> 6 - ACTEUR, POSITION > POSITION > Protestation d’enseignants, parents et partenaires > Échos de la défiance, Hélène Arzo et Reno Geng Ortoli, enseignants dans des (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Échos de la défiance, Hélène Arzo et Reno Geng Ortoli, enseignants dans des quartiers défavorisés (Les portraits du jeudi des Cahiers pédagogiques)

25 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Échos de la défiance
Les portraits du jeudi,
par Monique Royer
Échos de la défiance
Hélène Arzo et Reno Geng Ortoli

Sur la carte de la mobilisation contre la loi pour l’école de la confiance, la ville de Nantes s’affiche comme un lieu particulièrement actif. Deux professeurs des écoles nantais, Hélène Arzo et Reno Geng Ortoli témoignent de leur engagement, de leurs craintes d’un système éducatif accentuant les inégalités.

Tous les deux enseignent dans ou à la lisière d’un réseau d’éducation prioritaire, par choix, motivés par le sentiment que dans ces écoles l’éducation joue un rôle encore plus important qu’ailleurs. La classe de Reno est un CP-CE1-CE2 dans un établissement où la pédagogie Freinet est mise en œuvre et où la mixité sociale est bien présente. Celle d’Hélène est un CP, son niveau de prédilection. Ils se sentent l’un et l’autre utiles auprès d’élèves vivant pour beaucoup dans un environnement défavorisé où l’accès à la culture, et tous les à côtés essentiels des savoirs fondamentaux, est difficile. La liberté pédagogique est pour eux essentielle afin de s’adapter, de permettre la levée des empêchements à une scolarité épanouie, accessible à tous. La loi « Pour une école de la confiance », dite « loi Blanquer », les effraie pour la normalisation de leur métier qu’elle suggère mais surtout dans les inégalités qu’elle semble induire.
[...]

Alors, ils se battent pour leurs élèves, pour un métier qu’ils aiment et ont choisi. La mobilisation est longue et dense à Nantes. Le mouvement, après un démarrage fort, recherche de nouvelles formes pour ne pas pénaliser les élèves par des jours de grève répétés. « On se sent fragiles par rapport à nos classes et dans les relations avec les familles, alors on fait attention. » Les parents sont informés, cherchent des éclaircissements, souhaitent savoir ce qui se trame pour l’avenir de leurs enfants. « Ils se mobilisent, ce qui n’est pas simple en REP+. C’est positif car cela amène un peu plus de rapprochement avec eux » souligne Hélène. « Les paroles du ministre font mouche sur certains qui approuvent des dispositions du projet de loi » nuance Reno.
[...]

Extrait de cahiers-pedagogiques.com du 24.05.19

Répondre à cet article