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Un rapport détaillé d’une caisse de retraite sur les missions et les conditions de travail des Atsem, avec de nombreux exemples et propositions (ToutEduc)

26 mai 2023

“Près d’une ATSEM sur deux déclare commencer la journée en étant épuisée“ (rapport, CNRACL)

“Près d’une ATSEM sur deux déclare commencer la journée en étant épuisée“, peut-on lire dans une étude réalisée par le fonds national de prévention de la CNRACL (caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales).

L’enquête, menée au sein de 340 écoles maternelles de 15 collectivités (14 communes et une communauté de communes) et basée sur 900 réponses, a pour objet les conditions de travail des quelque 57 000 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles.

Résultat, bien que “trois ATSEM sur quatre sont fières de leur travail“, cette satisfaction décline avec l’ancienneté et se trouve également “étroitement corrélée au nombre d’enfants géré par les ATSEM“. Ainsi, “plus le nombre d’enfants est élevé, plus la satisfaction diminue, remettant en question la possibilité de faire un accompagnement de qualité“.

En outre, 62 % d’entre elles “estiment que leur travail a un impact négatif sur leur santé physique et/ou psychologique“. L’étude souligne d’ailleurs que les pathologies musculo-squelettiques sont dominantes, à savoir au niveau du dos et des membres supérieurs (poignets et épaules, nuque). Elle précise que ces douleurs ressenties “persistent en dehors du temps de travail, impactant ainsi négativement la sphère privée“. En revanche le taux d’absentéisme “ne s’élève qu’à 4,7 %, inférieur à celui de la fonction publique territoriale dans son ensemble (5,3 % en 2020)“. Plus globalement, est indiqué que les ATSEM sont particulièrement exposées aux accidents de service (AS) et aux maladies professionnelles (MP), avec deux grandes familles de risques identifiées, les manutentions manuelles et contraintes posturales et les chutes de plain-pied ou de hauteur. A noter que 12 % des mises à la retraite d’ATSEM en 2021 découlent de l’invalidité.

Concernant le contenu et l’organisation du travail, les ATSEM “sont satisfaites de leur niveau d’autonomie et de l’adéquation des tâches à leurs compétences, même si un phénomène de glissement des tâches existe à la marge“. L’étude ajoute malgré tout qu’il “n’en va pas de même pour la communication institutionnelle et l’intégration à l’équipe éducative.“ 51 % des répondantes ont en effet souligné une communication insuffisante de l’employeur autour de ses projets. Elles mettent de plus en avant “une association à l’équipe éducative considérée comme perfectible“, ou encore “une très faible association aux décisions importantes de l’organisation de l’école“, seulement 19 % des répondantes étant invitées à participer au conseil d’école.

En termes de conditions d’exercice, ce sont le manque de temps pour bien effectuer le travail et le travail dans l’urgence qui “constituent les facteurs de contrainte les plus importants“, et qui sont soulignés par respectivement 44 % et 58 % des répondantes. Viennent ensuite les demandes contradictoires (pour 37 % des répondantes) et le manque de clarté des rôles (34 %).

Dans le thème “parcours et compétences”, on notera que l’évolution professionnelle des ATSEM “est limitée“. Si une évolution vers d’autres métiers de la petite enfance “est souvent envisagée, elle n’est pas considérée comme une véritable évolution de carrière“. Quand elle advient, c’est une fois sur quatre “dans un contexte de mobilité subie pour des raisons de santé dans le cadre d’une période préparatoire au reclassement (PPR).“ De plus, “moins de 5 % des répondantes indiquent avoir réalisé une mobilité entre 2018 et 2020, alors qu’elles sont, dans le même temps, 47 % à en envisager une. Cette intention est renforcée au-delà de 5 ans d’ancienneté, signe que se maintenir dans l’emploi d’ATSEM reste complexe.“

Dernière thématique, la reconnaissance. L’enquête fait ressortir la rémunération comme le facteur de déficit de reconnaissance le plus important, et “de loin“ pour 79 % des répondantes. Enfin, 10 % des ATSEM “ne se sentent pas reconnues par l’enseignant“, ce qui illustre leur difficulté à être reconnues au sein de la communauté éducative. C’est ainsi qu’elles décrivent le positionnement dévalorisant : “Etre assimilées à des “dames de service” ou à des “dames balais”, ne pas recevoir d’aide de la part de l’enseignant lors des tâches pénibles, se voir refuser une formation, ne pas être associées aux choix impactant l’organisation de leur travail (matériel, planification...), ne pas avoir la possibilité d’échanger avec les parents par injonction de l’enseignant..“

L’étude ici (PDF)

Extrait de touteduc.fr du 24.05.23

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