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30 ans d’échec de politique de la ville

A propos des violences urbaines : La politique de la Ville est-elle utile ?

5 novembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Moniteur » du 04.11.05 : Banlieue : 30 ans d’échec de politique de la ville

Depuis une semaine, les banlieues parisiennes font leur mai 68. Au fil des jours, le tragique événement déclencheur (la mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois) est passé de la rubrique des faits divers à une affaire d’Etat. Il semblerait que Dominique de Villepin et son gouvernement (singulièrement son numéro deux Nicolas Sarkozy) soient confrontés à la plus grave crise depuis leur arrivée aux affaires. Même le président Jacques Chirac est monté en première ligne pour lancer des appels à l’apaisement et au rétablissement de l’ordre public... sans succès.

Si la majorité actuelle se trouve rattrapée par un dossier -la sécurité- sur lequel elle avait axé toute la campagne présidentielle de 2002 en vilipendant l’impéritie de la gauche, la France peut voir dans ces événements le naufrage de son modèle républicain d’intégration.

Les sociologues verront également dans cette crise l’illustration de l’échec de plusieurs décennies de politiques de la ville.

Depuis près de 30 ans les gouvernements successifs en France tentent en vain de répondre aux problèmes des banlieues. Au banc des accusés : la politique d’urbanisme des années 70.

Les cicatrices laissées durant ces années ont profondément marqué la sociologie urbaine à tel point que les actions lancées dans les années 80 en faveur des quartiers les plus défavorisés n’ont eu qu’un effet limité. On peut citer à la fois des politiques urbaines pour améliorer l’habitat (dont le plan Borloo est le dernier en date) et des politiques humaines de lutte contre l’exclusion avec la mise en place du RMI ou des zones d’éducation prioritaires (ZEP) de l’Education nationale.

Les moyens mobilisés n’ont cessé d’augmenter. On compte aujourd’hui 751 "zones urbaines sensibles" bénéficiant de subventions publiques accrues, 85 "zones franches urbaines" permettant aux entreprises d’obtenir des exonérations fiscales et sociales, et plus de 700 ZEP dotées de moyens renforcés. En 2005, l’ensemble des aides publiques mobilisées pour les quartiers en difficulté a dépassé les 10 milliards d’euros rappelait récemment Eric Raoult, ancien ministre de la ville entre 1995 et 1997.

Une question mérite toutefois d’être posée. Si ces efforts de la nation sont, soit insuffisants, soit inadaptés, quelle serait la situation aujourd’hui si rien n’avait été entrepris ?

Jean-Philippe Defawe

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