identités », de verser dans « l’islamogauchisme » et de menacer la cohésion de la République. Sont mises en cause notamment certaines organisations (par ailleurs en conflit) comme le Comité Adama ou le Parti des Indigènes de la République (PIR), qui sont parfois qualifiées « d’entrepreneurs identitaires ». Ce terme désigne des personnes ou organisations qui viseraient à promouvoir des appartenances collectives selon un critère ethnique – une notion qui s’applique, de manière privilégiée, à des groupes nationalistes ou ethno-religieux.

Ces collectifs comme d’autres moins controversés, (associations locales par exemple), mais aussi des universitaires ou des agents publics alertant sur l’ampleur des discriminations ethno-raciales, sont présentés comme responsables de la « racialisation des identités ». Ce faisant, des acteurs dont les démarches sont à la fois diverses et différentes se trouvent amalgamés et stigmatisés.

Dans cette perspective, les membres de minorités ethno-raciales tendraient à leur emboîter le pas, s’appropriant des identités raciales réifiées ou figées.

Qu’en est-il réellement ? Au-delà des fantasmes, l’enquête par entretiens (N = 245) et par observations que nous avons conduite dans des quartiers populaires en France et à l’étranger entre 2014 et 2018 apporte des réponses empiriques à cette question. Elle permet notamment de comprendre comment se construisent des modes d’identification minoritaires. Cette enquête montre à cet égard le rôle prépondérant des discriminations ethno-raciales, territoriales et religieuses.

Extrait de theconversation.com du 30.05.21

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