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B* Prise en charge partenariale de la souffrance psychique dans le REP+ Lucie Aubrac de Dunkerque

14 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Heureux d’être jeunes et adultes de demain

QUOI ?

S’intéresser aux conséquences de la souffrance psychique sur l’entrée dans les apprentissages et le climat scolaire pour mieux lutter contre l’exclusion et le déterminisme social.

Ce projet vise à :
- Construire une culture commune autour de la souffrance psychique ;
- Permettre aux jeunes d’être acteurs de leur bien-être ;
- Permettre aux adultes de les accompagner :

• en sensibilisant les personnels et les familles au repérage des signes de mal-être et à la gestion de crise,
• en renforçant leurs connaissances sur les facteurs de risques et de protection de la santé mentale (estime de soi, écoute active),
• en leur donnant des outils d’appropriation de techniques d’apaisement (relaxation, sophrologie, méditation, socio-esthétique),
• en rendant les familles plus autonomes dans l’accès au soin vers les structures adaptées,
• en facilitant le repérage précoce des jeunes en souffrance par l’écoute active,
• en connaissant mieux les professionnels de santé-social de l’établissement et du territoire.

Un partenariat, en cours de formalisation avec des équipes de recherche du laboratoire CIREL de Lille (Sciences de l’éducation), permettra d’accompagner les équipes sur :

• l’identification et la formalisation des besoins émergents, la construction de réponses adaptées ;
• l’élaboration de fiches-actions ;
• l’évaluation du dispositif.

QUI ?

3 membre(s) dans l’équipe - 5 partenaire(s)

Ce projet s’appuie :
- Sur la co-éducation avec les familles et les partenaires du territoire :

• Le comité de pilotage réunit les professionnels de l’éducation nationale (enseignants, infirmière, AS, Psy-EN, CPE, Direction…), les parents et les acteurs du territoire : l’élu à la santé de la ville, le cadre de santé de l’espace ADOS du Centre Hospitalier de Dunkerque, les personnels de l’établissement Public de Santé Mentale des Flandres (EPSM) ainsi que le Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) qui tient compte du projet dans son programme d’actions
• Intervention d’une structure culturelle : dans le cadre d’un projet soutenu par le CLSM sur l’impact des transformations familiales, intervention au collège (en résidence) et dans le quartier de la compagnie théâtrale Hendrick Van Der Zee.

- Sur les organes internes de l’établissement :

• Le CESC de réseau
• L’infirmière
• Les parents d’élèves des classes concernées
• Le « mardi des parents », temps de rencontre des parents du réseau
• La cellule de veille.

- Les partenaires

Structure Participation
CREPSHY
https://www.crehpsy-hdf.fr/mdph-nord.htm|Sensibilisation

et formation à la santé psychique

EPSM des Flandres
http://www.epsm-des-flandres.fr/|CMP/

Espace ados

Intervenante dans le cadre de la formation
CLSM Dunkerque
http://clsm-ccoms.org/clsm/dunkerque/|Lien

avec les partenaires territoriaux

PILOTE DU PROJET

- Les participants

• 100 élève(s)
• 15 enseignant(s)
• 10 autre(s) participant(s)

OÙ ?

Interétablissements Lille

Ecole maternelle, Collège -

Le collège Lucie Aubrac (REP+) et les 9 écoles de son réseau (4 élémentaires et 5 maternelles) accueillent majoritairement des élèves issus des QPV. Le collège intègre aussi une ULIS Troubles des Fonctions Motrices.

Cette action s’inscrit dans une démarche de territoire où la problématique de la souffrance psychique a été identifiée par les acteurs du CLSM. Le projet rejoint donc le diagnostic du territoire.

La prise en compte de la souffrance psychique et de ses impacts en milieu scolaire s’inscrit ici dans une démarche éducative et pédagogique, co-construite avec les partenaires et l’ensemble de la communauté éducative.

• Lille PAUL MEURISSE (059), ÉCOLE MATERNELLE, DUNKERQUE
• Lille LUCIE AUBRAC (059), COLLÈGE, DUNKERQUE

• 1 académie(s)
• 2 établissement(s)
• 3 classe(s)

POURQUOI ?

- Problème identifié

Le projet a été initié par l’infirmière et les parents d’élèves participant au « mardi des parents » qui ont fait émerger des constats et des besoins :

• Les jeunes expriment un mal-être croissant lié aux problématiques de l’adolescence exacerbées par les transformations familiales, les difficultés financières, la place et l’influence des réseaux sociaux, la difficulté à se projeter dans l’avenir… Cette souffrance psychique induite, qui se traduit diversement par un manque d’estime de soi, de confiance, d’incivilités, des idées suicidaires…, entrave la scolarité du jeune et son projet de vie.
• Les équipes pédagogiques se sentent parfois démunies face à certains élèves dans l’incapacité d’entrer dans les apprentissages.

La crise sanitaire et les périodes de confinement liées à la pandémie ont renforcé les difficultés et le besoin de soutien.

- Indicateur(s) quantitatif(s)

Indicateur Périodicité Source Date initiale Valeur initiale
Nb de passages à l’infirmerie pour mal-être Annuelle Données établissement 01/09/2020 0.01

- Indicateur(s) qualitatif(s)

• Motifs de passage à l’infirmerie
• Élèves en mal-être
• Climat scolaire
• Difficultés de prise en charge par les équipes pédagogiques.

QUAND ?

Du 01/09/2019 Au 31/08/2021

COMMENT ?

Des "form’actions" de la communauté éducative par des partenaires professionnels de santé, différents temps d’échanges avec eux (sensibilisation à la santé psychique, à la gestion de crise, délimitation des objectifs des uns et des autres, acquisition d’un langage commun) favorisent le développement professionnel. Certains temps sont partagés avec les parents.

Une "journée d’intégration" réunissant professeurs/élèves/parents et permettant d’apprendre à se connaître autrement. Réfléchir ensemble à l’expression des émotions, acquérir des techniques.

Différents ateliers (art-thérapie, sophrologie...) prioritairement proposés aux jeunes repérés en souffrance psychique pour qu’ils acquièrent des techniques pour s’apaiser de façon immédiate, à la maison ou en classe.

Des temps d’écoute individuels et d’échanges collectifs proposés aux élèves par l’Infirmière et le professeur principal.

Changer de regard sur l’élève, changer le regard de l’élève sur lui-même.

- Moyens mobilisés

Ressource Type Volume
Fondation de France Financier 80%
Tous les partenaires Humain 30%
Personnels EN Humain 70%

- Modalités de mise en œuvre

- 2019-20 :

• Avant la rentrée : mise en place d’un comité de coordination incluant l’ensemble des partenaires, choix de la classe-pilote.
• Lancement de l’action avec la classe, encadrée par une équipe volontaire, en associant les familles. Journée d’intégration élèves/enseignants/parents. Apprendre à utiliser les outils, à se connaître autrement (jeux de plateaux, speed dating). Lancement du jeu du "gorille et de la cacahuète" parfois utilisé en entreprise comme activité de team building car favorisant la bienveillance et l’empathie. Réflexion autour de l’expression des sentiments et des messages clairs. Lancement d’un atelier de sophrologie.
• Formation du Centre de Ressources sur le Handicap Psychique (CREHPSY) à destination de l’équipe pédagogique et des parents : sensibilisation à la santé psychique et la gestion de crise.
• Rencontre entre l’équipe pédagogique et des soignants de l’Établissement Public de Santé Mentale (EPSM) des Flandres (du Centre Médico-Psychologique, de l’espace Ado).

- 2020-2021 : Poursuite et enrichissement de l’action, avec le soutien de la Fondation de France. Renforcement de la démarche avec la classe-pilote passée en 4° et intégration d’une nouvelle classe de 5°.

• Découverte d’outils (cohérence cardiaque, outil d’évaluation du bien-être, techniques de relaxation à utiliser, par ex. avant les évaluations).
• Mise en place d’ateliers (art thérapie, sophrologie, socio-esthétique).
• Le Conseil école-collège s’empare du projet et une école maternelle est volontaire pour expérimenter l’un des ateliers avec les élèves de grande section.
• Conférence / concertations avec les enseignants ("Les traumas et l’entrée dans les apprentissages" - repérage des signes de souffrance psychique, et 1ère approche).
• Points d’étape en vie de classe et avant chaque fin de trimestre : temps d’écoute individuels et d’échanges collectifs proposés aux élèves par l’infirmière et le professeur principal.
• Des familles impliquées : vidéo de parents sur le harcèlement scolaire.

QUEL BILAN ?

- Modalités d’évaluation

• Auto-évaluation de l’action par l’équipe pédagogique
Un travail d’analyse qui porte sur les points suivants :
◦ Le bien-être des jeunes (exemple : passages à l’infirmerie...)
◦ L’évolution du climat de classe et impact sur la cohésion du groupe
◦ L’évolution des résultats scolaires
◦ L’analyse du point de vue de la vie scolaire (nombre de rapports disciplinaires, nature des faits, absentéisme…).

• Évaluation par des chercheurs
Un partenariat avec des équipes de recherche (sciences de l’éducation) en cours de formalisation, permettra d’accompagner les équipes sur :
◦ l’identification et la formalisation des besoins émergents, la construction de réponses adaptées.
◦ l’élaboration de fiches “actions”.
◦ l’évaluation de l’impact du dispositif.

- Indicateur(s) quantitatif(s) actualisé(s)

Indicateur Date initiale Valeur initiale
Nb de passages à l’infirmerie pour mal-être 01/09/2020 0.01

- Indicateur(s) qualitatif(s)

A ce stade de l’expérimentation :
• Plus de coopération dans la classe
• Climat scolaire apaisé
• Implication plus importante des élèves dans la vie de l’établissement
• Moins de passages à l’infirmerie pour mal-être dans les classes concernées
• Moins de stress au moment des évaluations

ET APRÈS ?

• Changement des pratiques pédagogiques et éducatives :
• Modification du regard des enseignants sur les difficultés des élèves à entrer dans les apprentissages.
• Meilleure prise en compte par les équipes des impacts des problématiques personnelles de chaque jeune.
• Meilleure prise en charge commune : pédagogique/éducative/santé-sociale des élèves présentant des troubles psychiques.
• Essaimage du projet dans le réseau et sur le territoire.
• Meilleure connaissance des parents et équipes enseignantes des facteurs de protection de la santé psychique et du repérage des signes de souffrance psychique et désacralisation des structures permettant la prise en charge de la souffrance psychique.
• Mise en réseau des professionnels de santé et sociaux éducatifs pour favoriser la fluidité de la prise en charge aussi bien à l’externe qu’à l’interne de l’établissement scolaire.

- Développement et suite de l’action

• Le projet va être inclus dans le Projet Territorial de Santé Mentale PTSM.
• Journée de restitution envisagée avec l’équipe de recherche.
• Diffusion au sein du CESC, des instances école-collège et du CLSM.
• Poursuite au-delà de 2022 : Fin du financement par la Fondation de France en 2022 mais volonté de poursuivre la démarche dans la durée et de diffuser le dispositif sur le réseau d’éducation prioritaire et le territoire.

Extrait de Innovathèque du 31.12.20

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