> MATERNELLE, LYCEE, Enseign. PROFESS. , APPRENTISSAGE > Enseignement professionnel et Apprentissage > Le collectif "Une voie pour tous" veut mobiliser pour réformer le lycée (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Le collectif "Une voie pour tous" veut mobiliser pour réformer le lycée professionnel (ToutEduc)

22 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

“Proposer une offre qui réponde à la demande“ : le collectif Une voie pour tous veut mobiliser pour réformer le lycée professionnel
“Le lycée professionnel est une chance qui est mal exploitée“, explique ce 21 septembre Dilan Ayassi, porte-parole du collectif "Une voie pour tous" dans une conférence de presse destinée à entériner le lancement d’un mouvement autour de la réfection d’un modèle datant de 1985.

Il est en effet question, pour cette entité encore embryonnaire, de rapprochements à venir avec, selon le collectif, des syndicats d’enseignants, plusieurs parlementaires (l’UDI, LFI, PS et un député non-inscrit) et une possible association avec l’UNEF. L’association de parents d’élèves Front2Mères y serait comptée, tout comme le Mouvement national lycéen, l’Union nationale lycéenne et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne.

“Ne pas s’arrêter au texte publié“. Pour Dilan, après une première tribune début juillet dans le journal Le Monde (voir ici), le temps est venu de passer à une “action de terrain, et la transformer en action institutionnelle“ pour entamer une réflexion profonde pouvant conduire à des textes législatifs à proposer, notamment dans le cadre de l’élection présidentielle. Son point de départ, c’est le “constat d’un abandon d’une partie des jeunes scolarisés“ en lycée professionnel, qui représentent pourtant 1/3 du total des lycéens.
Alexandre Munoz-Cazieux, enseignant à Créteil, parle lui d’une volonté de faire bouger les lignes pour “rétablir équilibre“ face à cette “immobilité du bas, de ceux qui souffrent de l’orientation subie“ : 57% d’élèves de lycée professionnel sont en effet issus de classes défavorisées.

Les autres intervenants du collectif ont également évoqué les problèmes du lycée professionnels, avec ses effectifs qui “ont diminué de manière continue depuis 2010“, ses 20 % de décrocheurs contre 8 % seulement pour les voies générale et technologique, ou encore la dévalorisation des filières et le désengagement de l’Etat. Ils ont dressé un portrait affichant mauvaises conditions d’études, moyens insuffisants, où 1000 postes de professeurs auraient été supprimés pour la rentrée 2021. Face à un “problème de conviction des élus de terrain“, face à une certaine “déconsidération de la part des parents et des élèves envers ces filières, mais aussi des professeur“, Une voie pour tous souhaite que l’orientation soit “dynamique, un projet de vie où sont associées les familles“ avec “une offre qui correspond à la demande“, et une implication des entreprises dans le milieu éducatif professionnel.

La réforme de la voie professionnelle de Jean-Michel Blanquer “entérine une division par deux des heures d’enseignement général“ et elle est, selon Dilan Ayassi, marquée par un manque d’ambition, une mise en concurrence avec l’apprentissage, et des entreprises qui décident de la construction de filières.

Une voie pour tous propose la création de 9 nouvelles filières (il en existe déjà 100, ndlr), et demande la mise en place de vraie passerelles avec cinq équivalences de diplômes et brevets. Pour pousser les lycéens professionnels à avoir une réflexion personnelle (notamment sur leur parcours, sur leurs choix), le collectif souhaite intégrer la philosophie au tronc commun du baccalauréat. Si l’idée est de réactualiser les filières professionnelles, de les réajuster à la société d’aujourd’hui, “L’ambition pour ces nouvelles filières, décrypte Amina, membre du collectif, est avant tout que les élèves puissent s’épanouir au lycée“.

Deux députés ont participé à la conférence de presse. Delphine Bagarry (députée des Alpes-de-Haute-Provence, EELV), en présentiel, a offert un “soutien total“ au collectif ainsi qu’à son combat contre les inégalités. Elle pense qu’il faut encourager ces initiatives et se dit sensible à cet orientation de filières. Selon elle, au lycée professionnel, “il y a aussi l’à-coté et il faut que l’on travaille à tous les niveaux que ce soit, sur et hors temps scolaire“.

“C’est une voie qui doit trouver toutes ses lettres de noblesse, mais qui doit être réservée à ceux qui font ce choix." Par écran interposé, Aurélien Taché (député du Val-d’Oise, EELV) estime de son côté “que les propositions (du collectif) sont extrêmement importantes“. Il considère que “trop souvent cet enseignement n’a pas suffisamment fait l’objet de mouvements ou combats en sa faveur“. Il décrit l’enseignement professionnel comme “une formidable voie d’accès à la vie professionnelle“, qui doit être revalorisée car il constate “qu’on y oriente des élèves qui ne savent pas particulièrement ce qu’ils veulent faire, et ça n’est pas leur rendre service“.

Il ajoute que “les réformes Blanquer ont très peu porté sur l’enseignement professionnel et certaines d’entre elles (comme Parcoursup) peuvent être bloquantes pour avoir des passerelles vers d’autres filières. Il précise avoir entamé un travail sur l’écriture “collective“ d’une proposition de loi.

Les 9 filières proposées : métiers de la communication, métiers des médias, métiers du sport, métiers du jeu vidéo, métiers de la mercatique, métiers de l’action sociale, musicologie, métiers du web, métiers du juridique.

Extrait de touteduc.fr du 21.09.21

Répondre à cet article