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Petites anecdotes laïques en maternelle (le blog médiapart de Sébastien Rome)

11 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Petites anecdotes laïques en maternelle

De nombreux témoignages d’enseignants font part de leur difficulté de parler de laïcité aux collégiens et aux lycéens. Qu’en est-il des enfants de maternelle ? On peut croire que la question laïque ne se pose pas à cet âge… mais c’est mal connaître l’étonnement enfantin et les valeurs parentales qu’il convoque. Petites anecdotes laïques.

La scène se déroule dans une classe de maternelle. C’est le temps de l’accueil. Les enfants entrent en classe « déposés » par leur parent. Ce moment de transition quotidien permet à chacun d’effectuer rituellement cette transformation attendue dans les objectifs de l’école maternelle : être l’enfant de ses parents et devenir élève. Un premier pas vers l’universel républicain. Les enfants jouent donc librement dans la classe au coin cuisine très prisé par les garçons et les filles, tout comme les poupées, ils se retrouvent pour parler ensemble ou s’isolent dans un coin pour finir de se réveiller, s’il ne se lance pas un jeu de construction ou un coloriage. Ils apprivoisent progressivement leur aptitude à vivre en groupe, face sociale de toute humanité, quand tous les instants de leur vie jusqu’à là, les ont individualisés.

C’est à ce moment alors qu’une petite fille de 4 ans vient me voir. Elle vient d’avoir une discussion animée avec ses camarades. Le Père Noël existe-t-il ? La question se pose généralement plutôt vers 6 ans, au CP, quand ces enfants apprentis lecteurs rencontrent les plus grands qui ne manquent pas de les instruire sur les mystères de la vie, ce dernier mystère n’étant qu’une première étape. Ici, la question est d’ordre religieux et engage une parole enseignante, car ma jeune interrogatrice me dit que dans sa religion, le Père Noël n’existe pas et que ses parents lui ont bien certifié la chose et que ce n’est pas possible de croire au Père Noël quand on croit au Jésus du Temple.

Toute dérobade est impossible. Cette question implique une réponse immédiate à une question complexe avec des mots adaptés à une enfant de 4 ans qui doivent être suffisamment clairs pour qu’en retour elle puisse en faire un usage auprès de ses camarades croyants au Père Noël et ses parents n’y croyant pas. « Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l’enfant. » Ces mots de Jules Ferry me traversent l’esprit à ce moment-là. D’autant plus, que j’ai déjà eu une première discussion avec le père de l’enfant qui m’informait qu’il ne souhaitait pas que son enfant fête les anniversaires, car c’était contre ses convictions religieuses.

À peu de chose près ma réponse à la petite fille fut la suivante :

« – Est-ce que tu penses qu’il existe toi le père Noël ? Dans ton cœur que penses-tu ?

— Je pense que le père Noël n’existe pas.

— Et que penses-tu du Jésus du Temple ?

— Je pense qu’il existe comme mes parents.

— Ce qui compte c’est ce que tu crois dans ton cœur, ça, c’est à toi et c’est important. Les autres enfants ont aussi des croyances dans le cœur et elles sont aussi importantes pour eux que pour toi. Ils croient au Père Noël et c’est important pour eux. Mais ce qui est bien, c’est qu’à l’école tous les enfants peuvent avoir des croyances dans leur cœur, mais que le maître va tous les aider de la même façon, car vous êtes tous des enfants qui ont envie de grandir et d’apprendre. »

Voici une tentative de traduction pour une enfant de 4 ans de plusieurs articles la Charte de la Laïcité élaborée pour clarifier les rapports entre personnels, élèves et parents autour des questions de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. Cette Charte mise en place par Vincent Peillon est le point d’appui qui manquait aux écoles pour faire levier. La loi de 1905, n’est ni adaptée ni renforcée, elle est rendue visible à tous. [...]

Extrait de mediapart.fr/sebastien-rome du 09.12.20
(Source : la revue de presse des Cahiers pédagogiques)

 

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