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Séminaire professionnel OZP 2014 : Atelier 1. L’organisation du travail collectif

29 décembre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

7ème Séminaire professionnel OZP, 13 décembre 2014
La mise en œuvre des leviers de la refondation de l’éducation prioritaire

Atelier 13
L’organisation du travail collectif

Les échanges ont été guidés par les trois axes suivants :

1. Comment utiliser au mieux le temps de concertation et tendre vers l’interdisciplinarité inter-degrés afin de développer le travail d’équipe ?

2. Comment s’assurer que ces nouveaux dispositifs, comme le conseil école-collège, profitent à l’élève ?

3. Quels sont les freins et les leviers du pilotage local ?

Les animateurs d’un REP+ préfigurateur parlent tout d’abord de l’apport du dispositif REP+ par rapport aux ex-RAR ECLAIR, qui permet le passage d’une structure verticale à une structure beaucoup plus horizontale, responsabilisant les acteurs au travers de leur collaboration.

On devait compter sur la bonne volonté de chacun en ECLAIR, on est dans une logique d’obligation de rencontre et de réflexion collective en REP+. Un engagement fort de l’IEN, du chef d’établissement, de l’IA-IPR référent et du coordonnateur est absolument nécessaire pour piloter et animer cet objet complexe.
Le conseil école-collège devient un conseil pédagogique du réseau pour articuler les projets d’école et le projet du collège, alors que le comité de pilotage devient une instance plus politique en direction des partenaires, des parents, en lien étroit avec l’évolution de la politique de la Ville (nouveaux contrats de ville).

Dans le primaire, 4 demi-journées sont libérées à l’année pour réunir le réseau autour de 5 thématiques (numérique, évaluation, relation école/familles, école inclusive, mathématiques) : l’animation de chaque thématique est déléguer à un binôme inter-degrés.

Pour ce faire, le besoin d’un cadrage national et académique semble nécessaire : un subtil équilibre est à trouver entre le ni trop et le ni trop peu. Fixer un cap, donner des grandes orientations, se déplacer sur le terrain en cas de besoin et laisser l’autonomie nécessaire à la réalisation des objectifs apparaissent alors comme les étapes d’un bon dosage. Le besoin s’exprime d’un pilotage qui favorise les temps de rencontre et les ouvertures inter-degrés.

Les formations sur site au moyen des ressources internes ou locales sont à développer, d’autant qu’elles peuvent ainsi pallier le manque éventuel de disponibilité des corps d’inspection. Les coordonnateurs pourraient avoir un rôle de pilotage dans la construction d’un plan de formation pour le réseau ou suivre l’organisation des remplacements avec les ZIL pour permettre des échanges de services ou des temps de co-interventions.

Pour gagner en cohérence, il est essentiel de partir des besoins des équipes afin de promouvoir des problématiques communes. Ceci suppose que le comité de pilotage et le conseil école-collège préparent ces travaux en amont, puis portent ensuite les thématiques dégagées. Ce sont en effet des instances de décision. Le travail, quant à lui, s’effectue dans les commissions, avec les équipes. Ces logiques questionnent la pertinence de l’inspection individuelle à remplacer par des inspections du collectif.

Par ailleurs, un REP et a fortiori un REP + combinent différentes mécaniques complexes à articuler tels que les projets d’école et le projet d’établissement. De plus, faire se rencontrer les acteurs reste matériellement délicat, l’organisation et les contraintes du 1er et du 2nd degré étant bien différentes. Pourtant, lorsque les volontés des principaux et des IEN sont fortes, des harmonisations se mettent en œuvre et produisent de réels succès. Avant de questionner l’organisation des structures, il importe de convaincre d’abord de la nécessité du travail en équipe pour que l’esprit de la refondation donne du sens et porte ses fruits. Les coordonnateurs sont un appui incontestable pour favoriser ces échanges.

En revanche, la tâche peut s’avérer difficile pour les directeurs d’école, lorsque ceux-ci sont mis en position d’animateurs face à leurs collègues. Ils vivent parfois difficilement le fait de devoir solliciter autant les enseignants de leur équipe. Mieux identifier les directeurs comme pilotes et gardiens de la cohérence du travail en réseau et de l’horizontalité à soutenir semble bénéfique. Un REP+ préfigurateur a obtenu une formation pour ses directeurs une fois par mois à la DSDEN, ce qui a permis de changement de positionnement quant à leur désir de s’associer au pilotage du réseau.

Il est trop tôt pour effectuer un bilan objectif. Des indicateurs pertinents, notamment sur le niveau scolaire, seront d’ailleurs nécessaires pour pouvoir l’établir. Néanmoins, qualitativement, en se plaçant sur le plan affectif et sensible, les avancées sont très positives. En plus de la mise en commun des bonnes volontés :
-  les acteurs sont responsabilisés en élaborant eux-mêmes leur projet de réseau ;
-  le cadre législatif, en obligeant les rencontres, permet la concertation ;
-  le projet de réseau offre la possibilité de partager un diagnostic pour travailler des objets communs (ex : la relation avec les parents). Il organise ainsi le temps de travail hors de la classe.

Les acteurs de cet atelier insistent sur la nécessité d’articuler les problématiques scolaires à celles du territoire. Projets de réseau et contrats de ville doivent converger, tout en évitant d’éventuelles dérives. Des critères de réussite scolaires doivent être retenus pour les contrats de ville, mais en réaffirmant que c’est avant tout l’affaire de l’école. Ils rappellent que l’identification du rôle et le respect des compétences de chacun est la condition d’un partenariat constructif. Il s’agit d’éviter de brouiller le message et de trouver un langage, un vocabulaire commun. Il s’agit de rechercher la complémentarité de la réussite éducative et de la réussite scolaire.

Le réseau, au final une dynamique humaine fragile, devra pouvoir vivre sur le long terme, même après le départ d’un ou des acteurs. Il conviendra donc de créer de pérenniser des processus, de créer des effets modélisant. La mémoire du réseau est à alors construire afin de susciter l’appétit pédagogique des équipes. Conscients que la refondation de l’éducation prioritaire n’est pas gagnée d’avance, les acteurs de l’atelier insistent sur la nécessité d’avancées significatives d’ici deux ans.

Concrètement, le critère essentiel de la réussite de la refondation de l’éducation prioritaire sera la réduction significative de l’écart des résultats scolaires avec les établissements ordinaires. Soyons assurés que les politiques et les médias y veilleront.

Compte rendu rédigé par Djibril Gahète et Jacques Rusin

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2 Messages de forum

  • Bonne année 2015 à l’OZP et merci pour ce site dont je profite régulièrement, bien que ne travaillant pas en ZEP. Votre lettre bimensuelle nous donne des idées et les (rares) opinions émises me semblent justes.

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    • Bonjour à toutes et tous.

      La question du travail collectif me semble effectivement cruciale, peut-être davantage encore en éducation prioritaire où la globalité de la prise en charge de l’élève me paraît être LA condition de sa réussite.
      Si le Légisteur donne ce temps de concertation (REP+), c’est un management partagé ou du moins participatif qui peut le mettre en oeuvre.
      En effet, le travail collectif ne se décrète pas, il se crée. L’approche managériale dans la conduite de ce type de projet doit, selon moi, tendre vers une logique d’organisation apprenante. Il s’agit donc également pour le manager de créer les conditions de cette culture professionnelle (l’éducation prioritaire en est un terreau fertile) qui, elle, amènera chacun à auto-évaluer la pertinence d’un changement de pratique professionnelle.
      Les défis sont importants, les moyens et autres modalités de mises en oeuvre semblent disponibles.
      D’autres leviers comme ceux de la formation ou encore de l’innovation peuvent être actionnés à bon escient.
      Sans oublier .... l’OZP !

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