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L’Ocde préconise d’attirer les enseignants en éducation prioritaire par l’augmentation des primes et de l’autonomie des établissements. Les réactions, dont celle de Marc Douaire (OZP)

12 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Etude OCDE : La réaction de Marc Douaire (OZP)

A prendre et à laisser. Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, une association d’acteurs des réseaux de l’éducation prioritaire, met en doute le caractère plus équitable d’une autonomie renforcée des établissements, telle que l’affirme l’Ocde. Il interroge aussi les dimensions pédagogiques dans la construction des inégalités scolaires.

"Par quel miracle des enseignants du second degré reçus à un concours iraient plus facilement porter leur candidature aux Mureaux qu’à Paris ? Je demande à ce qu’on me démontre qu’un recrutement par le chef d’établissement permettra d’avoir davantage de certifiés et d’agrégés que de contractuels dans les établissements défavorisés". Pour Marc Douaire , "le modèle vers lequel JM Blanquer nous attire ne garantira en rien une meilleure équité du système éducatif". Pour lui, sans forte régulation au niveau national ce sera pire avec un recours massif aux contractuels.

Mais Marc Douaire ouvre aussi d’autres fenêtres sur la réalité de l’Ecole. "Ce qui m’interroge c’est que l’étude OCDE ne dit rien sur la forme scolaire. Elle fait référence au métier enseignant alors qu’il ne se déploie pas de la même façon dans les pays de l’OCDE. Actuellement la forme scolaire en France évolue depuis Blanquer vers un modèle "un maitre, une classe, une année" qui n’est pas la forme générale. Ca mériterait d’être interrogée au moins pour l’attractivité du métier. Si on propose à un jeune un cadre aussi individuel, e décalage avec ce qui se pratique dans le privé ou les autres administrations, il sera plus réticent à entrer dans le métier".

Autre axe que Marc Douaire met en avant : la formation. "On est un des pays où la formation initiale des enseignants est la plus courte. Il faudrait réintroduire un dispositif type IPES pour démocratiser l’accès aux études et au métier". En France les IPES regroupaient des élèves enseignants recrutés en L1 et payés de L1 à L3 pour faire leurs études et devenir enseignants. Ce système a fonctionné de 1957 à 1979 où Christian Beullac y met fin.
Propos recueillis par François Jarraud

OZP : Quelles autonomies pour faire réussir tous les élèves ?

Extrait de cafepedagogique.net du 11.06.18 : Etude OCDE : La réaction de Marc Douaire (OZP)

 

Inégalités scolaires : la France montrée du doigt

Selon une étude de l’OCDE, les zones d’éducation prioritaire manquent de professeurs diplômés.

[...] « Je ne vois pas en quoi un recrutement local ferait plus facilement affluer des candidats aux Mureaux qu’à Paris », réagit Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires. En attendant, l’étude de l’OCDE tombe à point nommé pour le ministre de l’éducation qui pourrait faire de la formation des enseignants son prochain grand chantier.

Extrait de lemonde.fr du 12.06.18 : Inégalités scolaires : la France montrée du doigt

 

EDUCATION Dans une étude parue ce lundi, l’OCDE préconise notamment de renforcer les incitations financières pour les enseignants de REP…

[...] Mais l’efficacité de ces incitations financière est mise en doute par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) dans un rapport rendu fin mai : « L’octroi de primes spécifiques ne garantit pas une attractivité et une fidélisation des postes dans les territoires difficiles. Leur montant doit être véritablement discriminant et prendre en compte le coût de la vie, notamment en région parisienne », indiquent ainsi les députés. Un avis partagé par Philippe Vincent, secrétaire général du Snpden, le premier syndicat de chefs d’établissement : « Les primes ont des effets limités sur l’attractivité des REP. Il faudrait vraiment que la différence de rémunération soit importante pour que cela joue sur les vocations », estime-t-il.

[...] Une idée qui ne séduit pourtant pas Philippe Vincent  : « Nous ne sommes pas demandeurs du recrutement des enseignants. D’ailleurs, on ne voit pas ce que ce recrutement direct changerait compte tenu du manque d’appétence des enseignants pour travailler en REP. Il n’y aurait de toute façon pas assez de candidats », commente-t-il.

Par ailleurs, selon Daniel Frandji, « le recrutement direct des enseignants en Rep sous entend qu’il existerait un profil type pour enseigner en Rep, ce qui n’est pas le cas ». Pour lui, les solutions sont ailleurs : « pour attirer des enseignants dans ces établissements, il faudrait tout d’abord revaloriser le fait d’enseigner en Rep, en développant les échanges de bonnes pratiques entre pairs, en créant des coopérations entre les établissements, en parlant des REP de manière moins stigmatisante dans les ESPE… », suggère-t-il. « Il faut que les chefs d’établissement impulsent aussi des projets motivants, qu’ils fassent travailler les équipes ensemble. On sait que dans les sections attractives (options sportives, Cham, classes européennes…) peuvent aussi avoir un effet d’entraînement pour les enseignants », complète Philippe Vincent.
De son côté le Snes, estime que seule une amélioration des conditions de travail en Rep pourrait inciter les enseignants à y postuler. Le syndicat plaide notamment pour un allégement du nombre d’heures de cours pour les enseignants, afin qu’ils puissent libérer du temps pour échanger avec les familles, préparer des projets…

Extrait de 20minutes.fr du 11.06.18 : Comment attirer les enseignants en éducation prioritaire ?

 

Note du QZ : Rappelons que les lycées, qui sont la catégorie analysée par le rapport de l’Ocde, ne sont plus en éducation prioritaire. L’Ocde d’ailleurs emploie l’expression plus générale d’’"établissements défavorisés".

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