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Un bilan des conventions ZEP-Sciences Po (témoignage d’un enseignant)

22 avril 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Alors que sort une biographie de Richard Descoings (1), que retenir du bilan du patron de Sciences Po, brutalement décédé le 3 avril 2012 ? Les Conventions Education Prioritaire qui ouvrent une voie d’accès spécifique à Sciences Po pour les lycéens de Zep, furent l’une des grandes affaires de sa vie. Pour tenter un bilan, on est allé sur le terrain interroger un prof engagé dans le dispositif. Conclusion : positif mais pas magique.

[...] Depuis le début, le lycée Feyder a fait entrer 32 élèves rue Saint Guillaume. Un bilan modeste au regard des quelque 1500 élèves du lycée, une chance aussi pour cette poignée de lycéens, assurés d’une spectaculaire promotion sociale.

Au-delà des statistiques, Sylvain Kernévez souligne tous les effets bénéfiques pour les élèves qui s’inscrivent – entre 20 et 30 chaque année, tous n’allant pas jusqu’au bout : « D’abord je dirais que c’est du plaisir pour eux. Ils sont heureux d’être là. L’atelier est pour eux un espace de discussion qu’ils apprécient. On y parle politique, économie…, de sujets dont ils n’ont guère l’occasion de parler ailleurs. Ils apprécient aussi la durée. Avec les programmes, on est souvent obligé de passer vite à un autre point. Là, ils ont trois mois pour préparer leurs notes. Chaque semaine, on voit avec eux où ils en sont, les versions s’améliorent progressivement et à la fin ils en sont fiers. »

D’après Sylvain Kernévez, il n’y a pas vraiment de profil-type de candidats : « bien sûr il y a de bons élèves qui se présentent. Mais on a aussi régulièrement des élèves très moyens qui osent et veulent se tester. Ceux-là, même s’ils échouent à la fin, auront beaucoup appris et progressé, dans la méthode surtout. Après être passés par l’atelier, ils structurent mieux leurs idées, savent ce que sont un plan et une problématique, et ils réfléchissent mieux ».

« De plus, poursuit-il, on aurait pu croire qu’il y a une dure compétition entre eux. Mais pas du tout. Ils sont tous ensemble dans cet atelier. Et lorsque l’un d’eux est admissible, les autres le félicitent ».

De l’ambition en banlieue

A propos de l’effet d’entraînement, souvent vanté, sur les autres élèves, Sylvain Kernévez se montre prudent : « c’est difficile à évaluer, le nombre d’élèves impliqués est si petit. Mais une chose est sûre : Sciences Po jouit d’une grande visibilité dans l’établissement. En plus, contrairement à ce que l’on entend dire parfois, les participants à l’atelier ne sont pas mal vus. Leurs camarades sont contents lorsqu’ils réussissent : ils les trouvent courageux et battants car cela fait du travail en plus ».

Parmi les aspects positifs, il y a aussi tous les anciens qui reviennent au lycée pour donner un coup de main et faire profiter de leur expérience ceux qui se lancent : « Deux étudiants de deuxième année à Sciences Po sont venus cette année aider les élèves. Une fois à Sciences Po, ils n’ont pas pour autant tourné la page ». [...]

Extrait de cafepedagogique.fr du 20.04.15 : La chronique de Véronique Soulé : Oser Sciences Po à Epinay-sur-Seine

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