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Deux ouvrages sur le mérite : L’Illusion méritocratique, de David Guilbaud (Odile Jacob), et La Fabrique des transclasses, sous la direction des philosophes Chantal Jaquet et Gérard Bras, PUF (Le Monde)

11 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Faut-il en finir avec le mérite ?

Deux ouvrages s’attachent à déconstruire les mythes du système scolaire français, et font une critique nuancée de la possibilité (ou non) d’une ascension sociale par l’école

[…] En cette rentrée des classes plus que jamais placée sous le signe de « l’égalité des chances » avec la poursuite du dédoublement des classes de CP et CE1 en zones prioritaires, deux ouvrages viennent interroger le rôle du mérite dans notre culture scolaire : L’Illusion méritocratique, de David Guilbaud, et La Fabrique des transclasses, sous la direction des philosophes Chantal Jaquet et Gérard Bras.

Extrait de lemonde.fr du 10.10.18 : Faut-il en finir avec le mérite ?

 

David Guilbaud
L’Illusion méritocratique

« Bravo, tu l’as bien mérité ! » Tous ceux qui ont rejoint le camp des vainqueurs du jeu scolaire et universitaire voient ainsi salués leurs efforts et leur « mérite », leurs « capacités » et leurs « talents ». Mais ces éloges ont un revers : en élevant les uns, ils rabaissent les autres, définis précisément par ce qu’ils ne sont pas.

David Guilbaud, lui-même issu de ce système méritocratique, montre comment, en dépit des travaux de Bourdieu et de ses successeurs, en dépit des dispositifs d’« égalité des chances » qui se développent, tout concourt à maintenir un statu quo inégalitaire dès les premières années du parcours scolaire.

C’est cette discordance entre les discours et la réalité que ce livre examine. Avec une question : pourquoi ce système est-il si ardemment défendu non seulement par les gagnants du jeu « méritocratique », mais aussi par ceux qu’il a laissés de côté ? Bref, quels sont les ressorts de cette illusion méritocratique et pourquoi est-il important de la dissiper ?

Un guide d’autodéfense intellectuelle à l’usage de ceux qui doutent de faire partie des « meilleurs ».

David Guilbaud, issu de la promotion George Orwell (2015-2016) de l’École nationale d’administration, est aujourd’hui haut fonctionnaire.

Extrait de odilejacob.fr : L’illusion méritocratique

 

La fabrique des transclasses
Chantal Jaquet
Gérard Bras

PUF, 29.08.18

Résumé
Historiens, philosophes, sociologues ou psychanalystes, hommes d’arts et de métiers, les auteurs de ce livre sont pour la plupart des transclasses, produits d’une histoire singulière et collective. Ils prennent ouvertement la parole et croisent leur approche pour rendre visible une réalité parfois idéalisée mais très souvent méconnue : celle du passage d’une classe à une autre. Ni fierté outrancière, ni honte coupable : ils veulent avant tout comprendre l’origine et la nature d’un tel changement social et s’interroger sur la fabrique d’une manière d’être et de vivre l’entre-deux.

À travers des récits en première personne et l’examen de figures et de configurations historiques, présentes et passées, ils analysent la force des affects à l’œuvre, les mutations de l’identité et les questions soulevées par la condition de transclasses. Ils font ainsi le pari que les mouvements au sein de la société ne sont pas réductibles à des données statistiques, que l’intime a une portée politique et peut être audible et utile à tous, transclasse ou non.

Extrait de puf.com : La fabrique des transclasses

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