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Inégalités scolaires : - Substituons l’équité à l’égalité (Prof en campagne) - Une obsession familiale et une source d’angoisse pour les élèves (Monique Dagnaud, sociologue)

29 juillet 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] Je proposerai cinq idées simples qui pourraient très avantageusement rompre avec les combats de coqs vécus récemment, relayés hélas par de nombreux médias et réseaux sociaux avides de "buzz", petites phrases et autres polémiques affligeantes.

[...] 2- A l’ "Egalité, substituons l’ "Equité" !

Depuis Vincent Peillon, puis l’éphémère Benoit Hamon, puis enfin l’actuelle Ministre Najat Vallaud-Belkacem, le mot "Egalité" revient très souvent. Terme magnifique, idée centrale de la devise républicaine. Souvent on y ajoute le mot "chance" pour constituer l’expression passe-partout : "Egalité des chances".

Au diable tout cela !

Outre le fait que l’ "égalité des chances" n’existe et n’existera jamais (préférons une "Egalité des DROITS !), outre le fait que l’" égalité" est toujours caricaturée par l’emploi du terme "Egalitarisme", la recherche effrénée d’une illusoire "égalité" a souvent pour effet l’exact contraire du noble objectif que nos ministres successifs s’assignent et assignent aux corps enseignant. L’Ecole, il faudrait en prendre définitivement conscience, ne peut à elle seule, réduire les inégalités entre enfants qui, dès la petite section de maternelle, arrivent à l’école très différents. Pire encore : ces différences, au lieu de se réduire, vont s’accroissant au fur et à mesure des scolarités. Pour, au collège, constater les bras ballants depuis des décennies que les écarts socio-scolaires sont à un degré de tension absolument extrèmes.

A l’ "égalité", substituons l’ "équité". L’ équité contient des possibilités plus souples. Les élèves sont différents et ces différences doivent être prises en considération. Chaque élève doit pouvoir progresser en fonction de ses possibilités réelles, en fonctions de ses désirs d’orientation future, celle-ci devant être choisie par goût et par défaut ou imposée "parce qu’on ne sait pas où te mettre mon coco !". L’horreur !

Pour parvenir à cet "idéal", l’élève doit avoir le DROIT d’abandonner telle option, doit avoir le DROIT de se tromper sur le choix de telle ou telle filière professionnelle. Dans des classes heureusement hétérogènes, l’enseignement doit être individualisé. L’effectif des classes DOIT être plafonné, dans certains établissements (TOUS les établissements n’en ont pas expressément besoin). Le chiffre de 20 élèves maximum (Maternelle, primaire et secondaire) pourrait faire consensus.

Au passage, ces propositions n’ont rien de très nouveau. Elles sont contenues dans le rapport Thélot qui date, déjà, de... 1992 !

Extrait de profencampagne.com du 27.07.15 : Collège 2016 - Une révolution culturelle indispensable...

 

[...] Une obsession familiale
L’obsession de la réussite scolaire traverse toutes les familles, car toutes ont intégré ce paramètre : sans diplôme le spectre du chômage, voire de la marginalisation, surgit. La pression qui en résulte est démesurée : si l’enfant décroche, s’il « n’aime pas l’école », s’il redouble, s’il sèche quelque peu les cours car il se sent dépassé et parfois déconsidéré, il se souviendra plus tard de cette période comme d’un épisode où il n’a pas su saisir sa chance –probablement, il vivra rétrospectivement ces difficultés comme un échec personnel.

Cette course d’obstacles est la source principale du malaise, de la perte de confiance en soi, d’une partie de la jeunesse. Comment, en effet, ne pas se flageller de ne pas avoir réussi dans un processus qui se proclame d’essence purement méritocratique ? Et comment rattraper une défaillance de départ, dans une société qui livre peu de seconde chance ? « Nous sommes, avec le Japon et la Corée du Sud, l’un des pays où
l’anxiété en classe est la plus fortement ressentie », rappelle Eric Charbonnier, analyste pour l’OCDE

[...] Sans affronter ces deux sujets, la valorisation et la transformation du travail des enseignants, d’une part, et la révision du mode de recrutement des élites, de l’autre, l’école française se condamne à demeurer longtemps avec des indices décevants dans les classements internationaux.

Extrait de slate.fr du 19.07.15 : L’école française est trop élitiste

 

Voir aussi Inégalités scolaires et équité : une analyse d’Olivier Galland (CNRS)

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