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Les réactions de Roland Goigoux et du SNUipp aux déclarations de JM Blanquer condamnant la méthode globale (VousNousils)

25 août Version imprimable de cet article Version imprimable

Lecture : « il y a une différence entre faire du son avec les mots et les comprendre » (SNUIPP)

Pour améliorer l’apprentissage de la lecture, Jean-Michel Blanquer prône "une pédagogie explicite, de type syllabique". Pour le chercheur Roland Goigoux, si le ministre souhaitait appliquer une "méthode syllabique" stricte, il s’agirait d’une "erreur scientifique".

Dans une interview publiée dans L’Obs, Jean-Michel Blanquer a affirmé que revoir l’apprentissage de la lecture était l’une de ses priorités. « On s’appuiera sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a des résultats tout sauf probants », explique le ministre de l’Education nationale.

Ces déclarations à propos de la lecture et de la méthode syllabique ont piqué au vif Roland Goigoux, professeur à l’ESPE de Clermont-Auvergne. Au micro d’Europe 1, ce dernier souligne le « flou » de l’annonce de Jean-Michel Blanquer, qui utilise la formulation « de type syllabique ». Ainsi, selon lui, « la nuance peut être importante ».

« Un vieux débat qui n’a pas lieu d’être »
Pour Roland Goigoux, l’hypothèse la plus probable serait que le ministre « recommande » aux enseignants un « enseignement explicite des correspondances entre les lettres et les sons, dès le début du cours préparatoire ». Mais l’autre hypothèse, « plus inquiétante », serait que Jean-Michel Blanquer fasse la promotion d’une méthode syllabique (basée sur un apprentissage associant les lettres de l’alphabet aux syllabes qu’elles forment) « stricte », aussi dite « méthode b.a. -ba » – ce qui serait, aux yeux du chercheur en sciences de l’éducation, « une erreur scientifique ».

Sur RTL, des enseignants ont également vivement réagi à la proposition de Jean-Michel Blanquer, lui rappelant que la « méthode globale » pour l’apprentissage de la lecture n’existait pas aujourd’hui, et qu’il s’agissait d’un « vieux débat qui n’a pas lieu d’être ».

Ainsi, d’après Francette Popineau, secrétaire générale du SNUIPP, le syndicat des professeurs des écoles, « on réveille un débat qui a eu lieu dans les années 1970, sur une méthode qui a très peu existé et qui n’existe absolument plus aujourd’hui ». Cette méthode consistait, précise-t-elle, à « repérer des mots dans leur globalité et ensuite travailler la lecture après ça. »

Le Figaro rappelle dans un article consacré à la méthode syllabique versus la méthode globale, qu’aujourd’hui, c’est la méthode « combinatoire » qui est suivie par la grande majorité des enseignants. Cette dernière intègre une correspondance entre les lettres et les sons (le déchiffrage), mais écarte la méthode globale « stricte » au profit d’une méthode syllabique « assouplie ». Ainsi, « l’apprentissage se fonde sur les syllabes, mais les enfants mémorisent également un corpus de mots essentiels, et on leur donne aussi des textes à lire dans lesquels une petite partie des phonèmes n’a pas été étudiée », écrit le quotidien.
« Il y a une différence entre faire du son avec les mots et les comprendre »

Pour Roland Goigoux, une méthode syllabique stricte (que Gilles de Robien avait tenté en vain de mettre en place en 2006) poserait « deux interdits majeurs » : faire lire aux enfants des mots entiers avant de leur avoir appris tous les éléments, et « ne donner à lire aux élèves que des textes 100% déchiffrables ». Selon les recherches qu’il a dirigé au sein de l’étude « Lire et Écrire », les textes « doivent être suffisamment déchiffrables, à 70, 80%, mais « le diktat du 100% n’est pas raisonnable, et pas fondé scientifiquement ». Pour le chercheur, « il faudra bien que les pratiques soient plus complexes qu’une simple approche syllabique, qui se réduit à la maîtrise du déchiffrage ».

Francette Popineau remarque que les élèves français « ont une difficulté à entrer dans la compréhension de l’écrit », mais « parce qu’il y a une différence entre savoir lire et faire du son avec les mots et les comprendre ».

Fabien Soyez

« Extrait » de vousnousils.fr du 25.08.17 : Promouvoir une méthode syllabique serait une erreur scientifique (Roland Goigoux)

 

[...] Dans une interview publiée jeudi 24 août dans L’Obs, Jean-Michel Blanquer a affirmé que revoir l’apprentissage de la lecture était l’une de ses priorités : « On s’appuiera sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd’hui qu’elle a des résultats tout sauf probants », explique le ministre de l’Education nationale.

« Nous mettrons en avant les méthodes d’apprentissage les plus efficaces en matière de lecture d’écriture et de calcul. Il faut que les professeurs dédient un temps important à ce qui sera demain le cœur de leur compétence », ajoute le locataire de la rue de Grenelle. « Dès le mois de décembre, un enfant qui ne sera qu’imparfaitement entré dans la lecture devra être suivi avec une attention particulière afin qu’il finisse l’année avec les compétences attendues », précise-t-il.

Extrait de vousnousils.fr du 24.08.17 : Jean-Michel Blanquer : Je suis le ministre des professeurs

Extrait de cafepedagogique.net du 24.08.17. : Francette Popineau : Un discours populiste

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