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B* Lecture et production d’images avec le numérique en écoles maternelle et élementaire ECLAIR à Graulhet (Tarn) (Forum Enseignants Innovants 2013)

5 avril 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

Un site collaboratif de lecture et production d’images et de textes, support d’activités multiples à l’usage des jeunes apprenants du cycle 2, tel est le pari de Nathalie Thomas, conseillère pédagogique, et des professeurs des écoles qui participent au projet (13 à ce jour), dont Karine Renaud, avec sa classe de CP-CE1 de l’ école élémentaire de Crins, à Graulhet, école ZEP dans le Tarn, est la porte-parole.

Le principe initial repose sur le postulat selon lequel les processus de la lecture d’image peuvent être transférés directement à la lecture de texte, et que les deux formes de langage, écrit et pictural sont intimement liées. Or, l’attitude récalcitrante de l’apprenant en position de tâche scolaire, comprenez devant un texte à lire ou à écrire, semble disparaître lorsqu’il est confronté à l’image, qu’il vit comme situation ludique, non scolaire.

Nathalie, passer par les outils numériques est tout d’abord une façon d’entrer dans la lecture par le visuel, l’image, le jeu. Mais associer l’image au mot, le faire de façon ludique, affiner les techniques d’expression, faire preuve d’autonomie et participer à un travail collaboratif, Freinet l’avait déjà mis en œuvre, et tout cela se faisait en classe bien avant l’ère du numérique. Quel est le réel apport de l’informatique, à part la réponse à l’item : « Utiliser les techniques usuelles de l’information et de la communication et développer la culture numérique » ?

Il est évident que l’exigence d’utilisation des outils numériques à l’école existe, mais l’utilisation de notre programme va plus loin. C’est une véritable démarche d’analyse en vue de produire. L’élève va d’abord être confronté à la base de productions existante, et va devoir lire l’image : la placer dans un contexte, donc mobiliser un savoir encyclopédique, voire historique, imaginer le hors-cadre, voir, comprendre, déduire, pour accéder au sens. Il met en place des stratégies de lecture. Ces stratégies lui sont d’autant plus nécessaires qu’il va avoir envie de participer au projet, donc de proposer à son tour des images, de les produire. Certaines images sont des devinettes à déchiffrer (notamment dans le module « du détail au général »), et il va chercher à induire le lecteur en erreur. Il doit maîtriser sa première intention et appliquer des techniques qu’il saura reconnaître ensuite lorsqu’il sera confronté aux images de son environnement (Internet, télévision, pub…). C’est un vrai travail sur le sens critique. Si l’on applique tous ces procédés à la lecture et à la production des textes qui accompagnent ces images, on obtient de vrais lecteurs.

Comment est né le projet et quel a été ton rôle dans le développement de l’outil ?

Ce sont des enseignants en dispositif ECLAIR qui étaient en demande, démunis devant les difficultés d’apprentissage de leurs élèves. Et un constat sur le manque d’activités d’expression écrite en cycle 2. Nous nous sommes tout d’abord lancées, avec Karine Renaud et sa classe de CP-CE1 avec de nombreux enfants en grande difficulté, ainsi que l’animateur informatique de la circonscription (Daniel Bénimélis), dans la construction du module « Du détail au général ». J’ai conçu une « carcasse » de séquence, que nous avons enrichie pendant 10 séances de pratique de classe. Cette base a ensuite été proposée à d’autres classes intégrant le projet, et enrichie au fur et à mesure, ce qui est le principe de l’application. Puis, nous avons créé le module « Couleurs du monde », dans une classe de GS-CP de Graulhet, dont le public est « plus favorisé ». Nous testons actuellement le troisième module « les contraires ».

Est-ce que les classes de maternelle sont à même d’analyser les principes d’écriture par rapport à l’image ?

Non, bien-sûr, ici, c’est la démarche de l’enseignant qui est fondamentale. C’est à lui d’amener à l’exploration, qui d’ailleurs ne se cantonne pas à la base de données proposée sur le site. Des ouvrages comme « Tout en couleur » de Zazie Sazonoff, les livres de photos de Tana Hoban ou les affiches de Régis Le Jonc peuvent être explorés avec profit. Les banques de mots sont constituées de manière classique, avec des recherches d’allitérations, de rimes, de mots contenant le même son, qui font penser à la même couleur, etc. L’enrichissement lexical s’est fait aussi au niveau des couleurs avec un travail autour de nuanciers… C’est un travail de développement de la curiosité, de l’imaginaire autant qu’un travail sur la graphie et la phonie.
[...]

Vous dites : « Le projet ne relevant pas pour les élèves, de compétences scolaires, les plus en difficulté s’y engagent pleinement ».

Oui, le succès est frappant auprès des plus réticents devant les situations scolaires. De plus, nos élèves sont issus de la génération écran, (digitales natives), de fait ils associent l’activité proposée aux loisirs. Ils entrent dans le jeu, et ne se rendent pas compte qu’ils sont en phase d’acquisition. Pourtant, les compétences scolaires sont bel et bien mises en jeu ! [...]

Le site

Extrait de cafepedagogique.net du 05.04.13 : 6ème Forum des enseignants innovants : « Des mots et des clics » : Les TICE pour appuyer la lecture en école ECLAIR

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