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POSITION OZP dans le débat sur l’école (novembre 2003)

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Les ZEP dans le débat sur l’école

Novembre 2003

Les propositions de l’OZP

1 - L’OZP réaffirme la nécessité d’une politique d’éducation prioritaire dans les territoires où le service public est défaillant dans ses missions envers les élèves des catégories sociales défavorisées, en particulier dans les zones où ils sont très concentrés. Nous demandons son inscription dans la Loi.
En même temps, le dispositif territorial de discrimination positive doit retrouver tout son sens et rompre avec les dérives qu’il a connues.

2 - Une ZEP ne devrait exister que lorsqu’elle réunit des acteurs mobilisés, en équipe, autour d’un projet et en partenariat. Le classement en zone d’éducation prioritaire ne doit pas être déterminé par un seul facteur mais répondre à une situation globalement très dégradée se traduisant par un échec scolaire très élevé et par un environnement social appelant les mesures les plus fortes de la politique de la ville.

3 - Ces acteurs mobilisés, solidaires d’un public plus " difficile ", prennent collectivement des engagements non prévus dans leur statut : travail collectif lié à un projet d’établissement, contraintes horaires pour rencontrer les parents ou les partenaires, définition large du métier d’enseignant incluant un travail d’éducation, etc.
Ces contraintes appellent un aménagement des conditions de travail et des obligations de service, un accompagnement et un appui de l’institution et supposent le développement du volontariat (voir l’exemple du dispositif PEP IV).
Cette mobilisation et ce volontariat sont particulièrement nécessaires pour l’encadrement.

4 - Les personnels en ZEP doivent bénéficier d’un accompagnement particulièrement dense et de qualité et être prioritaires pour la formation continuée. La formation initiale et les stages en responsabilité doivent s’effectuer dans des territoires socialement variés et préparer ainsi plus nettement à l’enseignement à tous les publics.

5 - L’ancrage territorial de l’éducation prioritaire est essentiel à nos yeux. L’école participe à la prise en charge des problèmes de son environnement et l’environnement participe à la prise en charge des problèmes de l’école.
Le partenariat, entre autres fonctions, permet de développer le secteur périscolaire et d’envisager le temps de l’enfant dans sa globalité.

6 - Les ZEP doivent bénéficier du soutien constant de l’institution. Ce soutien se traduit par un pilotage effectif du dispositif à tous les niveaux du système éducatif, par des contrats négociés au plus près du terrain et impliquant réellement les acteurs, par un accompagnement dense des personnels et la nomination de volontaires, en particulier pour l’encadrement.

7 - Les programmes et les exigences sont les mêmes en ZEP et en dehors.
En outre, le système éducatif doit reconnaître et valoriser d’autres savoirs pour tous afin de répondre à la diversité des aptitudes et goûts des élèves. Ces autres savoirs, pas plus que les options existantes, ne doivent être le prétexte à la reconstitution de filières, auxquelles nous sommes fermement opposés.

8 - Il n’y a pas vraiment de pédagogie spécifique en ZEP, mais les démarches de projet, les dispositifs innovants, les pratiques pédagogiques préconisées par les mouvements pédagogiques sont particulièrement nécessaires en ZEP.
Les ZEP, qui sont souvent des lieux d’innovation pédagogique, devraient être des lieux privilégiés pour l’expérimentation, en liaison avec la recherche pédagogique et en s’appuyant sur des centres de ressources.

9 - L’attribution de moyens supplémentaires ne doit pas être la caractéristique essentielle des ZEP. Notre première exigence est qu’aucune des défaillances habituelles du système ne soit tolérée en ZEP, que jamais des stages ne soient supprimés, qu’il n’y ait pas de postes vacants tenus par des maîtres auxiliaires ou des " faisant fonction ", que des personnels absents ne soient pas remplacés, etc. Certes, des moyens sont nécessaires, quelquefois pour diminuer les effectifs par classe, mais surtout pour faciliter et développer la concertation, le travail en équipe, l’accompagnement, la formation, le partenariat, etc.
Exceptionnellement, dans des situations particulièrement dégradées, des moyens massifs peuvent être délégués contractuellement, pour une durée limitée et dans le cadre de la réalisation d’un projet bien défini.

10 - Les exigences que nous avons pour les zones les plus difficiles ne peuvent pas concerner les 20% d’élèves des écoles et collèges actuellement en ZEP-REP. D’une part parce que l’accompagnement effectif des personnels, l’appui spécifique de l’institution, les dérogations nécessaires pour donner la priorité aux volontaires dans les nominations de personnel ne peuvent fonctionner que pour une petite minorité. D’autre part parce qu’il n’est pas normal qu’une grande partie de l’école populaire se retrouve dans une situation d’exception. Une concentration des efforts sur une petite minorité d’établissements est donc indispensable.

Ce que nous demandons pour les ZEP existe déjà : c’est le meilleur de l’école actuelle. Nous demandons que ce meilleur de l’école soit en priorité garanti aux élèves qui connaissent actuellement le pire et que pour eux aucune défaillance du système ne soit tolérée.

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