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Circulaire de rentrée 2019. Les réactions syndicales : Sgen-Cfdt, Snuipp, Unsa

5 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Sgen-Cfdt

Une circulaire de rentrée 2019 exclusivement centrée sur l’école primaire
"Tout mettre en œuvre pour permettre à chaque élève de bien commencer son parcours scolaire", tel est la phrase de conclusion de la note de rentrée 2019 spécifiquement dédiée aux apprentissages fondamentaux à l’école primaire, accompagnée de trois notes spécifiques à l’école maternelle.

circulaire de rentrée 2019 : Lire, ECRIRE, COMMPTER
C’est une fois encore la priorité nationale qui se traduit dans cette circulaire de rentrée, réduisant l’acquisition du socle commun aux apprentissages fondamentaux. Ce n’est pas le paragraphe ajouté en fin de note réduisant l’inclusion de tous à l’accueil des élèves en situation de handicap, l’enseignement artistique et culturel à la promotion du livre, de la chorale en classe ou encore la découverte du patrimoine local qui modifie le sens de la note, même si cet ajout traduit la nécessaire reconnaissance d’ouverture de l’école.

L’école vise l’élévation du niveau des élèves et la justice sociale, c’est le sens de la loi de refondation et du socle commun de connaissances de compétences et de culture, auquel il n’est pas fait référence. Tout·e professeur·e des écoles a le souci de la réussite de ses élèves. Lire, écrire, compter sont des objectifs ambitieux qui méritent d’être déployés au travers d’activités scolaires multiples et variées, suscitant l’intérêt des élèves. Mais la curiosité intellectuelle, l’estime de soi, la découverte du monde sont des objectifs quasi absents de la note de rentrée 2019.

ÉCOLE DE LA CONFIANCE
Cette circulaire impose des pratiques pédagogiques, particulièrement en classe de CP et de CE1, centrées uniquement sur l’apprentissage du français et des mathématiques. La note impose le contenu des formations, les supports, multiplie les visites des inspecteurs de circonscription, les évaluations nationales.

L’enseignement obligatoire à 3 ans entraîne de nouvelles formes de contrôle pour plus de justice sociale et pour la protection de l’enfance. Présenter la justice sociale conditionnée au contrôle donne une vision de la confiance bien difficile à entendre.

Malgré des propos liminaires rappelant les objectifs d’épanouissement de l’enfant et confortant la place de l’école maternelle, le Sgen-CFDT dénonce l’exigence d’assiduité dès 3 ans, qui est conditionnée aux moyens matériels et humains mis en œuvre pour assurer de bonnes conditions de scolarisation. Les trois notes : acquisition du langage oral et écrit, connaissance des nombres, découverte des langues vivantes étrangères se concentrent sur la préparation des élèves aux apprentissages fondamentaux. La seule optique d’améliorer les résultats au cycle 2 occulte la connaissance du développement du jeune enfant qu’il est impératif d’ajouter à la formation des enseignant·es.

Si le Sgen-CFDT est attaché à la nécessaire collaboration entre les personnels de l’école et les familles, les formations communes, c’est avant tout de temps pour travailler ensemble et d’un accompagnement spécifique aux besoins du terrain dont les équipes ont besoin ! On est bien loin dans cette note de l’école de la confiance envers les personnels !

Extrait de sgen.cfdt.fr du 29.05.19

 

SNUipp

Pour la rentrée, une circulaire bien carrée

La circulaire de rentrée publiée au BO ce mercredi 29 mai ne concerne que l’école primaire et martèle à chaque bout de ligne la priorité mise sur le « lire, écrire, compter ». Elle s’accompagne de nouvelles « recommandations » et indications fortes de pratiques pédagogiques notamment pour l’école maternelle qui fait l’objet de trois nouveaux guides sur le langage, la découverte des nombres et les langues vivantes étrangères.

Sans surprise, la circulaire de rentrée reprend les éléments saillants de la politique en cours au ministère (dédoublement, pilotage académique, instruction obligatoire à 3 ans) et consacre encore une fois la priorité nationale à l’enseignement des « fondamentaux » qui se résument aux seuls « Lire, écrire, compter et respecter autrui ». La rédaction finale de la circulaire a finalement concédé un chapitre pour « Cultiver le plaisir d’être ensemble » et un paragraphe pour développer l’éducation artistique et culturelle qui se trouve résumé à l’instauration de chorale partout et à la promotion de la lecture et du livre par la fréquentation des bibliothèques. Voilà une « idée qu’elle est bonne » et à laquelle personne n’avait pensé jusque-là …

La maternelle chamboulée
C’est bien la maternelle qui constitue la principale cible de cette circulaire. Une maternelle particulièrement revisitée, bien loin des programmes de 2015 qui avaient pourtant recueilli l’unanimité de la communauté éducative lors de leur passage devant le conseil supérieur de l’éducation. Ainsi l’accent est-il mis dès la petite section sur l’apprentissage de mots et l’entraînement à la phonologie avec des recommandations pédagogiques particulièrement précises. Pas moins de trois guides d’accompagnements sont joints à la circulaire. On y trouve surtout une entrée précoce dans des apprentissages normatifs et évalués ce qui constitue une méthode très efficace pour construire de la difficulté scolaire dès le plus jeune âge.
La lecture attentive de ces guides expliquant qu’on doit « éviter d’assoir tous les élèves par terre », ou encore en rappelant aux enseignants et aux enseignantes qu’ils et elles doivent « après une lecture engager les élèves à prendre la parole et …montrer de l’attention pour ce qu’ils disent » (sic), pourra également au mieux, prêter à sourire, ou finir de convaincre la profession sur le niveau de confiance qui lui est accordé.

Les fondamentaux ont leur chapitre
Un chapitre entier est consacré à l’apprentissage des « fondamentaux » visant dans un premier temps à justifier les évaluations CP et CE1 largement décriées à la fois par la profession mais également récemment par un éminent chercheur qui a pu montrer l’imposture du traitement de leurs données.
Et la circulaire va plus loin sur ce sujet en donnant à chaque année scolaire du CP au CM2 des objectifs précis et quantifiés d’apprentissages comme cette étrange norme de « 50 mots lus à la minute en fin de CP ». Voilà de quoi jeter définitivement aux oubliettes des programmes conçus en cycle partant de ce que l’élève sait pour le faire progresser et prenant en compte ses rythmes d’apprentissages.

La mise au pas des pratiques pédagogiques : du pilotage au formatage…
Un chapitre entier est également dévolu au « pilotage en soutien de l’action pédagogique des professeurs », car dit le texte « La mise en œuvre des recommandations pédagogiques et des évaluations nationales nécessite d’accorder une attention toute particulière à l’accompagnement des professeurs, au plus près de leur pratique, afin de répondre à leurs besoins de formation ». Mais après deux ans de pratique des méthodes DRH de la rue de Grenelle on sait malheureusement sur quoi est portée « l’attention particulière ». Loin d’être bienveillante elle repose sur une emprise de plus en plus forte à tous les niveaux hiérarchiques et des injonctions de plus en plus invasives sur les bonnes méthodes pédagogiques à utiliser dans les classes. Ainsi pour la deuxième année consécutive l’ensemble des animations pédagogiques porteront seulement sur les mathématiques et le français. « Des Interventions mises en commun à l’échelle départementale pour plus d’efficience », indique la circulaire. On est bien loin d’une formation continue prenant en compte les besoins et les demandes des professionnels de terrain.

Cette circulaire vient donc confirmer une politique ministérielle à l’œuvre faite, d’injonctions, de guides de bonnes pratiques, d’enseignements resserrés sur des fondamentaux faisant table rase d’un grand nombre de recherches pédagogiques et niant au plus haut point la professionnalité des personnels dans les écoles. Alors bien sûr, la rédaction finale de la circulaire a connu quelques évolutions suite aux remarques faites par le SNUipp-FSU notamment. Ainsi la question de la compréhension en lecture a-t-elle été rajoutées à chaque étape de la scolarité, un chapitre sur « cultiver le plaisir d’être ensemble » a fait son apparition pour laisser une place, peau de chagrin tout de même, à d’autres enseignements.
Des gages accordés du bout des lèvres mais qui ne changent rien à la philosophie générale du texte. C’est pourtant d’une toute autre ambition dont l’école a besoin pour faire face aux défis qui sont les siens. Les mobilisations récentes menées par les personnels et les parents l’ont bien montré.

Extrait de snuipp.fr du 29.05.19

 

Unsa

Une circulaire de rentrée qui souffle le chaud et le froid

La circulaire de rentrée concernant l’école primaire est parue au BO le 29/05/2019.
Spécifique au premier degré, elle est censée marquer la priorité politique que le ministre accorde à ce niveau. Elle prend en compte les annonces du Président de la République sur les effectifs et l’instruction obligatoire à 3 ans. Moins caricaturale qu’on pouvait le craindre, elle présente des points intéressants. Néanmoins, elle décrit un cadre qui pourrait se révéler très contraignant en fonction de l’interprétation qui en sera faite sur le terrain. Tout dépendra donc du discours qui sera tenu aux cadres chargés de la mettre en oeuvre.

Les points saillants à retenir
Le dédoublement des classes de grande section en éducation prioritaire et un maximum de 24 élèves pour toutes les classes de grande section, CP et CE1, dès cette rentrée, là où c’est possible, et ce serait effectif partout au cours des rentrées 2020 et 2021
Une école maternelle, qui soit une école de l’épanouissement : en étant attentifs à l’accueil des parents, en travaillant en synergie avec les ATSEM, en transmettant de la confiance en soi aux élèves
Une école maternelle, qui soit une école du langage en mettant une priorité sur l’enseignement du vocabulaire oral
Enrichir la formation des professeurs débutant en école maternelle, dans le cadre d’un parcours de développement professionnel pour les professeurs néo-titulaires nommés sur un poste en école maternelle et pour les professeurs enseignant en école élémentaire débutant en maternelle.
Le dispositif des évaluations nationales est conforté et va se poursuivre.
L’annonce de nouveaux guides dès la rentrée prochaine sur le vocabulaire et la phonologie à l’école maternelle, sur la lecture et l’écriture au CE1, sur la grammaire et les langues vivantes étrangères à l’école élémentaire, et enfin sur les mathématiques au CP.
D’autres ressources sont annoncées en appui de la prochaine session d’évaluations nationales.
Une mobilisation des cadres pour venir en aide aux professeurs confrontés aux situations les plus difficiles et pour accompagner les évolutions sur la base de visites de classes régulières.
Cultiver le plaisir d’être ensemble via le respect d’autrui, l’accueil des élèves en situation de handicap, l’éducation artistique et culturelle et une meilleure équité entre tous les territoires de la République.

Les marques de confiance, les points encourageants
Il est dit “grâce à l’engagement de tous les professeurs et des équipes qui les soutiennent, les mesures engagées produisent déjà des effets significatifs” mais sans précision de ce dont il s’agit…
L’impact des enseignants sur la confiance en soi des enfants et sur la qualité de leurs apprentissages est soulignée… avec presque trop d’emphase.
Pour l’accueil des 3 ans, des aménagements d’emploi du temps peuvent être autorisés quand les plus jeunes enfants ont encore besoin de dormir l’après-midi.
La place accordée aux activités permettant de découvrir, de manipuler, d’expérimenter, de jouer, d’échanger, entre élèves et avec les adultes, est réaffirmée ainsi que la consigne d’éviter au maximum l’évaluation et le travail sur fiches en maternelle.
Pas de repères annuels pour les classes de maternelle

Les signaux de défiance, les points qui appellent à la vigilance
L’exigence d’assiduité est affirmée pour tous les élèves durant les 24 heures d’enseignement, ce qui manque de cohérence avec les aménagements autorisés pour les élèves de PS.
La précision qu’il faut, dès la petite section, construire une conscience phonologique par un travail régulier, les modalités ne sont pas précisées mais s’il s’agit d’entrainements systématiques c’est bien trop tôt !
L’enseignement du vocabulaire oral : le langage est déjà au coeur de la maternelle, insister ainsi sur le vocabulaire ne doit pas mener à des “leçons” coupées d’un contexte de communication réel.
Des évaluations nationales reconduites avec les mêmes méthodes malgré les vives protestations des enseignants et la mise en évidence de la façon dont elles sont manipulées dans leurs résultats mêmes et à des fins de communication. Par exemple le délai annoncé entre la saisie des réponses des élèves et la mise à disposition des résultats permettent de penser que les seuils de réussite seront à nouveau “bricolés” a posteriori.
Beaucoup d’insistance sur ce qui est instrumental : entrainements intensifs et réguliers, mémorisation, procédures à appliquer… et peu de références aux tâches complexes exigeant de penser, raisonner, comprendre l’implicite, faire des liens entre les différents objets de savoir…
Des attendus fixés pour chaque année scolaire d’élémentaire qui cassent la logique des cycles et dénaturent l’esprit des programmes de 2016 qui voulaient donner aux élèves le temps d’apprendre et d’avancer à leur rythme
Le ciblage de priorités stratégiques du CP au CM2 qui laissent perplexes…
Les animations pédagogiques obligatoires sur les mathématiques en élémentaire et sur le vocabulaire en maternelle ne sont pas spécifiquement indiquées dans la circulaire alors qu’elles sont bien prévues à notre connaissance… un oubli ?

En conclusion
Cette circulaire a bien évolué depuis sa première version présentée il y a quelques semaines aux organisations syndicales, la tonalité générale qui était très verticale, injonctive et réductrice est devenue plus ouverte et respectueuse du travail des enseignants.

On peut se demander si l’on n’est pas en présence d’un double discours, notamment au regard de certaines déclaration faites dans la presse par Jean-Michel Blanquer, il reste à vérifier dans l’usage qui sera fait de cette circulaire et des recommandations qui l’accompagnent si la confiance affichée envers les enseignants est réelle ou s’il s’agit, une fois encore, de leur imposer une vision pédagogique étriquée, limitée aux fondamentaux qu’il faut entraîner sans relâche avec les “bonnes méthodes” approuvées par le ministre et son conseil scientifique.

Pour le SE-Unsa il est difficile d’avoir un avis tranché sur la circulaire de rentrée et les documents qui l’accompagnent tant ceux-ci sont disparates, voire contradictoires. Chacun, suivant l’angle qu’il prend peut interpréter ces priorités / recommandations / consignes comme cela l’arrange et c’est peut-être bien le but poursuivi.
Tout se jouera dans la mise en musique concrète sur le terrain, ce qui dépendra principalement des consignes données pour le

Extrait de ecoleetsociete.se-unsa.org du 04.06.19

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