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Cour des comptes. Un communiqué de l’OZP : Comment rendre l’éducation prioritaire plus efficace ?

17 octobre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Communiqué de l’OZP : 17 octobre 2018

Rapport de la cour des comptes
Comment rendre plus efficace l’éducation prioritaire ?

Le rapport de la cour des comptes sur l’éducation prioritaire était attendu. Disons-le d’emblée : on peut apprécier un texte sérieux qui ne remet pas en cause les principes de l’éducation prioritaire.

La tonalité générale du rapport se situe plutôt dans une volonté d’améliorer son efficacité à moyen et long terme. Tout en soulignant que les objectifs d’amélioration significative des résultats des élèves ne sont pas atteints, la Cour des comptes n’en profite pas, comme d’autres institutions d’évaluation en leur temps, pour tenter de tordre le coup à l’éducation prioritaire et exiger sa délabellisation. Elle insiste positivement sur une mobilisation plus forte encore « des dispositifs dont l’efficacité est avérée mais en les ciblant davantage. ».

Même si elle évoque l’hypothèse d’une délabellisation, qui permettrait d’éviter l’évitement des établissements en éducation prioritaire, au profit d’une allocation progressive des moyens, elle insiste dès l’introduction sur le fait qu’il s’agit d’abord d’améliorer l’efficacité de cette politique. Elle encourage en particulier le ministère à se doter des outils lui permettant un meilleur suivi et une meilleure évaluation.

Le rapport reconnait que cette politique, placée au cœur des enjeux sociaux et territoriaux, a réussi à contenir les écarts de réussite scolaire dans un contexte de dégradation de son environnement social et territorial. Le rapport enfonce le clou : cette politique « constitue le principal outil pour répondre aux failles du système scolaire en termes d’équité et d’efficacité. ».

La Cour des comptes ambitionne que « l’éducation prioritaire soit considérée comme un laboratoire de l’école du socle commun et d’expérimentation des pratiques pédagogiques innovantes. ». Les orientations proposées permettraient-elles d’atteindre cet objectif ?

Ce qui va dans le bon sens :
-  Le renforcement des moyens donnés à l’éducation prioritaire notamment en ciblant l’action publique sur le premier degré : dédoublement des classes étendu à l’ensemble du cycle des apprentissages fondamentaux ( cp, ce1,ce2) en Rep+ et en Rep de façon différenciée, modulation de la taille des autres classes en fonction de la difficulté sociale, amélioration de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans dont l’efficacité est prouvée et qui doit être réalisée sans attendre. La référence à la politique des cycles n’est pas anodine dans le contexte de la politique ministérielle actuelle.
-  L’existence des réseaux et la distinction REP+/Rep sont confortées. Il est suggéré de prendre en compte les écoles dites « orphelines ».
-  La répartition des moyens devra distinguer les allocations spécifiques des réseaux d’éducation prioritaire et les dotations ordinaires de l’ensemble des écoles et des établissements qui devra s’effectuer en prenant en compte un indice synthétique de difficultés. Cette mesure, avancée en 2007 par l’OZP, permettrait d’éviter les effets de seuil et de sortir d’une logique binaire d’attribution des moyens. Toutefois, si elle n’est pas accompagnée d’un pilotage fort pour les réseaux les plus difficiles elle risque d’atténuer les effets des moyens investis.
-  Le renforcement du pilotage académique et l’élaboration d’un référentiel académique. Le bilan des réseaux ambition réussite réalisé par la Dgesco en 2010 avait déjà mis en évidence l’importance de cette question. Pour l’OZP, la politique d’éducation prioritaire doit être effectivement prioritaire dans l’ensemble des choix effectués par les recteurs.
-  La priorité donnée au remplacement des personnels exerçant en éducation prioritaire
-  La possibilité d’affectation temporaire en éducation prioritaire pour des personnels volontaires qui conserveraient leur poste d’origine : c’est une proposition avancée en 2013 par l’OZP.
-  La volonté de renforcer la place de l’éducation prioritaire dans la formation initiale et d’accentuer les dispositifs de formation continu
-  Enfin, les préconisations visant le développement de la mixité sociale dans les établissements, qu’il s’agisse d’un remodelage de la carte scolaire avec les collectivités ou de l’implication de l’enseignement privé sous contrat, vont bien dans le sens d’une plus grande justice sociale mais elles impliquent une détermination politique qui reste à mettre en œuvre véritablement.
Ces orientations rejoignent les propositions avancées par l’OZP depuis 10 ans.

Ce qui pose question :
-  Labellisation : l’Ozp a toujours soutenu que la labellisation est la condition d’un pilotage fort des territoires les plus en difficulté qui doivent rester les Rep+ avec une déclinaison encore renforcée pour les « cités éducatives ».
-  Evaluation : si la mise en place d’un dispositif d’évaluation de la politique d’éducation prioritaire est nécessaire il convient d’en poser des principes clairs. Cette évaluation doit porter sur les pilotages à tous les niveaux et permettre aux équipes des réseaux d’améliorer leurs projets. La multiplication des évaluations des acquis des élèves au début et à la fin de chaque cycle, au début et à la fin de chaque année scolaire semble peu pertinente et peut être interprétée comme une remise en cause de la professionnalité des enseignants. Il est à noter que la Cour des comptes ne propose pas de rendre publics les résultats de ces évaluations.
-  Les préconisations concernant les personnels ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Les mesures d’attractivité et de reconnaissance de l’exercice professionnel en éducation prioritaire se limitent au champ indemnitaire et de façon contestable en suggérant de prendre en compte essentiellement l’investissement individuel ce qui ne permettra pas de favoriser le travail en collectif.
-  La nomination en éducation prioritaire est exclue si les personnels ont moins de 2 ans d’ancienneté : c’est parfait sur le principe mais rien n’est avancé pour la mise en œuvre qui ne va pas de soi dans les académies déficitaires.
-  L’expérimentation d’un établissement public de réseau. Certes, il ne s’agit que d’une expérimentation. Certes, les réseaux n’ont pas d’existence juridique ce qui peut entrainer des difficultés dans la fluidité des actions engagées. Certes, plus qu’ailleurs, les réseaux sont engagés dans la construction d’une école du socle commun mais celle-ci n’est rendue possible que par la prise en compte des réalités scolaires dès l’école maternelle et donc par le double pilotage IEN et principal de collège. Attention à ne pas verser dans une autonomie fonctionnelle qui assécherait l’initiative pédagogique.
- 
Le rapport est silencieux sur des éléments essentiels à la réussite des élèves : la pédagogie, le référentiel et les projets des réseaux, l’évolution de la professionnalité enseignante et la constitution de collectifs professionnels en éducation prioritaire.

 

Sur le site OZP :
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Sur le site de l’OZP
Les précédents rapports de la Cour des comptes sur l’éducation prioritaire

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POSITION DE L’OZP (gr 3)/
Rapp. interministériel : C. Comptes, Fr. Stratégie.../
****Education prioritaire (gr 1)/

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