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En préparation de la Journée pour l’innovation avec le Café le 25 novembre, Libération publie trois tribunes de L. de Cock, Ph. Meirieu et L. Reynaud

18 novembre 2022

A quoi sert l’innovation ?

Le 25 novembre, retrouvez-nous au Salon européen de l’éducation à Paris pour parler pédagogie et innovation. Pour ses 20 ans, le Café pédagogique, en partenariat avec Libération, vous invite à venir parler d’innovation avec ceux qui font l’innovation au quotidien dans les écoles et dans les classes, les professeures et professeurs.

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Extrait de cafepedagogique.net du 18.11.22

 

Innovation pédagogique : où en est-on
Le forum des profs innovants : tribune de Laurence de Cock dans Libération

Innovation : itinéraire d’un mot dévoyé
D’une posture résistante, le terme est devenu un gage d’adhésion et de loyauté aux demandes institutionnelles,
par Laurence De Cock, professeure agrégée, docteure en sciences de l’éducation

Les écrits des pédagogues de l’après Première Guerre mondiale, issus de la galaxie de l’éducation nouvelle, valorisaient l’innovation. Célestin Freinet par exemple vantait sa technique d’imprimerie à l’école comme l’innovation ayant permis de bouleverser les méthodes d’apprentissage de la lecture, surtout pour les enfants pauvres, et de préparer ainsi l’avènement d’un monde nouveau. L’innovation désignait alors le pas de côté volontaire par rapport aux instructions officielles. Elle rendait la hiérarchie sourcilleuse vis-à-vis des innovateurs qui prenaient le risque de se voir admonestés ou réprimés. Près d’un siècle plus tard, le mot a changé de couleur. L’innovation est surtout encouragée par l’institution, et ce sont les enseignants les moins « innovants » qui risquent leur avancement de carrière. Comment expliquer ce retournement ?

Extrait de liberation.fr du 18.11.22

 

Le forum des profs innovants : tribune de Philippe Meirieu
Ni tabou ni totem ! Si l’innovation contribue à la mobilisation des élèves, elle n’exonère nullement de l’évaluation de ce qu’elle leur permet d’apprendre. Une tribune de Philippe Meirieu.

Comment faire rimer éducation et innovation ? A l’occasion des 20 ans du Café pédagogique, Libération organise avec des enseignants et nos invités une journée de débats et d’échanges, le 25 novembre à Paris. En attendant ce forum, nous publions témoignages et tribunes sur les sujets qui seront abordés.
Tous ceux et toutes celles qui se sont engagés dans une innovation scolaire ambitieuse vous le diront : l’institution pratique avec autant de zèle l’injonction à innover que la suspicion à l’égard des innovateurs. Hier, c’étaient Célestin et Elise Freinet poussés, contre leur gré, hors de l’éducation nationale… Fernand Oury dont les propositions étaient ridiculisées et cantonnées aux « classes de fous »… Germaine Tortel à qui l’on signifiait avec condescendance que la création artistique qu’elle voulait mettre au cœur des pratiques scolaires devait être réservée aux enfants de maternelle, avant que les choses sérieuses ne commencent ! Et, aujourd’hui, alors que le discours officiel – du plus haut sommet de l’Etat aux plus petites circonscriptions – exalte l’innovation, les pratiques quotidiennes de la hiérarchie en freinent systématiquement la mise en œuvre.

C’est ainsi que les innovateurs en sont, le plus souvent, réduits à profiter des opportunités nationales : l’arrivée d’un nouveau ministre (plutôt de gauche) qui ouvre la porte à quelques « établissements expérimentaux », la « découverte » subite par l’opinion publique de phénomènes bien connus des militants pédagogiques (comme le décrochage scolaire ou le harcèlement), l’emballement médiatique pour des méthodes qui réconcilient miraculeusement les exigences scientistes d’efficacité avec les aspirations mystico-ésotériques au « développement personnel » (dont le merchandising Montessori est un bel exemple) ou, encore, la sortie d’une circulaire qui, tout à coup, met un coup de projecteur sur des questions marginalisées jusque-là (telles l’écologie ou les théories du complot). Les innovateurs s’engouffrent alors dans la brèche et tentent de faire reconnaître ce qu’ils faisaient jusqu’alors clandestinement avec le secret espoir de faire tache d’huile. Mais ils déchantent vite : voilà qu’ils doivent fournir des justifications à n’en plus finir, passer par les fourches caudines d’une multitude d’experts et de commissions et s’engager, bien sûr, à avoir 100 % de réussite… Tandis que celles et ceux qui campent dans la routine pourront continuer, dans le plus grand confort, à reproduire les pratiques traditionnelles aux résultats aléatoires et rarement évaluées.

Extrait de liberation.fr du 16.11.22

 

Le forum des profs innovants : tribune de Laurent Reynaud

Difficile de définir ce qu’est l’innovation pédagogique, mais il est plus aisé de clarifier ce qu’elle n’est pas, et ne devrait pas être.

Reynaud Laurent est collaborateur à la Cardie de Créteil (Cellule académique recherche-développement innovation expérimentation), auteur de Faire collectif pour apprendre (éd. ESF).

Extrait de liberation.fr du 16.11.22

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