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Un rapport d’inspection générale souligne la forte influence des origines sociales dans l’orientation vers des parcours scientifiques et techniques, du collège aux grandes écoles (extraits)

18 janvier 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les parcours scientifiques et techniques : une action volontariste est possible (inspection générale)
Rapport n° 2015-088
Décembre 2015
Érick ROSER, Inspecteur général de l’éducation nationale

SOMMAIRE

Introduction
1. L’accès à l’emploi favorable aux diplômés scientifiques et techniques

2. Forte progression du nombre annuel de bacheliers scientifiques
2.1. Vingt mille bacheliers scientifiques et techniques supplémentaires par an
2.2. Une plus grande mixité des parcours scientifiques
2.3. Mais l’empreinte des origines sociales reste forte

3. Des déterminants de genre actifs tout au long de la scolarité
3.1. Plus de redoublements chez les garçons
3.2. Davantage de passages en seconde générale et technologique pour les filles
3.3. Un choix d’enseignement d’exploration très différents selon genre
3.4. Des orientations scientifiques chaque année plus nombreuses en fin de seconde mais un écart entre les filles et les garçons qui ne se réduit pas

4. Une forte influence des origines sociales à chaque palier d’orientation…
4.1. En fin de troisième
4.2. En fin de seconde
4.3. Grande corrélation entre les PCS et la probabilité d’accès à un parcours scientifique

5. De grandes disparités territoriales dans les orientations scientifiques
5.1. Des évolutions favorables dans toutes les académies
5.2. Des indicateurs académiques pas toujours corrélés aux caractéristiques sociales
5.3. Des écarts disparates entre les garçons et les filles
5.4. Des disparités départementales

6. Une série scientifique pour les « bons élèves » qui souhaitent retarder leurs choix
d’orientation
6.1. Des séries hiérarchisées par leur offre d’enseignement et leurs débouchés
6.2. Une série S avec des élèves majoritairement à l’heure ou en avance
6.3. Une série S elle-même hiérarchisée par le biais des enseignements de spécialité
6.3.1. Évolution dans le temps du choix de l’enseignement de spécialité
6.3.2. Des choix très différents selon le genre
6.3.3. Des choix fortement déterminés par le niveau scolaire

7. Des poursuites d’études post-baccalauréat en évolution
7.1. L’augmentation du nombre de bacheliers scientifiques n’a pas profité aux cursus
scientifiques et techniques
7.2. Les cursus scientifiques et techniques se sont modifiés
7.3. Un développement sensible des orientations en sciences humaines et sociales
7.4. Des disparités académiques…
7.4.1. Dans les poursuites en cursus sciences et techniques
7.4.2. Dans les cursus PACES

8. Étude de l’accès en classes préparatoires scientifiques et aux formations d’ingénieur
8.1. Les CPGE ne font que reproduire le déséquilibre social de leur vivier de recrutement
8.2. Des disparités territoriales inexplicables
8.2.1. Au niveau académique
8.2.2. Au niveau départemental
8.2.3. Au niveau des lycées.
8.3. Les classes préparatoires fournissent à peine plus d’un tiers des entrants en école d’ingénieur
8.4. Doublement en vingt ans des diplômes d’ingénieur

9. Une réelle mobilisation pour sensibiliser les jeunes aux études et carrières scientifiques et techniques

Conclusion et préconisations

ANNEXE

RÉSUMÉ

Le constat le plus préoccupant de cette étude sur les scolarités du collège à la première inscription dans l’enseignement supérieur est l’effet des déterminants sociaux sur les parcours scolaires, qui se traduit par une surreprésentation très prononcée des catégories socioprofessionnelles favorisées dans les classes de terminale scientifique et technique. On peut même affirmer que les classes
préparatoires aux grandes écoles sont accusées à tort de la panne de l’ascenseur social dans la mesure où elles recrutent dans un vivier socialement déséquilibré, ce qui limite leurs possibilités d’action, même si les mesures prises depuis 2008 pour favoriser l’accès des boursiers ont eu des effets non négligeables. En fait, le déséquilibre social constaté en fin de parcours s’installe progressivement et subrepticement tout au long de la scolarité secondaire. C’est incontestablement
le problème auquel il faut s’attaquer prioritairement afin de conduire davantage d’élèves issus de milieux modestes dans les formations scientifiques et techniques, cela d’autant plus que les insertions professionnelles permises par un diplôme scientifique ou technique sont bien plus favorables que celles des autres voies de formation.

S’agissant de la mixité des parcours, on note une progression lente mais effective de la part de jeunes filles dans les formations scientifiques et techniques, même s’il y a encore d’importantes marges de progrès, certaines représentations ayant la vie dure. [...]

Enfin, l’étude met en évidence d’importantes disparités territoriales dans les orientations scientifiques et techniques, qui ne s’expliquent pas par des différences de niveau scolaire. Ainsi, la probabilité pour un élève de troisième d’accéder à une première scientifique et technique peut varier de 12 % à 32 % selon les départements. De même, les orientations en classes préparatoires après la classe terminale vont du simple au double selon les territoires. De tels écarts montrent qu’il
n’y a pas de fatalité en matière d’orientation scientifique. Ils invitent même à la prudence dans l’analyse des causes et dans les préconisations formulées. Si des mesures nationales méritent d’être étudiées, telle l’organisation pédagogique du lycée, il ne faudrait pas sous-estimer l’importance et la nécessité d’un pilotage à tous les niveaux de responsabilité du système éducatif, de l’académie ou région à l’établissement scolaire. L’affirmation récurrente d’une priorité aux sciences dans les textes nationaux (circulaires ou programmes annuels performance de la mission enseignement) ne semble pas avoir la portée suffisante pour conduire les académies à retenir le développement des parcours scientifiques parmi les axes prioritaires de leur projet. Moins d’un projet académique sur trois y fait référence et plus rares encore sont ceux qui intègrent la dimension sociale et le suivi au-delà du baccalauréat. Le sentiment que le problème est d’ampleur nationale, voire internationale, semble l’emporter sur la conscience qu’il existe des facteurs locaux contre lesquels il est possible de lutter.

Il apparaît nécessaire de mettre à disposition des acteurs éducatifs intermédiaires des indicateurs spécifiques sur les parcours scientifiques et techniques, du collège jusqu’à l’enseignement supérieur, et de renforcer l’information et la formation des professeurs et des chefs d’établissement sur l’orientation. En effet, les mécanismes sociaux et de genre à l’œuvre tout au long de la scolarité secondaire ne sont pas toujours visibles à l’échelle d’un établissement, d’un département, voire d’une académie et, faute de disposer d’éléments de comparaison, chacun peut avoir la conviction de faire le maximum et de ne pas avoir réellement prise sur le problème.

Introduction

[...]
Très récemment, en 2013, le Haut Conseil de la science et de la technologie1 a conduit une étude très complète sur l’attractivité des carrières scientifiques et techniques, avec une approche multidimensionnelle du sujet. Le lecteur est invité à se référer à ce travail de synthèse et trouvera en annexe les préconisations qui ressortent de cette étude. Comme le précise le rapport : « De manière pragmatique, le Haut Conseil a jugé qu’il était pertinent d’étudier les différents facteurs qui contribueraient à ce que tout jeune bachelier ayant une image suffisamment positive de la science et de la technologie puisse notamment :
– dans un premier temps, souhaiter s’engager dans des études scientifiques ou
technologiques,
– ensuite, tout au long de ses études, être conforté dans son choix par la lisibilité
de l’enseignement supérieur et les stages pratiques effectués en laboratoire ou en
entreprise,
– à la fin de son cursus, postuler à un emploi utilisant ses compétences scientifiques et/ou technologiques en France et/ou à l’étranger,
– après son entrée dans la vie active, être satisfait du déroulement de son parcours
professionnel, notamment en termes d’épanouissement personnel et d’évolution de
carrière. »
Aussi, est-il apparu utile de compléter le travail du Haut Conseil par une étude statistique approfondie des parcours scientifiques et techniques dans l’enseignement secondaire, du collège jusqu’à la première inscription dans l’enseignement supérieur, afin de mieux connaître les caractéristiques sociales, scolaires et de genre des élèves qui s’y engagent, avec en perspective les possibilités d’insertion professionnelle. C’est l’objet du présent rapport.

Sauf mention contraire, toutes les données de l’étude sont extraites de la base centrale de pilotage (BCP) de la direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP).

[p. 17-18 du PDF]

2.3. Mais l’empreinte des origines sociales reste forte
Il est clair, en revanche, que les parcours au lycée sont fortement influencés par les origines sociales des élèves. Ainsi, parmi les bacheliers issus des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) très favorisées, on compte 53,2 % de scientifiques contre 36,7 % pour les PCS défavorisées.
Ces écarts se retrouvent aussi bien chez les filles que chez les garçons. On compte ainsi 43,3 % de baccalauréats scientifiques et techniques parmi les bachelières issues de PCS très favorisées contre 24,9 % pour celles issues de milieux défavorisés. Pour les garçons ces pourcentages sont respectivement 63 % et 53,6 %. La plus forte proportion de bacheliers scientifiques et techniques parmi les garçons issus de milieux défavorisés (53,6 % contre 24,9 % pour les filles) est due à la série
STI2D fréquentée principalement par des garçons issus pour une grande part de milieux défavorisés.
Il est cependant surprenant de noter que le taux de mixité des baccalauréats scientifiques est indépendant des PCS et s’établit à environ 40 %12 de filles. [...]

3.1. Plus de redoublements chez les garçons
[...] Les garçons sont aussi plus nombreux, en proportion, à effectuer des parcours adaptés13 et les difficultés scolaires touchent davantage les élèves issus de milieux défavorisés, lesquels sont surreprésentés parmi les redoublants et les parcours adaptés.[...]

[p. 23-27 du PDF]

4. Une forte influence des origines sociales à chaque palier d’orientation…
À chaque palier d’orientation on constate des différences très marquées selon les PCS d’origine des élèves, ce qui aboutit en fin de parcours à rendre majoritaires les catégories favorisées dans les filières scientifiques et techniques, notamment en série S. Deux étapes sont particulièrement éclairantes sur les mécanismes à l’oeuvre, la fin de troisième et la fin de seconde, à degrés plus ou moins prononcés selon les années ou les académies.

4.1. En fin de troisième
Dès la fin de troisième, les orientations se montrent très sensibles aux catégories sociales d’origine : quand moins d’un élève sur deux issus de PCS défavorisées accède à la seconde générale et technologique, ce sont près de neuf élèves sur dix des catégories très favorisées qui empruntent un tel parcours. Pour la voie professionnelle, on observe une situation inverse ainsi que le montrent les graphiques ci-dessous. En outre, à notes comparables, les demandes d’orientation des familles
varient fortement selon l’origine sociale, le niveau de ressources ou de diplômes des parents, ainsi que l’a étudié la DEPP dans une note publiée en 2013. Ainsi, pour des élèves ayant des notes au contrôle continu du brevet comprises entre 10 et 12/20, ce sont plus de 90 % d’enfants de catégories très favorisées qui demandent une seconde générale et technologique contre environ 60 % d’enfant des catégories défavorisées. De même pour les élèves ayant des notes entre 12 et 15, 98 % des PCS
très favorisées expriment des voeux pour la 2nde GT contre environ 85 % des PCS défavorisées. [...]

4.2. En fin de seconde
À l’issue de la seconde, les voies et séries empruntées sont elles aussi très différentes selon les origines sociales. On voit se dessiner une hiérarchie sociale des séries à l’image des hiérarchies scolaires implicites, entre voie générale et voie technologique d’une part puis à l’intérieur de la voie générale entre les séries ES, L et S, ainsi que le montre le graphique ci-dessous représentant la répartition sociale des
différentes orientations des élèves scolarisés en seconde en 2012-2013. On observe ainsi que les orientations en série S se caractérisent par une surreprésentation des PCS très favorisées ou favorisées (58,3 %) à l’inverse des orientations vers la première STMG qui sont majoritairement le fait des PCS moyennes ou défavorisées (68 %). [...]

Ces différences ne s’atténuent pas avec le temps, même si les taux d’accès en série scientifique augmentent d’environ 5,5 % dans toutes les catégories sociales. Ainsi, entre 2006 et 2014, les taux de passage vers une première scientifique (S, STI, STL) passent de 27 % à 32,2 % pour les catégories défavorisées, soit 5,2 % d’augmentation, de 32,2 à 37,6 pour les PCS moyennes. L’augmentation est de 5,8 % pour les PCS très favorisées et de 6,2 % pour les PCS favorisées.

Les niveaux d’orientations par PCS dans les séries de première sont différents selon le genre mais on retrouve les mêmes profils. Pour la série S, le pourcentage d’orientation des garçons est, dans tous les milieux, supérieur d’environ 9 % à celui des filles. Les graphiques ci-dessous illustrent que l’écart entre les garçons et les filles s’observe dans tous les milieux sociaux d’origine.

4.3. Grande corrélation entre les PCS et la probabilité d’accès à un parcours
scientifique Le cumul des processus d’orientation de fin de troisième et de fin de seconde, conduit à des écarts très prononcés de comportement scolaire non seulement entre garçons et filles comme cela a été vu dans le chapitre 3 mais aussi en fonction des milieux sociaux d’origine.
Ainsi la probabilité pour un élève de troisième issu d’un milieu défavorisé de suivre un parcours scientifique ou technique en 2013 est de 14,3 % alors qu’elle est de 44 % pour les PCS très favorisées25. Autrement dit, à peine un élève sur sept issu de milieux défavorisés en troisième, poursuivra dans une série scientifique de première alors que ce sera le cas de près d’un élève sur deux issus de milieux très favorisés.
L’écart entre les garçons et les filles est plus ou moins accentué par le milieu d’origine avec, pour les garçons de troisième issus d’un milieu défavorisé, une probabilité d’accéder à un parcours scientifique (S, STI2D ou STL) égale à 17,1 % (filles : 12,2 %) alors dans les milieux très favorisés les garçons de troisième ont une probabilité égale à 49,5 % d’emprunter un parcours scientifique ou technique contre 38,3 % pour les filles issues des mêmes PCS.
Notons enfin qu’en accueillant une part significative d’élèves issus des milieux défavorisés ou des classes moyennes, les séries STL et STI2D corrigent quelque peu les orientations socialement sélectives conduisant à la série S26, essentiellement pour les garçons.

[p. 29-30 du PDF]

5.2. Des indicateurs académiques pas toujours corrélés aux caractéristiques
sociales
Il convient toutefois de relativiser les disparités entre académies en tenant compte des
caractéristiques sociales de leur population scolaire, tant cette variable influe sur les processus d’orientation. Le graphique ci-dessous met en relation la proportion de PCS favorisées ou très favorisées de chaque académie avec la probabilité d’accès à un parcours scientifique. On y observe que l’influence des PCS sur les flux d’orientation scientifique est variable selon les territoires. On peut ainsi repérer des académies avec une composition sociale plutôt favorisée mais dont les orientations
scientifiques sont corrélativement limitées (Versailles, Grenoble, Lyon) et d’autres au contexte moins favorisé (Limoges, Besançon, Nancy-Metz, Dijon) mais qui conduisent une proportion importante d’élèves dans des parcours scientifiques et techniques. Pour certaines, comme Toulouse et Grenoble, les proportions de PCS favorisées sont similaires alors que les pourcentages d’élèves de troisième qui empruntent un parcours scientifique sont très différents (27 % pour Grenoble contre 30 % pour Toulouse), ce qui sera détaillé plus loin. [...]

[p. 34 du PDF]

Ces disparités territoriales prouvent, s’il en était besoin, que les facteurs à l’oeuvre dans les mécanismes d’orientation peuvent être partiellement maîtrisés. Si les déterminants sociaux et de genre pèsent lourdement sur les choix de parcours scolaires, il est raisonnable de penser que des politiques volontaristes pour promouvoir et accompagner les orientations scientifiques peuvent en limiter les effets. Encore faut-il que les responsables académiques et les acteurs au plus près des
élèves disposent d’indicateurs pertinents, ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui, car bien des observations faites ci-avant ne sont pas visibles à l’échelle d’un établissement, d’un département, voire d’une académie, ce qui limite les possibilités d’action faute d’un diagnostic éclairé.

[p. 35 du PDF]

[...] Ainsi, la série S se révèle être la série des « bons élèves » issus majoritairement de milieux intellectuels et favorisés. Elle est davantage choisie pour l’ouverture des orientations qu’elle permet après le baccalauréat que pour sa vocation scientifique, ce que l’épisode relatif à l’enseignement de l’histoire-géographie lors de la réforme du lycée en 2010 n’a fait que confirmer. La suppression de cet enseignement en classe terminale avec une épreuve anticipée en fin de première s’est en effet heurtée à l’image généraliste de la série S et explique la pression qui s’est exercée pour le
rétablissement de cet enseignement. [...]

[p. 47-48 du PDF]

[...] 8. Étude de l’accès en classes préparatoires scientifiques et aux formations d’ingénieur
Ce chapitre s’intéresse plus particulièrement à l’accès des bacheliers scientifiques aux classes préparatoires scientifiques. Il montre que les CPGE sont injustement les boucs émissaires de la panne de l’ascenseur social. On tire en effet des conclusions hâtives, souvent accusatrices, du déséquilibre constaté entre la répartition sociale des classes de sixième et celle des classes préparatoires. Si le contraste est saisissant, 23 % de PCS très favorisées en classe de sixième contre 54 % en CPGE scientifiques (soit plus du double) et 34 % de défavorisées en sixième contre 11 % en CPGE (soit trois fois moins), il masque le long processus de distillation fractionnée à l’oeuvre entre la classe de sixième et la classe de terminale scientifique, processus décrit dans les chapitres précédents. Dans les faits, les classes préparatoires n’ont que peu de prise sur ce problème dans la mesure où elles recrutent dans un vivier déjà socialement déséquilibré. [...]

8.1. Les CPGE ne font que reproduire le déséquilibre social de leur vivier de
recrutement
Les classes préparatoires sélectionnent sur dossier des élèves dont le niveau et les capacités de travail doivent être suffisants pour suivre avec profit une scolarité exigeante. Afin de mesurer l’impact de cette étape de sélection dans le processus de « tri social », la répartition sociale des élèves entrant en première année de classes préparatoires scientifiques a été comparée à celle des bacheliers scientifiques qui ont obtenu leur baccalauréat avec mention. On peut en effet raisonnablement considérer que ces derniers reflètent assez fidèlement le vivier de recrutement des classes préparatoires scientifiques.
Les figures ci-dessous montrent une similitude troublante entre les profils sociaux des bacheliers scientifiques avec mention et ceux des étudiants qui accèdent aux classes préparatoires scientifiques, ce qui autorise à penser que l’étape de sélection des classes préparatoires n’aggrave que faiblement le déséquilibre social de leur vivier de recrutement. [...]

[p. 52-53 du PDF]

8.2.2. Au niveau départemental
[...] En se restreignant à la population des bacheliers issus des PCS moyennes ou défavorisées, on constate là aussi des écarts importants entre départements, montrant qu’il n’y a pas de fatalité sociale en la matière. Ainsi, des académies comme Reims, Versailles et Nice ou encore des départements comme le Val d’Oise et la Seine-Saint-Denis conduisent en classes préparatoires /scientifiques une proportion significativement plus importante d’élèves issus de milieux modestes.

Ces différentes cartes mettent en évidence des départements ou académies qui semblent favoriser à l’accès en classe préparatoire scientifique comme le Finistère, le Nord, le Gard, la Haute-Garonne, la Haute-Vienne, le Territoire de Belfort, la Corrèze ou encore les académies de Reims, Nice et d’Aix-Marseille. Ces territoires contrastent avec d’autres où l’accès est très limité. Sans doute faudrait-il envisager un pilotage national de ce dossier afin de rééquilibrer la situation.

[p. 55 du PDF]

8.2.3. Au niveau des lycées
Les classes préparatoires sont l’emblème de la méritocratie républicaine et l’étude précédente montre que l’action en faveur d’une plus grande démocratisation trouve ses limites en raison du déséquilibre social de leur vivier de recrutement. Des progrès sont certes possibles au niveau des CPGE mais la priorité doit être donnée à la démocratisation de l’accès aux classes terminales scientifiques et les efforts doivent se concentrer sur la lutte contre le long processus de distillation sociale à l’œuvre sur l’ensemble de la scolarité secondaire, voire primaire.

Pour autant, les variabilités territoriales mises en évidence dans cette étude à propos de l’accès aux classes préparatoires scientifiques et ses relations ténues avec les caractéristiques scolaires des élèves montrent qu’il est possible d’améliorer sensiblement la situation de certains territoires par un pilotage volontaire. Se pose ici la question de formaliser des indicateurs comparatifs et de les mettre à la disposition des responsables pédagogiques afin de les aider à établir un diagnostic précis pour
mieux cibler les actions à mener.

Le rapport (67 pages)

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