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"Des bouts de solutions contre le décrochage". Témoignage d’une enseignante en dispositif relais sur sa démarche

17 février 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

J’enseigne depuis 2002 dans une classe relais, classe qui accueille des collégien-ne-s en décrochage, décrochage se manifestant sous différentes formes : fuite, rejet, repli sur soi …

Venant de SEGPA, la première année j’ai observé ces élèves, et, malgré des parcours des histoires de vie singulières j’ai tenté de trouver des invariants. Très vite j’ai vu que les élèves de classe relais ne sont pas les élèves de SEGPA avec quand même une doute pour certain-e-s.

La lecture du livre de E. Martin et S. Bonnéry « Les classes relais, un dispositif pour les élèves en rupture avec l’école » m’a apporté un éclairage notamment pour comprendre les stratégies que les élèves mettent en place, qui sont qualifiées par les auteurs de processus d’agencement des repères.

Des bouts de solutions ….
À leur arrivée au Dispositif Relais, je rencontre chaque élève et lors du premier entretien je leur demande de dérouler leur parcours scolaire, en s’arrêtant si possible sur chaque année passée depuis leur entrée en maternelle. J’insiste pour qu’ils-elles retrouvent des souvenirs, je leur demande de les qualifier en bons ou mauvais souvenirs, parfois les élèves évoquent les personnes rencontrées les lieux, ou des travaux particuliers. Souvent les difficultés sont pointées par les élèves très tôt dans leur cursus, c’est traduit par « je ne travaillais pas », « je faisais des bétises », « je n’aimais pas les profs », ou aussi « j’étais nul-le ».
À chaque entretien d’accueil je suis assez touchée par l’implication des élèves à retrouver leur parcours, à essayer de s’en souvenir. Les parents sont aussi présents à cet entretien et je propose aux parents de confirmer ou d’infirmer les dires de leur enfant, et là souvent les parents sont émus d’entendre leurs enfants parler de leur vie scolaire avec une certaine maturité car ils-elles le font avec recul. Pour terminer je remercie souvent l’élève d’avoir évoqué ses souvenirs. [...]

[...] Retrouver confiance en soi, en les autres et notamment en des adultes, faire du lien entre le dedans et le dehors, développer des compétences, prendre plaisir et le dire, la motivation n’étant pas un pré-requis, voici ce qui est le fondement de mes pratiques.
[...]

Extrait de relais.agoualch.fr du 16.02.16 : Des bouts de solutions contre le décrochage

 

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Que peut bien faire un robot à l’école ? L’expérience est tentée à Brest par Monique Argoualc’h. Fascinée par cette drôle de machine, elle en observe les effets sur les collégiens qui lui sont confiés en dispositif relais. Si le robot ne remplace pas l’enseignant, il participe bien à l’éducation et l’apprivoisement réciproque de ces jeunes et du collège. Le robot fait l’homme ?

La séduction ça compte pas pour des prunes. C’est peut être ce que s’est dit Monique Argoualc’h en découvrant Nao, le robot "intelligent" développé par Aldeberan. Inlassable "tisseuse de projets", Monique Argoualc’h est bien connue des lecteurs du Café pédagogique. Entre les mains de cette pédagogue expérimentée, Nao va se plier à de nouveaux rôles au bénéfice des collégiens du dispositif relais de Brest. On n’arrive pas par hasard en dispositif relais et les jeunes de la classe de M Argoualc’h sont tous en difficulté avec l’école, pour des raisons comportementales, d’absentéisme ou de décrochage passif.

Nao et la réussite scolaire
"J’ai été surpris du succès de Nao partout où on l’a emmené", nous dit Monique Argoualc’h. Que ce soit en maison de retraite, où les collégiens s’en servent pour entrer e contact avec les pensionnaires y compris ceux qui ne se déplacent plus, ou sur le principal pont de Brets, Nao ne laisse pas indifférent. Pour les collégiens il est un instrument prestigieux mais aussi un objet de passation intergénérationnel.

Ainsi Nao met en relation les collégiens au passé douloureux avec des étudiants. Ce sont des élèves ingénieurs de Telecom Bretagne qui les aident à programmer Nao. Pour ces jeunes du dispositif relais c’est un premier contact positif avec la réussite scolaire. Les étudiants sont d’anciens excellents élèves, la relation avec eux est sympathique et ils vont tous faire des choses passionnantes dans leur vie. "Cela change leur rapport à la réussite scolaire. Le bon élève n’est plus le bouffon de service et réussir à l’école prend un sens et un visage", explique M Argoualc’h. Nao est mis au service de cette transformation.

Nao et le rapport au collège
"Nao travaille aussi le rapport à la règle", explique-t-elle. Les élèves apprennent à le programmer. "Et dans le codage il n’y a pas de place à l’approximation dans le respect des règles". Ces collégiens habitué à "adapter" les règles doivent se plier à elles, de surcroit pour obtenir une satisfaction ! Là aussi le robot est au service de la transformation de l’homme.

"Au collège on nous confie ces jeunes pour que leur comportement change. Ce que j’observe avec Nao c’est d’abord une remise en mouvement. Il n’attendaient plus rien de l’école et voilà qu’avec Nao elle les surprend. Il se mobilisent à nouveau dans un cadre scolaire", explique M Argoualc’h.

Mais ça ne suffit pas. Le dispositif relais travaille le retour au collège. Et là il faut aussi changer le regard des adultes du collège sur les jeunes. C’est ce que les élèves ont commencé à faire bouger quand ils ont présenté Nao dans leur établissement. "C’était trop bien" a twitté un des jeunes. "La présentation a fait changé le regard des enseignants et des camarades sur eux. Pour une fois c’est eux qui savent", dit-elle.

Extrait de cafepedagogique.net du 18.09.15 : Un robot au collège

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