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Rapport de Observatoire des ZUS - Retards scolaires et redoublement

1er novembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site de la DIV, le 30.10.05 : Rapport 2005 de l’Observatoire national des Zones urbaines sensibles

Le « quotidien des ZEP », revue de presse du site de l’OZP, poursuit la publication d’extraits du rapport 2005 de l’Observatoire des ZUS.

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Les retards et le redoublement

À défaut d’indicateurs permettant de rendre compte du niveau scolaire des élèves, les taux de retard et de redoublants au collège fournissent des indications dont l’examen comparé apporte un éclairage intéressant.

Des situations contrastées

Les ZUS présentent, en regard de ces indicateurs, des situations très contrastées (tableau 7).

Voir le tableau page 241 : Taux de redoublants et taux de retard (en %)

On peut ainsi constater une grande disparité dans les taux de retard et de redoublants en 6e et 3e au sein des ZUS : on a par exemple un taux de retard de 1 an en 3e qui varie de 16 % à 74 %, avec un écart type de 10 points. L’écart type reflétant la dispersion moyenne, on a ainsi une dispersion moyenne de 10 points du taux de retard de 1 an en 3e pour les ZUS françaises (graphique 13).

La complexité des liens entre les taux de redoublants, les politiques de redoublement et le retard accumulé ne permet pas ici de pousser plus avant l’interprétation. Cette analyse peut par contre s’opérer à l’échelon régional ou académique, sous réserve de disposer des informations contextuelles suffisantes.

Voir le graphique page 241 : Nuage de points représentant le taux de retard de 1 an en 3e pour chaque ZUS

On note, sur les retards de 2 ans en 6e comme sur les retards d’un an en 3e des écarts très différents entre les ZUS et leur région selon les régions (Carte 5).

Voir les cartes page 242 : Cartes régionales des retards au collège.

Différences régionales entre les zones urbaines sensibles et le reste de leur commune

Il apparaît alors tout à fait légitime de se demander si une partie des disparités entre ZUS ne sont pas le reflet d’une disparité structurelle entre les différentes régions françaises (métropolitaines et d’outre-mer), voire de différences entre politiques menées à l’échelon académique et affectant indirectement les ZUS. Ce peut être le cas du redoublement (tableau 8).

Voir le tableau page 243 : Valeurs pour chaque région française des taux de redoublants dans les collèges situés en ZUS et hors ZUS, ainsi que l’écart entre les ZUS et le reste de la région

On peut ainsi constater - vues au travers du retard et du taux de redoublants - des disparités régionales, en plus des disparités entre ZUS, au niveau de l’écart entre la réussite scolaire en ZUS et hors ZUS de la commune (carte 6).

Voir la carte page 244 : Taux de redoublants au collège en ZUS

À partir de l’ensemble des données qui précèdent, on est tenté de brosser un rapide portrait de la situation au niveau régional :

- les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Martinique sont ainsi les régions qui ont, en moyenne, des taux de retard en 6ème et 3ème les plus élevés en ZUS alors que leurs taux de redoublants sont fort différents. À l’opposé, l’Aquitaine et Champagne-Ardenne ont les taux les plus faibles ;

- en ZUS, la Haute-Normandie, l’Aquitaine, Rhône-Alpes et la Corse ont un pourcentage de redoublants en 3ème élevé. Ces régions s’opposent sur ce point à la Bourgogne, au Nord-Pas-de-Calais et à la Réunion, qui ont moins de redoublants en 3ème ;

- enfin, en ce qui concerne le taux de redoublants en 6e en ZUS, les régions Corse et Provence-Alpes-Côte d’Azur ont un pourcentage faible et, à l’opposé, la Basse-Normandie, la Bourgogne et la Lorraine accusent des taux élevés.

Mais si la variable régionale a une incidence, elle n’explique pas à elle seule la diversité des situations observées d’une ZUS à l’autre.

Les écarts entre les ZUS et le reste de la région peuvent être insignifiants (c’est le cas de la région Champagne-Ardenne pour les redoublants en 6e) ; ils peuvent être plus élevés (comme en Alsace ou en Lorraine, toujours pour les redoublants en 6e).

Or selon que la proportion régionale de redoublants est élevée ou pas, des écarts identiques donneront des taux de redoublants différents.

Les écarts sont un peu trop faibles en ce qui concerne les redoublants en 3e pour décrire ces différences. Il est d’ailleurs à noter qu’en ZEP l’essentiel du retard se prend pendant l’école élémentaire et au début du collège. C’est probablement le cas pour les ZUS. La différence, au niveau de la 3e, se fait davantage sur l’orientation (Cf. Rapport 2003 de l’Observatoire national des ZUS). Cet écart est en revanche suffisamment marqué en 6e pour pointer quelques singularités.

On remarque tout d’abord que certaines valeurs peu élevées du taux de redoublants en ZUS semblent témoigner d’une situation qui prévaut sur l’ensemble de la région (c’est le cas de la Corse, notamment). On note a contrario que des régions, telle la Bourgogne ou la Martinique, dont la moyenne des taux de redoublants en 6e est déjà élevée, se retrouvent avec des situations en ZUS encore plus marquées du fait d’un écart relativement élevé (entre 3 et 4 points).

On note également que dans d’autres régions telle l’Alsace ou dans une moindre mesure la Lorraine, les taux de redoublants en 6e sont en moyenne relativement élevés pour les établissements situés en ZUS, alors que la situation qui prévaut dans les autres établissements de la région les placerait plutôt en bas de l’échelle.

On peut essayer à partir de ce point d’affiner l’analyse soit à partir de données contextuelles qui permettent de mieux comprendre et expliquer chacune des situations observées, soit en essayant d’approfondir l’analyse statistique à partir des éléments dont nous disposons. La première démarche gagne à être engagée à l’échelon régional ou académique, la seconde sera approfondie dans le rapport 2006 de l’Observatoire.

(à suivre)

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