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Une analyse historique de l’ouverture des universités aux "nouveaux étudiants" issus des classes populaires (article de Cédric Hugrée, CNRS)

12 octobre 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Dans cette tribune qui paraîtra en version intégrale dans "Regards croisés sur l’économie", Cédric Hugrée, chargé de recherche CNRS, Cresppa-CSU (CNRS/Paris 8), analyse le déplacement de la sélection scolaire vers le premier cycle universitaire.

"En matière d’inégalités scolaires, l’université française des années 2010 n’est déjà plus exactement la même qu’au début des années 1990, au moment de la seconde explosion scolaire, lors de la croissance des effectifs de bacheliers et d’étudiants des premiers cycles universitaires.

Les nouveaux pourfendeurs de la sélection à l’entrée de l’université dramatisent en effet à l’envie la "baisse du niveau" et la "fuite" des premiers cycles par les nouveaux bacheliers.

La fin des héritiers en tant que figure idéal-typique de l’étudiant semble concomitante de la première explosion scolaire à l’université dans les années 1960, qui avait vu notamment les effectifs de l’enseignement secondaire augmenter fortement : déjà à cette époque plusieurs enquêtes témoignent de la petite ouverture sociale et scolaire à l’œuvre dans les universités qui bénéficient d’un quasi-monopole de formation sur les nouveaux bacheliers.
Mais, c’est véritablement dans les années 1990, à l’occasion de la seconde explosion scolaire et de la massification des premiers cycles universitaires que la figure idéal-typique de l’étudiant-héritier est définitivement remplacée par celle des "nouveaux étudiants" issus des classes populaires, et souvent titulaires de baccalauréat technologiques et professionnels.

On assisterait ainsi à un déplacement de la sélection scolaire vers le premier cycle universitaire. Cet argument fait pourtant oublier que la grande nouveauté de l’université des années 2000 est désormais de faire cohabiter des bacheliers généraux aux niveaux scolaires différents dans des filières identiques et au niveau de la troisième année de licence. [...]

Extrait de letudiant.fr du 08.10.15 : La (trop) fragile réussite en licence des étudiants des classes populaires

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